DUBREUIL, Thierry (7bis rue du Point du Jour, Boissets, F-78910, FR)
YOUBI-IDRISSI, Mohammed (7 square Yves du Manoir, Massy, Massy, F-91300, FR)
PATHIER, Didier (27 rue Cézanne, Voisins Le Bretonneux, Voisins Le Bretonneux, F-78960, FR)
DUBREUIL, Thierry (7bis rue du Point du Jour, Boissets, F-78910, FR)
YOUBI-IDRISSI, Mohammed (7 square Yves du Manoir, Massy, Massy, F-91300, FR)
| Revendications 1. Procéd é mettant en œuvre d u CO2 l iqu ide comme flu ide cryogénique pour transférer des frigories à des produits, procédé du type dit à injection indirecte où le CO2 liquide est envoyé dans un système d'échangeur thermique où il s'évapore, le transfert de froid aux produits passant par un échange entre l'atmosphère environnant les produits et les parois froides de l'échangeur thermique, se caractérisant en ce que le système d'échangeur est constitué de deux échangeurs montés en série, le premier échangeur étant maintenu à une pression supérieure à la pression du point triple du CO2 tandis que le second échangeur est lui maintenu à la pression atmosphérique ou à une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique. 2. Procédé selon la revend ication 1 , caractérisé de la façon suivante : - on alimente par du CO2 liquide le premier échangeur, le liquide rencontrant, avant son arrivée dans le premier échangeur, un moyen apte à ajuster le débit de CO2 et à en contrôler le niveau de surchauffe par rapport à la température correspondant à la pression de vapeur saturante ; - on maintient dans le premier échangeur une pression supérieure à la pression du point triple du CO2 ; - on réalise la vaporisation du CO2 liquide dans le prem ier échangeur, et l'on dirige le gaz ainsi formé dans le second échangeur, qui est lui maintenu à la pression atmosphérique ou à une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique. 3. Procédé selon la revendication 2, caractérisé en ce que ledit moyen apte à ajuster le débit est un détendeur thermostatique ou un ensemble sonde de température/régulateur/vanne. 4. Procédé selon les revendications 2 ou 3, caractérisé en ce que l'on maintient dans le premier échangeur une pression supérieure à la pression du point triple du CO2 grâce à la présence d'un déverseur ou d'un ensemble capteur de pression/régulateur/vanne, placé en sortie de ce premier échangeur. 5. Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que le déverseur en sortie du premier échangeur est précédé par un séparateur de phase. 6. Installation de transfert de frigories à des produits utilisant du CO2 liquide, l'installation mettant en œuvre un procédé du type dit à injection indirecte et comprenant : - un système d'échangeur thermique apte y faire transiter le CO2 liquide ; et - des moyens de ventilation associés au système d'échangeur thermique, apte à mettre en contact l'atmosphère environnant les produits avec les parois froides du système d'échangeur thermique, l'installation se caractérisant par la mise en œuvre des mesures suivantes : - le système d'échangeur est constitué de deux échangeurs montés en série ; - l'installation comprend, en amont de l'entrée du premier échangeur, un moyen apte à ajuster le débit de CO2 et à en contrôler le n iveau de surchauffe par rapport à la température correspondant à la pression de vapeur saturante ; - l'installation comprend un moyen pour maintenir dans le premier échangeur une pression supérieure à la pression du point triple du CO2 ; - le second échangeur est à la pression atmosphérique ou une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique. 7. Installation selon la revendication 6, caractérisée en ce que ledit moyen apte à ajuster le débit est un détendeur thermostatique ou un ensemble sonde de température/régulateur/vanne. 8. Installation selon la revendication 6 ou 7, caractérisée en ce que ledit moyen pour maintenir dans le premier échangeur une pression supérieure à la pression du point triple du CO2 est un déverseur ou un ensemble capteur de pression/régulateur/vanne, placé en sortie de ce premier échangeur. 9. Installation selon l'une des revendications 6 à 8, caractérisée en ce qu'elle comprend un séparateur de phase, intercalé en amont du moyen pour maintenir dans le premier échangeur une pression supérieure à la pression du point triple du CO2. |
La présente invention concerne le domaine des procédés de refroidissement mettant en œuvre du CO 2 .
L'utilisation du CO 2 dans de tels procédés de refroidissement est, on le sait, très avantageuse puisque ce fluide présente une phase solide à -80°C à la pression atmosphérique, ce qui permet de mettre en œuvre pour certaines applications de la glace sèche, glace très efficace notamment pour apporter du froid de manière localisée sans aucune installation frigorifique. De nombreuses applications du CO 2 solide existent comme par exemple les sacs de glace carbonique chargés dans les conteneurs de transport de produits alimentaires ou pharmaceutiques, ou encore les utilisations pour le maintien en froid des repas dans le domaine des transports aériens.
