KIEFFEL, Yannick (Chemin du Rebat, Frontonas, F-38290, FR)
BESSEDE, Jean-Luc (16 chemin de la Mollarde, Le Sibuet, Chateauvillain, F-38300, FR)
KIEFFEL, Yannick (Chemin du Rebat, Frontonas, F-38290, FR)
REVENDICATIONS
1. Isolateur électrique (1) comprenant un tube creux ou plein (3) entouré d'une gaine isolante (5) caractérisé en ce que la gaine isolante est constituée d'une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie obtenue par durcissement d'un mélange comprenant : de 25 à 75% en poids de charge minérale, une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe et un durcisseur.
2. Isolateur électrique selon la revendication
1, dans lequel la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie a les propriétés suivantes :
- température de transition vitreuse : 0 à 5O 0 C ; de préférence 10 à 3O 0 C ; de préférence encore de 18 à 3O 0 C ;
- contrainte à la rupture : 14 à 40 MPa ; - module d'élasticité : 200 à 4000 MPa ;
- élongation à la rupture : 10 à 30%.
3. Isolateur électrique selon la revendication
2, dans lequel la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie présente en outre :
- une dureté SHORE A supérieure ou égale à 98 , et/ou - une résistance au cheminement et à l'érosion de classe supérieure ou égale à 1A3,5 ou 1B3,5 selon la norme de la CEI 60587.
4. Isolateur électrique selon la revendication
1, dans lequel le mélange comprend de 30 à 70% en poids de charge minérale, de préférence de 40 à 60% en poids de charge minérale, de préférence encore de 45 à 55% en poids de charge minérale, par exemple 50% en poids de charge minérale.
5. Isolateur électrique selon la revendication 1, dans lequel la charge minérale comprend de 25 à 75% en poids de trihydrate d'alumine, le reste étant constitué d'au moins un autre matériau de charge .
6. Isolateur électrique selon la revendication 5, dans lequel l'autre matériau de charge est choisi dans le groupe comprenant l'alumine, la silice, l'oxyde de calcium, l'oxyde de magnésium, le fluorure de silicium, la wollastonite, le carbonate de calcium, l'oxyde de titane, des nanoparticules d'argile ou un mélange de deux ou plus de ceux-ci.
7. Isolateur électrique selon la revendication 1, dans lequel la charge minérale comprend de 25 à 75% en poids de trihydrate d'alumine, de préférence de 40 à 60% en poids de trihydrate d'alumine, le reste étant constitué d'alumine ou de silice ou d'un mélange d'alumine et de silice.
8. Isolateur électrique selon la revendication 1, dans lequel la charge minérale est un mélange de charge de taille micronique et de taille submicronique .
9. Isolateur selon la revendication 1, dans lequel le mélange comprend en outre de 5 à 10% en poids de sphères élastomères.
10. Isolateur selon la revendication 1, dans lequel le mélange comprend en outre un ou plusieurs additifs, choisi (s) parmi un polysiloxane à terminaisons -OH, un copolymère polysiloxane/polyéther et un polysiloxane cyclique ou un mélange de deux ou trois de ces polysiloxanes .
11. Isolateur selon la revendication 1, dans lequel le tube plein ou creux et constitué à partir d'un arrangement de fibres en forme de tube.
12. Isolateur selon la revendication 11, dans lequel l'arrangement de fibres est constitué d'un arrangement de fibres choisi parmi un mat de fibres ou un tissu de fibres unidimensionnelles, bidimensionnelles ou tridimensionnelles.
13. Isolateur selon la revendication 11, dans lequel l'arrangement de fibres est imprégné de résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe comprenant de 25 à 75 % en poids de charge minérale et un durcisseur.
14. Isolateur selon la revendication 13, dans lequel les fibres sont choisies parmi des fibres minérales telles que les fibres de verre, des fibres de quartz, des fibres de carbure de silicium, ou parmi des fibres organiques telles que les fibres d'aramide, des fibres de polyester, et des fibres de polybenzobisoxazole .
15. Isolateur selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, dans lequel le tube plein ou creux et constitué à partir d'une résine chargée d'un renfort particulaire organique ou inorganique.
16. Isolateur selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, dans lequel le tube plein ou creux et constitué à partir d'une résine chargée d'alumine, de silice ou d'un mélange d'alumine et de silice .
