ROVEL, Philippe (6 la Place, sauville, sauville, F-88140, FR)
REVENDICATIONS
1. Procédé de désamiantage d'un bâtiment ou analogue, ledit bâtiment comportant des parois (12) recouvertes d'un revêtement, le revêtement contenant de l'amiante et présentant au moins une première couche (15) d'épaisseur maximale 10 mm et une surface pouvant être fictivement divisée en au moins une zone (16), caractérisé en ce que le procédé comporte une étape de vitrification de la première couche (15) du revêtement par l'application d'une source de chaleur directement sur la zone (16), de manière à rendre inerte l'amiante contenue dans ladite zone(16).
2. Procédé de désamiantage selon la revendication 1 , dans lequel la surface comporte plusieurs zones (16) et l'étape de vitrification de la première couche (15) du revêtement est réalisé par vitrification successive de chaque zone (16) formant la surface de ladite première couche (15).
3. Procédé de désamiantage selon l'une des revendications précédentes, dans lequel le revêtement comporte une deuxième couche recouvrant la première couche (15), le procédé comportant l'étape préalable de retrait de la deuxième couche du revêtement.
4. Outil pour la mise en oeuvre du procédé selon les revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'il comprend :
- une cloche (20) hermétique adaptée à créer un espace hermétique avec la paroi (12) contenant la zone (16) de revêtement à vitrifier,
- des moyens de chauffage (24), disposés dans la cloche (20), et adaptés à chauffer la zone à au moins 1000 0 C, - des moyens d'aspiration disposés dans la cloche et adaptés à aspirer les fumées et les déchets brûlés.
5. Outil selon la revendication précédente, comportant en outre une unité de traitement des fumées et des fibres, disposé en aval des moyens d'aspiration, de manière à traiter les fumées et les déchets brûlés .
6. Outil selon l'une des revendications 4 et 5, dans lequel la cloche présente une ouverture (28) dont les dimensions délimitent la zone (16) de revêtement à vitrifier.
7. Système comportant un outil et étant adapté à déplacer l'outil sur une surface, caractérisé en ce qu'il comporte un outil selon l'une des revendications 4 à 6. |
A
Procédé de désamiantaqe. outil pour la mise en œuyre de ce procédé et système comportant un tel outil.
La présente invention se rapporte à un procédé de désamiantage de bâtiments, ou analogue, tels que des navires en fin de vie, et à un outil pour la mise en oeuvre de ce procédé.
L'amiante a longtemps été employée dans de nombreux matériaux et produits, en raison de ses propriétés d'isolation acoustique, thermique, de résistance à la chaleur et au feu, de son inertie chimique, de sa résistance mécanique et de son imputrescibilité. Toutefois, ses effets néfastes sur la santé humaine ont conduit à un contrôle puis à une réduction progressive de son utilisation, suivie d'une interdiction totale.
Actuellement, les opérations de désamiantage se déroulent en plusieurs étapes contraignantes, car elles doivent respecter des normes de sécurité à la fois pour l'ouvrier et pour l'environnement. L'ouvrier doit en effet être muni d'une combinaison et d'un système respiratoire afin de ne pas inhaler de poussières d'amiante friables, extrêmement toxiques. Son travail est réalisé dans une zone confinée, divisée en plusieurs compartiments dont deux douches. Cette zone confinée présente une pression d'air inférieure à celle de l'air extérieur de manière à ce qu'en cas de fuite, ce soit l'air extérieur qui entre dans la zone confinée, et non l'inverse. Un système de renouvellement de l'air doit également être prévu.
L'amiante, ainsi enlevé de son support peut subir un traitement permettant de le rendre inerte, c'est-à-dire le modifier pour le rendre non toxique pour l'homme. Ce traitement peut consister en une vitrification, telle que décrite dans les brevets FR 2 853 846 ou FR 2 690 093, les déchets amiantes étant incorporés dans un four particulier permettant d'atteindre des températures très élevées. Les déchets peuvent être auparavant conditionnés, par exemple par un ensachage préalable, tel que décrit dans le brevet FR 2 746 037.
Les conditions d'enlèvement de l'amiante nécessitent des conditions de sécurité draconiennes sans pour autant détoxifier le produit. Des solutions alternatives ont été trouvées afin de permettre en une seule étape l'enlèvement des déchets tout en les rendant inertes.
Ainsi, le brevet US 4 693 755 décrit un procédé permettant de retirer l'amiante de son support suite à l'application d'une composition à base de polymère cellulosique qui pénètre et sèche la poussière d'amiante de manière à la rendre inerte. Le brevet FR 2 875 720 décrit quant à lui un procédé de désamiantage utilisant le froid. Suite à l'injection d'azote liquide, à une température comprise entre -40 0 C et -196°C, l'amiante se fige dans son support et peut être enlevé en toute sécurité.