Cependant, lorsque ce gaz est utilisé dans des échangeurs de chaleur
(injection « indirecte »), typiquement à tubes ou à plaques, cet avantage se transforme en inconvénient car l'apparition intempestive de la forme solide du CO 2 (neige carbonique) dans un échangeur entraine assez rapidement le bouchage de celui-ci.
Pour éviter cet inconvénient de passage en phase solide, on cherche donc à éviter que la phase solide du CO 2 n'apparaisse, et on favorise donc les conditions permettant que le CO 2 reste sous forme liquide ou gazeuse dans l'ensemble de l'échangeur.
Pour que l'échange thermique soit réalisé en restant en phase liquide et gazeuse (vaporisation du CO 2 liquide sans prendre le risque de former du CO 2 solide), la pression dans le tube doit être maintenue à une valeur supérieure à la pression théorique de 5,18 bar correspondant à la pression du point triple de ce fluide. Dans la pratique, on bride en quelque sorte le système à une pression de 6 à 7 bar en se ménageant ainsi une marge de sécurité de 0,82 à 1 ,82 bar. Alors que la température de sublimation du CO 2 solide à la pression atmosphérique est de -80°C, le fait de maintenir la pression dans l'échangeur à 6 bar relatifs augmente la température de vaporisation à environ -50°C. D'autre part, le fait de réaliser l'échange thermique à 6 bar et non à la pression atmosphérique diminue légèrement la capacité frigorifique du CO 2 . En effet, lorsqu'un kilogramme de CO 2 soutiré d'un stockage, par exemple dans des conditions standard de type 20 bar absolus / -20°C, entre dans un échangeur, il y libère 277,97 kJ/kg s'il est rejeté à -50°C sous forme gazeuse à 6 bar relatifs, alors que pour la même quantité de CO 2 , il libère 292,6 kJ/kg lorsqu'il est rejeté à -50°C à la pression atmosphérique, soit un gain de 5%.
A titre d'exemple, on trouve de telles applications d'utilisation du CO 2 rejeté à 6 bar après passage dans un échangeur dans le transport réfrigéré en camion mais également dans des tunnels ou chambre de surgélation; où un échangeur de chaleur est alimenté en CO 2 liquide qui en s'évaporant dans cet échangeur, extrait la chaleur du mil ieu à refroidir et produ it ainsi le froid désiré ; le transfert du froid aux produits passe par un échange avec l'air interne du tunnel, de la chambre ou du camion par l'intervention de moyens de ventilation associés à chaque échangeur
On comprend dès lors qu'il serait intéressant de pouvoir proposer une solution technique permettant de réaliser l'échange thermique dans un échangeur type à tubes ou à plaques (échange ind irect), pour des températures d'échangeur néanmoins basses (typiquement -50°C), sans risquer bien entendu la formation de neige et en ne perdant pas la capacité calorifique du CO 2 après sa détente de 6 bar à la pression atmosphérique.
Comme on le verra plus en détail dans ce qui suit, la présente invention propose une nouvelle solution d'échange dont les principales caractéristiques peuvent être résumées ainsi :
- la solution proposée ici réside dans la configuration d'échangeur adoptée, où l'échangeur, qui peut être par exemple de type à tubes ou à plaques, est constitué de deux échangeurs montés en série ; - le premier échangeur est apte à être alimenté par du CO 2 liquide (par exemple dans des conditions standards de type -20°C/20 bar), le liquide rencontrant, avant son arrivée dans le premier échangeur un détendeur thermostatique ou un ensemble sonde de température/régulateur/vanne, ou tout autre moyen permettant d'ajuster le débit de CO 2 parvenant au 1 er échangeur aux besoins thermiques en jeu, i.e. de contrôler une surchauffe, en d'autres termes une différence de température entre la température correspondant à la pression de vapeur saturante (par exemple 6 bar, -53,1 °C) et par exemple -50°C, ce qui correspond à 3,1 ° de surchauffe ;
- on maintient dans ce premier échangeur une pression supérieure à
5,18 bar relatifs, i.e. la température du changement de phase du CO 2 (et on empêche ainsi la formation de neige), on pourra par exemple maintenir 6 bar absolus grâce à un déverseur ou un ensemble capteur de pression/régulateur/vanne, placé en sortie de ce premier échangeur ;
- cet arrangement permet d'assurer que le CO 2 est présent dans le premier échangeur sous une forme strictement diphasique liquide/gaz, sans qu'à aucun moment les conditions mises en œuvre ne permettent la formation de solide ;
- la température minimum obtenue sur ce premier échangeur est alors voisine de -50°C ;
- selon un des modes de réalisation, le déverseur en sortie du premier échangeur est précédé par un séparateur de phase pour éviter toute sortie de liquide du premier échangeur.