17. Isolateur selon la revendication 1, dans lequel le tube est choisi parmi un tube droit, un tube conique, un tube tronconique, un tube en forme de tonneau, et un tube présentant une combinaison de ces formes .
18. Procédé de fabrication d'un isolateur électrique comprenant un tube creux ou plein entouré d'une gaine isolante, ladite gaine pouvant être munie d'ailettes, caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes :
- mettre en place le tube de l'isolateur ou, lorsque le tube est creux, un précurseur de celui-ci éventuellement constitué d'un arrangement de fibres formant un tube, dans un moule à isolateur électrique, éventuellement à ailettes,
- introduire dans le moule un mélange comprenant : de 25 à 75 % en poids de charge minérale, une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe et un durcisseur de manière à former la gaine, et, éventuellement ses ailettes, autour dudit tube ou de son précurseur, - durcir le mélange introduit dans le moule de manière à obtenir une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie pour obtenir ainsi l'isolateur, et - extraire du moule l'isolateur obtenu.
19. Procédé selon la revendication 18, dans lequel la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie a les propriétés suivantes :
- température de transition vitreuse : 0 à 5O 0 C ; de préférence 10 à 3O 0 C ; de préférence encore de 18 à 3O 0 C ;
- contrainte à la rupture : 14 à 40 MPa ; - module d'élasticité : 200 à 4000 MPa ; - élongation à la rupture : 10 à 30%.
20. Procédé selon la revendication 19, dans lequel la résine cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie présente en outre :
- une dureté SHORE A supérieure ou égale à 98 , et/ou
- une résistance au cheminement et à l'érosion de classe supérieure ou égale à 1A3,5 ou 1B3,5 selon la norme de la CEI 60587.
21. Procédé selon la revendication 18, dans lequel le mélange comprend de 30 à 70% en poids de charge minérale, de préférence de 40 à 60% en poids de charge minérale, de préférence encore de 45 à 55% en poids de charge minérale par exemple 50% en poids de charge minérale.
22. Procédé selon la revendication 18, dans lequel la charge minérale comprend de 25 à 75% en poids de trihydrate d'alumine, le reste étant constitué d'au moins un autre matériau de charge.
23. Procédé selon la revendication 18, dans lequel l'autre matériau de charge est choisi dans le groupe comprenant l'alumine, la silice, l'oxyde de calcium, l'oxyde de magnésium, le fluorure de silicium, la wollastonite, le carbonate de calcium, l'oxyde de titane, des nanoparticules d'argile ou un mélange de deux ou plus de ceux-ci.
24. Procédé selon la revendication 18, dans lequel la charge minérale comprend de 25 à 75% en poids de trihydrate d'alumine, de préférence de 40 à 60% en poids de trihydrate d'alumine, le reste étant constitué d'alumine ou de silice ou d'un mélange d'alumine et de silice .
25. Procédé selon la revendication 18, dans lequel la charge minérale est un mélange de charge de taille micronique et de taille submicronique .
26. Procédé selon la revendication 18, dans lequel le mélange comprend en outre de 5 à 10% en poids de sphères élastomères.
27. Procédé selon la revendication 18, dans lequel le mélange comprend en outre un polysiloxane à terminaisons -OH et/ou un copolymère polysiloxane/polyéther et/ou un polysiloxane cyclique.
28. Procédé selon la revendication 18, dans lequel un précurseur du tube étant mis en place dans le moule, ce précurseur est constitué d'un arrangement de fibres formant un tube creux, l'arrangement de fibres étant choisi parmi un mat de fibres ou un tissu de fibres unidimensionnelles, bidimensionnelles ou tridimensionnelles.
29. Procédé selon la revendication 28, dans lequel les fibres sont choisies dans le groupe comprenant des fibres minérales telles que les fibres de verre, des fibres de quartz, des fibres de carbure de silicium, ou parmi des fibres organiques telles que les fibres d'aramide, des fibres de polyester, et des fibres de polybenzobisoxazole .
30. Procédé selon la revendication 18, dans lequel un précurseur du tube étant mis en place dans le moule, ce précurseur est constitué d'un arrangement de fibres formant un tube creux, l'arrangement de fibres étant imprégné de la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe chargée non durcie lors de l'étape d'introduction de ladite résine dans le moule pour former après durcissement de la résine le tube et la gaine .