Cependant, la solution de vitrification des déchets amiantes reste la solution la plus adaptée. Elle permet en effet de rendre inerte les fibres d'amiante. Aucun risque de pollution future n'est plus à envisager. Le produit obtenu suite à la vitrification peut être valorisé. Toutefois les solutions actuelles permettant de vitrifier l'amiante, consistant à chauffer les déchets contenant l'amiante dans un four, et nécessitent de transporter les déchets amiantes depuis leur lieu d'enlèvement vers leur lieu de cuisson, bien que ces déchets présentent un risque important pour la santé.
Ce problème est d'autant plus important pour les constructions navales, dans la mesure où aucun chantier en France n'est capable de réaliser le démantèlement des navires et par conséquent leur désamiantage total, nécessitant alors un remorquage long et coûteux vers des pays étrangers, dans lesquels les conditions de sécurité sont inexistantes.
L'invention se propose de remédier à ces divers inconvénients grâce à un procédé de désamiantage, particulièrement adapté aux navires en fin de vie, permettant de vitrifier l'amiante directement sur son support, sans avoir préalablement enlevé les déchets amiantes.
A cet effet l'invention propose un procédé de désamiantage d'un bâtiment ou analogue, ledit bâtiment comportant des parois recouvertes d'un revêtement, le revêtement contenant de l'amiante et présentant au moins une première couche d'épaisseur maximale 10 mm et une surface pouvant être fictivement divisée en au moins une zone, caractérisé en ce que le procédé comporte une étape de vitrification de la première couche du revêtement par l'application d'une source de chaleur directement sur la zone, de manière à rendre inerte l'amiante contenue dans ladite zone.
Grâce à ces dispositions, il est possible de vitrifier le revêtement directement sur les parois.
Cela permet de limiter l'émission de fibres en suspension afin de protéger les opérateurs et l'environnement extérieur. De plus cela permet de recycler les parois pour d'autres utilisations ultérieures.
L'invention concerne également un outil de vitrification portable permettant de chauffer un revêtement contenant de l'amiante à de très fortes températures, de l'ordre de 1 200 0 C, et un système comportant cet outil.
Grâce à ces dispositions le procédé est mécanisé, ce qui permet de protéger les opérateurs, et d'améliorer le temps nécessaire à la déconstruction du bâtiment.
L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description détaillée ci- dessous, rédigée en se réferrant aux dessins annexés pour lesquels : la figure 1 est une vue en perspective de dessous de l'outil permettant de mettre en œuvre le procédé de désamiantage selon l'invention ;
La figure 2 est une vue en coupe longitudinale de l'outil représenté à la figure 1 ; la figure 3 est une vue partielle en perspective d'un navire équipé d'un robot selon la figure 3, adapté à mettre en œuvre le procédé selon l'invention ; la figure 4 est une vue de dessous de l'outil selon un autre mode de réalisation ; la figure 5 est une vue en coupe selon un plan vertical passant par la droite A-A de l'outil représenté à la figure 4.
La figure 3 représente une partie d'un navire 10 comportant des parois 12 recouvertes par un revêtement contenant de l'amiante. Les parois 12 peuvent être constituées par un sol, des murs latéraux, des plafonds ou encore des conduits de chauffage ou de ventilation. Le revêtement présente une surface qui recouvre tout ou partie de celle de la paroi 12 sur laquelle il est disposé.
Le revêtement contenant de l'amiante peut se présenter sous diverses formes. Cela peut être de l'amiante « floquée » obtenue par le mélange de fibres d'amiante à un liant et projeté en couche de 2 à 6 cm d'épaisseur sur les parois, cela peut être des calorifuges amiantes obtenus par mélange de plâtre et
d'amiante, présentant une épaisseur de quelques centimètres.. Cela peut être des carreaux de sol à base d'amiante, en matière plastique et fixés aux parois par un adhésif contenant de l'amiante. Enfin cela peut être des peintures amiantées. Lorsque le revêtement amiante comporte une première couche 15 d'épaisseur inférieure à 10 mm, de préférence inférieure à 3 mm, comme représenté sur la figure 2, le procédé de désamiantage consiste à vitrifier la première couche 15 du revêtement par l'application d'une source de chaleur directement sur une zone 16 de la surface du revêtement. La vitrification permet de modifier la structure cristalline de l'amiante, en la transformant dans un état figé, en une substance vitreuse inerte et ininhalable.
Le chauffage est réalisé à la température d'au moins 1000 0 C, de préférence à1 200 0 C et permet de vitrifier le revêtement amiante sur une profondeur de quelques millimètres, de préférence comprise entre 0 et 3 mm, correspondant à l'épaisseur de la première couche 15, .
Le fait de rendre inerte le revêtement permet le recyclage de la paroi 12 en toute sécurité pour l'opérateur.