Ce déverseur ainsi que la sortie du premier échangeur pourront être installés en partie haute dans l'installation globale, pour éviter les sorties de liquide, mais des configurations où les deux échangeurs sont sur le même plan sont parfaitement envisageables.
La présence optionnelle du séparateur évoqué ci-dessus participe au renforcement de la fiabilité du système. Il évite l'amenée de liquide dans le déverseur et donc la formation de neige et le bouchage de ce point. - En résumé, le CO 2 liquide se vaporise dans ce premier échangeur et le gaz formé dans l'échangeur, par exemple à 6 bar, est libéré dans le second échangeur ;
- ce second échangeur est à la pression atmosphérique (et en tout état de cause à une pression inférieure au point triple du fluide), le gaz passe alors en entrant dans ce second échangeur de 6 bar (ou de la pression plus généra l ement ma i nten u e da ns le prem ier écha ng eu r) à l a press ion atmosphérique (ou en tout état de cause à une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique), ceci en produisant du froid, à savoir une température typiquement comprise entre -60°C et -70°C ;
- et c'est tout le mérite de la présente invention puisque dans le second échangeur est alors utilisé ce froid, produit par la détente à la pression atmosphérique, et toute l'énergie contenue dans le CO 2 est alors utilisée. La présente invention concerne alors un procédé mettant en œuvre du
CO 2 liquide comme fluide cryogénique pour transférer des frigories à des produits, procédé du type dit à injection indirecte où le CO 2 liquide est envoyé dans un système d'échangeur thermique où il s'évapore, le transfert de froid aux produits passant par un échange entre l'atmosphère environnant les produits et les parois froides de l'échangeur thermique, se caractérisant en ce que le système d'échangeur est constitué de deux échangeurs montés en série, le premier échangeur étant maintenu à une pression supérieure à la pression du point triple du CO 2 tand is que le second échangeur est lui maintenu à la pression atmosphérique ou à une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique.
La présente invention concerne également une installation de transfert de frigories à des produits utilisant du CO 2 liquide, l'installation mettant en œuvre un procédé du type dit à injection indirecte et comprenant :
- un système d'échangeur thermique apte y faire transiter le CO 2 liquide ; et - des moyens de ventilation associés au système d'échangeur thermique, apte à mettre en contact l'atmosphère environnant les produits avec les parois froides du système d'échangeur thermique,
l'installation se caractérisant par la mise en œuvre des mesures suivantes :
- le système d'échangeur est constitué de deux échangeurs montés en série ;
- l'installation comprend, en amont de l'entrée du premier échangeur, un moyen apte à ajuster le débit de CO 2 et à en contrôler le n iveau de surchauffe par rapport à la température correspondant à la pression de vapeur saturante, tel qu'un détendeur thermostatique ou un ensemble sonde de température/régulateur/vanne;
- l'installation comprend un moyen pour maintenir dans le premier échangeur une pression supérieure à la pression du point triple du CO 2 , préféren ti el l em en t u n d éverseur ou un ensemble capteur de pression/régulateur/vanne;
- le second échangeur est à la pression atmosphérique ou à une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique. L'installation comprend donc le cas échéant un moyen pour maintenir dans le second échangeur la pression atmosphérique ou une pression comprise entre le point triple du fluide et la pression atmosphérique.
D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront alors plus clairement dans la description suivante, donnée à titre illustratif mais nullement limitatif, faite en relation avec les figures 1 et 2 annexées qui sont des représentations schématiques partielles d'installations conformes à l'invention, la figure 3 démontrant le profil de température attendu dans l'ensemble d'échangeur, coté CO 2 et fluide caloporteur (air).