31. Procédé selon l'une quelconque des revendications 18 à 30, dans lequel le tube est choisi parmi un tube droit, un tube conique, un tube tronconique, un tube en forme de tonneau, et un tube présentant une combinaison de ces formes.
32. Procédé selon la revendication 18, comprenant en outre une étape de collage d'un ou de deux collier (s) respectivement à l'une ou aux deux extrémités de l'isolateur électrique.
33. Utilisation d'une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie obtenue par durcissement d'un mélange comprenant : de 25 à 75 % en poids de charge minérale, une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe et un durcisseur pour la fabrication d'un isolateur électrique.
34. Utilisation selon la revendication 33, dans laquelle la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie a les propriétés suivantes : - température de transition vitreuse : 0 à
5O 0 C ; de préférence 10 à 3O 0 C ; de préférence encore de 18 à 3O 0 C ;
- contrainte à la rupture : 14 à 40 MPa ;
- module d'élasticité : 200 à 4000 MPa ; - élongation à la rupture : 10 à 30%.
35. Utilisation selon la revendication 34, dans laquelle la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie présente en outre : - une dureté SHORE A supérieure ou égale à 98, et/ou
- une résistance au cheminement et à l'érosion de classe supérieure ou égale à 1A3,5 ou 1B3,5 selon la norme de la CEI 60587.
36. Utilisation selon la revendication 34, dans laquelle le mélange comprend de 30 à 70% en poids de charge minérale, de préférence de 40 à 60% en poids de charge minérale, de préférence encore de 45 à 55% en poids de charge minérale, par exemple 50% en poids de charge minérale. |
ISOLATEUR ELECTRIQUE ET PROCEDE DE FABRICATION
DESCRIPTION
Domaine technique
La présente invention se rapporte à un isolateur électrique comprenant un tube entouré d'une gaine isolante. La gaine peut être lisse ou comporter des ailettes. La présente invention se rapporte également à un procédé de fabrication de cet isolateur.
L'isolateur de la présente invention est utilisable en particulier dans les applications extérieures hautes et moyennes tensions, c'est-à-dire supérieures à 1000 V. Dans la suite de la description, les références entre crochets ( [ ] ) renvoient à la liste de références présentée à la fin des exemples.
Art antérieur
Les isolateurs à base de polymères, en particulier pour les applications extérieures, sont réalisés avec des matériaux coûteux et des procédés complexes. Les procédés habituels utilisent un tube central réalisé en résine, par exemple époxyde, renforcé par des fibres, par exemple de verre. Le tube confère la résistance mécanique à l'isolateur. La surface externe du tube est recouverte avec une couche de matériau isolant, appelée la gaine, pour fournir à la surface ses propriétés électriques requises par exemple pour des isolateurs à haute tension, et pour protéger le tube des intempéries, de l'humidité et des
arcs électriques à la surface de l'isolateur. La surface de l'isolateur est habituellement formée de manière à présenter une série d' ailettes qui permettent d'offrir une distance de fuite étendue. II existe également des applications où l'isolateur a une gaine lisse, notamment dans le cas d'isolateur destiné à une utilisation intérieure. Dans l'ensemble de la présente description, le terme « gaine » désigne aussi bien une gaine lisse qu'une gaine comprenant des ailettes. De même, le terme « ailettes » désigne une gaine composée d'ailettes.
Principalement quatre techniques sont utilisées pour former la gaine d'un isolateur et ses ailettes : (1) moulage direct sur le tube, (2) fabrication des ailettes et ensuite fixation de celles- ci sur le tube, (3) formation d'une bande et qui est ensuite entourée autour du tube, (4) extrusion des ailettes directement sur le tube au moyen d'un moule en forme de vis . La technique (1) requiert la formation d'un moule spécial pour les ailettes, les techniques (2) à
(4) requièrent un post-traitement de réticulation des ailettes. Pour les applications extérieures, toutes les techniques (1) à (4) utilisent généralement des matériaux à base de silicone du fait de leur hydrophobicité .