Le chauffage est directement réalisé sur le revêtement recouvrant la paroi 12, évitant ainsi un enlèvement préalable des éléments contenant l'amiante en vue de leur traitement ultérieur. La zone 16 de vitrification dépend de la surface à vitrifier. Dans le cas où la zone 16 de vitrification est inférieure à la surface du revêtement, l'étape de vitrification de la première couche du revêtement est réalisée par vitrification successive de chaque zone 16 formant la surface de ladite première couche 15. Grâce à ces dispositions, il est possible de rendre inerte une grande surface de revêtement directement dans le bâtiment. La vitrification est réalisée progressivement, en vitrifiant zone par zone, jusqu'à l'obtention de la vitrification de la surface totale du revêtement.
Le revêtement amiante peut présenter une épaisseur supérieure à 10 mm. Il est alors formé de la première couche en contact avec la paroi et d'une deuxième couche recouvrant la première couche. La première et la deuxième couche sont formées dans un même matériau. Il est alors nécessaire de retirer préalablement la deuxième couche supérieure, de manière à ce que l'épaisseur
de revêtement restant sur la paroi, formant la première couche, soit inférieure à 10 mm, pour que l'opération de vitrification puisse être efficace.
Le retrait peut être réalisé de différentes manières en fonction du type de revêtement présent sur la paroi. Le retrait peut être mécanique, par exemple par grattage à l'aide d'une spatule. Cela s'applique particulièrement lorsque le revêtement est un flocage ou un calorifugeage amiante.
Lorsque la deuxième couche du revêtement est constituée par des carreaux de sol collés sur la paroi et la première couche est constituée par l'adhésif posé entre les carreaux et la paroi, les carreaux sont préalablement retirés. Après refroidissement de l'adhésif, constituant la première couche de revêtement, celui-ci est vitrifié selon le procédé décrit ci-dessus.
Lorsque le revêtement vitrifié est refroidi, il est alors possible de découper les parois en plusieurs morceaux et de démanteler un bâtiment, pour valoriser l'acier ou tout autre matériau. Le procédé tel que décrit précédemment est mis en œuvre au moyen d'un outil 18 représenté à la figure 1. L'outil comporte une cloche 20 hermétique adaptée à créer un espace 22 hermétique avec la paroi 12 contenant la zone 16 de revêtement à vitrifier. Il comporte en outre des moyens de chauffage 24, disposés dans la cloche 20, et adaptés à chauffer la zone 16 à au moins 1000 0 C. II comporte aussi des moyens d'aspiration disposés dans la cloche 20 et adaptés à créer une dépression dans la cloche pour aspirer les fumées et les déchets brûlés.
L'outil de vitrification permet de chauffer le revêtement amiante à une température à plus de 1200 0 C. Pour cela les moyens de chauffage 24 peuvent être un brûleur plat, qui est alimenté en oxygène et en gaz. Il est évident que tout autre moyen de chauffage adapté peut être intégré à l'outil.
Selon une première variante représentée sur les figures 1 et 2, le moyen de chauffage est monté mobile en translation dans la cloche. Le moyen de chauffage est adapté à balayer toute une zone à vitrifier. Selon une deuxième variante de réalisation représentée sur les figures 4 et 5, le moyen de chauffage 24 est monté fixe dans la cloche 20, et c'est l'outil 18 qui est déplacé en translation sur toute la surface de la paroi à vitrifier. A cet effet la cloche 20 comporte des roues 34, permettant de la faire glisser le long de toute la surface à traiter sans avoir à décoller la cloche 20 de la paroi.
La cloche hermétique 20 permet de créer un espace hermétique, et mis sous dépression, de manière à empêcher les fibres d'amiante et les fumées de se répandre à l'extérieur pendant l'étape de vitrification. La cloche 20 hermétique peut être en inox réfractaire, protégé par de minces couches de béton réfractaire, adaptées à isoler la zone de chauffage de l'extérieur. La cloche présente une ouverture 28, qui est bouchée par la paroi lors de la vitrification pour former l'espace hermétique. L'ouverture 28 présente des dimensions qui correspondent à la zone 16 traitée. Ainsi si la surface du revêtement est plus grande que l'ouverture 18 de la cloche 20, l'outil vitrifiera successivement des zones présentant les dimensions de l'ouverture de la cloche, jusqu'à l'obtention de la vitrification de la surface totale du revêtement.
Les moyens d'aspiration comportent une prise d'air 26 adaptée à aspirer les fumées et les déchets brûlés résultant du procédé de vitrification. De plus une unité mobile d'aspiration et de traitement des fumées est associée à l'opération de vitrification de manière à garantir la protection de l'environnement voisin de l'outil. L'unité est disposée en aval des moyens d'aspiration de manière à rejeter de l'air non pollué.
L'outil est de préférence installé sur un système, par exemple un robot, qui permet de le supporter et de guider son déplacement sur la paroi à traiter. L'outil est équipé d'une attache rapide 30 pour pouvoir être rapidement mis en place après l'étape de retrait de la deuxième couche de revêtement amiante. Ainsi les opérateurs sont mis à distance des zones à risque, ce qui réduit la pénibilité du travail grâce au système de radiocommande de l'outil.
Next Patent: SAMPLING DEVICE AND METHOD USABLE IN AN ANALYSIS AUTOMATED DEVICE