On reconnaît sur la figure 1 la présence des éléments suivants, et donc le parcours suivi par le CO 2 , sous ses différentes phases, dans cette installation : - le premier échangeur est apte à être alimenté par du CO 2 liquide (par exemple dans des conditions standards de type -20°C/20 bar), le liquide rencontrant, avant son arrivée dans le prem ier échangeur un détendeur thermostatique (en aval du point 1 ) ou tout autre moyen permettant d'ajuster le débit de CO 2 parvenant au 1 er échangeur aux besoins thermiques en jeu, i.e. de contrôler une surchauffe, en d'autres termes une différence de température entre la température correspondant à la pression de vapeur saturante (par exemple 6 bar, -53,1 °C) et par exemple -50°C, ce qui correspond à 3,1 °C de surchauffe.
En aval du point 2 le fluide entre dans le 1 er échangeur.
- on maintient dans ce premier échangeur une pression supérieure à 5,18 bar relatifs, température du changement de phase du CO 2 (permettant ainsi d'empêcher la formation de neige), grâce au déverseur placé en sortie de ce premier échangeur sur la figure (déverseur placé entre les points 3 et 4);
- cet arrangement permet d'assurer que le CO 2 est présent dans le premier échangeur sous une forme strictement diphasique liquide/gaz, sans qu'à aucun moment les conditions mises en œuvre ne permettent la formation de solide ;
- la température minimum obtenue sur ce premier échangeur est alors de -50°C ;
- sur le mode de réalisation illustré ici, le déverseur en sortie du premier échangeur est précédé par un séparateur de phase (entre les points 3' et 3) pour éviter toute sortie de liquide du premier échangeur. Pour ce mode de réalisation, le déverseur ainsi que la sortie du premier échangeur sont installés en partie haute dans l'installation globale, pour éviter les sorties de liquide.
- en sortie du point 4 et donc du déverseur, le gaz entre dans le second échangeur, dont il ressort au point 5.
Le tableau ci-dessous fournit les propriétés thermodynamiques du fluide aux différents points de la figure 1 et permet sans ambiguïté de démontrer les avantages de l'invention en termes de rendement frigorifique. Le tableau illustre notamment plusieurs conditions de températures en sorties des échangeurs.
Et pour bien démontrer l'intérêt de la présente invention, comparons justement l'efficacité énergétique d'un système ne mettant pas en œuvre l'invention et d'un système mettant en oeuvre la présente invention, dans le cas où la température finale dans l'échangeur est de -25°C et dans le cas où la température finale dans l'échangeur est de -5°C.
Considérons le 1 er cas (la température finale dans l'échangeur est de - 25°C) :
- Cas d'un système mettant en œuvre un seul échangeur : 1 kg de CO 2 libère 457 - 154,5 = 302,5 kJ
- Cas d'un système mettant en œuvre deux échangeurs conformément à l'invention : 1 kg de CO 2 libère 464,5 - 154,5 = 31 0 kJ ; soit un gain énergétique de 2,5%.
Second cas d'illustration, où la température finale de l'échangeur est de
-5°C :
- Cas d'un système mettant en œuvre un seul échangeur : 1 kg de CO 2 libère 474,6 - 154,5 = 320,1 kJ
- Cas d'un système mettant en œuvre deux échangeurs conformément à l'invention : 1 kg de CO 2 libère 480,8 - 154,5 = 326,3 kJ soit un gain de 1 ,9%.
Point T ( °C) P (bar abs ) H (kJ/kg) Sur la
figure
1 -20,0 19, 7 154, 5
2 -53, 1 6 154, 5
3 ' -53, 1 6 431, 6
3 -50,0 6 434, 5
3 standard -25, 0 6, 0 457, 0
3 standard -5, 0 6, 0 474, 6
4 -63, 1 1 434, 5
5 -25, 0 1 464, 5
Et le profil de température attendu dans l'échangeur coté CO 2 et fluide caloporteur (air par exemple pour une appl ication transport de produits surgelés) visualisé en figure 3 montre que la présente invention a également un impact positif sur le profil de température dans les échangeurs : le fait que le deuxième étage d'échangeur soit à la pression atmosphérique permet de bénéficier d'un effet cryogénique comme le démontrent les courbes de cette figure 3.
Si la figure 1 présentait un premier exemple de mode de mise en œuvre de l'invention, la figure 2 en présente quant à elle un autre, que nous ne décrierons pas en détail ici, puisqu'on l'aura compris à sa lecture, il illustre la variante mettant en œuvre :
- en amont du premier échangeur non pas un détendeur thermostatique mais un ensemble d'un orifice calibré et d'une vanne contrôlée en température ;
- en sortie de premier échangeur l'installation comprend non pas un déverseur mais comprend un ensemble capteur de pression/régulateur/vanne.
Next Patent: METHOD AND APPARATUS FOR PRODUCING LIQUID CARBON DIOXIDE