Dans l'ensemble de la présente description, on entend par « silicone » ou par « caoutchouc silicone » un matériau élastomère composite composé de résine polymérique silicone, mono-composant ou bi-composant , éventuellement renforcée par une charge minérale.
Par exemple, le document EP-A-1091365 [1] décrit un isolateur constitué d'un tube en résine époxyde renforcé par des fibres et entouré d'une protection isolante constituée de caoutchouc silicone. Cette protection peut être sous la forme d'ailettes. L'isolateur peut être obtenu par moulage du caoutchouc silicone vulcanisé sur le tube en résine époxyde renforcé par des fibres. On utilise le silicone pour ses propriétés d' hydrophobicité et de transfert d' hydrophobicité .
Ces isolateurs comportent cependant une interface de deux matériaux différents entre le tube et les ailettes, ce qui peut entraîner des vides et des phénomènes de délaminations du fait des coefficients de dilatations thermiques différents, et conduit, lors de l'utilisation de ces isolateurs à des décharges partielles et par la suite à des claquages.
Seule l'utilisation d'un primaire d'adhésion permet de renforcer l'adhésion à l'interface du matériau du tube creux et du matériau constituant les ailettes. Les coûts de matériaux et de fabrication sont élevés. Le caoutchouc silicone utilisé est un matériau onéreux. Ces procédés sont complexes et comprennent un nombre important d'étapes de fabrication pour obtenir un isolateur.
Le document WO 02/061767 [2] décrit une coque
(« housing ») pour un appareil électrique. Cette coque comprend un tube appelé gaine (« sheath ») , au moins une ailette, et un revêtement hydrophobe disposé sur l'ailette. Le tube est constitué de silicone à haute température de vulcanisation (type « HTV » pour « High
Température Vulcanising ») , l'ailette de silicone est constituée d'un silicone à température ambiante de vulcanisation (type « RTV » pour « Room Température Vulcanising ») et le revêtement hydrophobe de caoutchouc silicone liquide (« LS rubber ») et de silicone RTV. Le silicone liquide est travaillé par moulage, et le silicone solide par extrusion.
Pour cet isolateur également, les matériaux utilisés sont coûteux et le procédé de fabrication est compliqué.
Ainsi, les fabricants d'isolateurs de l'art antérieur préconisent l'utilisation de matériaux différents pour le tube et la gaine, du fait de leur fonction et de leur sollicitation différentes lors de l'utilisation de l'isolateur. En outre, aujourd'hui, le silicone est le matériau utilisé de façon préférentielle et habituelle pour réaliser ce type d' isolateur .
De nombreux inconvénients liés à l'utilisation du silicone peuvent être cités. L'inconvénient majeur est la modification des propriétés mécaniques du silicone lorsqu'il est soumis aux agents atmosphériques et au rayonnement UV (vieillissement climatique) . En effet ce matériau devient fragile et des ailettes peuvent se fissurer ou même se rompre en service. De même la fragilité du matériau rend très difficile les opérations de maintenance sur site : toute fausse manoeuvre peut conduire à 1 ' endommagement des ailettes et donc de l'isolateur. La manutention de ces isolateurs à ailettes en silicone est particulièrement délicate. En effet, les
ailettes peuvent être facilement endommagées lors de la réception en usine des isolateurs lors de la découpe au cutter de l'emballage : il est fréquent de retrouver des isolateurs avec des ailettes coupées ou lacérées. Les problèmes typiques de manutention ou de tenue dans le temps des isolateurs composites sont particulièrement bien traités dans la brochure thématique CIGRE N°184 d'avril 2001 « Composite Insulator Handling Guide » ou dans la publication suivante : « IEEE Task Force Report : Brittle Fracture in Nonceramic Insulators », IEEE Transactions on Power Delivery, Vol 17, N°3, JuIy 2002, pp 848-856 [3] .
Tout défaut des ailettes sera un point de faiblesse pour la tenue dans le temps de l'isolateur. De même, des ailettes peuvent être déchirées lorsque l'isolateur est posé en appui sur une partie anguleuse.
Par ailleurs, en utilisation, il a été constaté que le silicone peut être attaqué par des animaux, tels que des oiseaux ou des rongeurs. Le document « Hydrophobic cycloaliphatic epoxy : Latest findings and future developments », Christian Beisele, 2001 World Insulator Congress and Exhibition, 18-21 November, Shangai, CHINA [4] décrit pour la première fois le remplacement du silicone par une résine époxyde cycloaliphatique pour la fabrication de composants isolants, en particulier d'isolateurs à tube plein. La résine époxyde est présentée comme étant un matériau isolant alternatif intéressant et moins onéreux. L'isolateur est fabriqué par un procédé de gélation sous pression. Le procédé n'est pas détaillé.
Les résines utilisées dans ce document ne permettent pas de pallier à l'ensemble des inconvénients décrits ci-dessus : elles ne résistent pas bien aux agressions externes en opération (rongeurs, oiseaux, pluie, pollution, etc.), au cheminement et à l'érosion (résine de classe 1B3,5 selon la norme CEI 60587) . En outre, elles ne résistent pas bien aux manipulations en usine, au montage sur site, se coupent ou se déchirent lors de l'ouverture des emballages. En effet ces matériaux ont des caractéristiques mécaniques semblables au silicone. Ainsi, on peut s'attendre aux mêmes problèmes au cours du procédé de fabrication de l'isolateur, en montage pour son utilisation comme isolateur et en opération. Aucun des documents susnommés ne propose de solution à l'ensemble des inconvénients précités.
Il existe donc un réel besoin d'un isolateur moins onéreux que ceux de l'art antérieur, tant en termes de matériaux utilisés pour sa fabrication que de mise en œuvre de son procédé de fabrication, ayant un comportement au vieillissement amélioré, notamment en renforçant ou en supprimant l'interface entre le matériau du tube et le matériau constituant la gaine, et en utilisant un ou des matériaux qui répondent aux inconvénients précités et remplissent leur rôle isolant dans l'isolateur obtenu.
Exposé de l'invention
La présente invention se rapporte précisément à un isolateur électrique qui répond à ce besoin et à d'autres encore. L'isolateur électrique de la présente invention comprend un tube creux ou plein entouré d'une
gaine isolante. La gaine isolante peut être lisse ou munie d'ailettes.
L'isolateur de la présente invention est caractérisée en ce que la gaine isolante est constituée d'une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie obtenue par durcissement d'un mélange comprenant : de 25 à 75 % en poids de charge minérale, de préférence de 30 à 70 % en poids de charge minérale, de préférence de 40 à 60 % en poids de charge minérale, de préférence encore de 45 à 55 % en poids de charge minérale, par exemple 50 % en poids, une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe et un durcisseur .
Ici, les pourcentages en poids sont indiqués par rapport à la masse totale de la résine chargée, c'est à dire résine + durcisseur + charge.
Dans la suite de la présente description, on entend par « résine chargée » un matériau composite composé d'une résine époxyde, d'un durcisseur et d'une charge minérale. Le rôle de la charge minérale est d' améliorer les propriétés mécaniques de la résine durcie ainsi que sa tenue à l'érosion et au cheminement électrique .
La résine chargée durcie de la présente invention est une résine dite « flexibilisée ». Ainsi, cette résine une fois polymérisée présente des propriétés mécaniques particulières telles qu'un module d'élasticité et une déformation à la rupture très élevés, par exemple un module d'élasticité allant de 200 à 4000 MPa et une déformation à la rupture allant de 10 à 30%. Cette résine chargée durcie est
généralement obtenue par mélange de résine de base pouvant être spécialement formulée permettant d'obtenir, en fin de processus de durcissement une résine durcie flexibilisée, de durcisseur (s) spécialement formulé (s) dans le but d'obtenir une résine durcie flexibilisée et de possibles additifs tels que des flexibilisateurs (ces deux voire trois éléments réagissant chimiquement ensemble, permettant d'obtenir une résine durcie flexibilisée), ainsi que des charges minérales.
Les termes « résine flexibilisée » sont des termes couramment utilisés dans ce domaine de la technique et dont la signification est parfaitement claire et sans ambiguïté pour l'homme du métier. La flexibilisation des résines peut être obtenue par modification chimique des molécules de durcisseur et potentiellement de résine, et/ou potentiellement par incorporation de flexibilisateur (chaînes flexibles telles que des chaînes aliphatiques) lors de la polymérisation.
Une résine flexibilisée peut avoir un taux de réticulation réduit par rapport à cette résine avant tout traitement de flexibilisation .
Généralement la flexibilisation d'une résine durcie est obtenue principalement par modification du durcisseur cycloaliphatique en éloignant les deux cycles aliphatiques réactifs par insertion d'une chaîne aliphatique .
Avantageusement, la résine époxyde cycloaliphatique flexibilisée chargée durcie de la présente invention, présente un module d'élasticité de 200 à 4000 MPa et une résistance au cheminement et à l'érosion de classe supérieure ou égale à 1A3,5 ou 1B3,5, selon la norme de la Commission Electronique Internationale CEI 60587.
De préférence, la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie utilisée dans la présente invention a une dureté shore A supérieure à 98 et/ou une température de transition vitreuse de 0 à 5O 0 C, de préférence de 10 à 3O 0 C, de préférence encore de 18 à 3O 0 C, et/ou un module d'élasticité de 200 à 4000 MPa et/ou une élongation à la rupture de 10 à 30 % et/ou une contrainte à la rupture de 14 à 40 MPa et/ou et une résistance au cheminement et à l'érosion de classe supérieure ou égale à 1A3,5 ou 1B3,5 selon la norme CEI 60587.
La solution apportée par la présente invention aux nombreux inconvénients précités consiste en l'utilisation de cette résine cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie dont les caractéristiques mécaniques sont comparées aux matériaux de l'art antérieur dans le tableau I ci- dessous.
Tableau I
Selon l'invention, la charge minérale comprend de préférence de 25 à 75% en poids de trihydrate d'alumine (ATH) (Al(OH) 3 ), de préférence 40 à 60% en poids, par exemple 50% en poids, le reste étant constitué d' au moins un autre matériau de charge minérale .
Selon l'invention, l'autre matériau de charge minérale peut être choisi avantageusement dans le groupe comprenant l'alumine (Al 2 O 3 ), la silice (SiO 2 ), l'oxyde de calcium (CaO), l'oxyde de magnésium (MgO), l'oxyde de Zinc (ZnO), le fluorure de silicium, la wollastonite, le carbonate de calcium (CaCO 3 ), l'oxyde
_
de titane (TiO 2 ), des nanoparticules d'argile ou un mélange de deux ou plus de ceux-ci.
De préférence, l'autre matériau de charge est de l'alumine ou de la silice ou un mélange d'alumine et de silice. Ainsi, dans ce cas, la charge minérale comprend de 25 à 75% en poids de trihydrate d'alumine, de préférence de 40 à 60% en poids de trihydrate d'alumine, par exemple 50% en poids, le reste étant constitué d'alumine ou de silice ou d'un mélange d'alumine et de silice. Lorsqu'on utilise un mélange d'alumine et de silice, ce mélange peut être constitué par exemple de 1 à 99% en poids d'alumine, par exemple de 5 à 95% en poids d'alumine, par exemple de 30 à 70% en poids d'alumine, le reste étant de la silice. Selon l'invention, la charge minérale est de préférence composée de particules de différentes granulométries : des particules d'un ou de plusieurs types chimiques parmi ceux cités ci-dessus (charge minérale) de taille submicronique et des particules d'un ou de plusieurs types chimiques parmi ceux cités ci-dessus (charge minérale) de taille micronique, ces particules de renfort de tailles distinctes pouvant être de composition chimique identique ou différente. Ainsi, selon l'invention, la charge minérale peut être un mélange de charge de taille micronique et de taille submicronique. En outre, selon l'invention, les particules de taille micronique peuvent être de plusieurs compositions chimiques différentes, de même que les particules de taille submicronique. Avantageusement, les particules de taille submicronique ont une taille au minimum deux fois plus
petite que la taille des particules de taille micronique .
Notons que la notion de taille se rapporte au « diamètre médian » de la distribution des particules dans le cas où les particules utilisées ont une géométrie proche de la géométrie sphérique. On rappelle que le « diamètre médian » est le diamètre de la particule au niveau de la médiane de la distribution des diamètres des particules, la médiane représentant la valeur où la fréquence totale des valeurs au-dessus et la fréquence totale au-dessous de cette valeur sont identiques. Dans le cas où les particules utilisées présentent des morphologies avec de forts facteurs de forme, comme par exemple des morphologies lamellaires telles que des feuillets ou des bâtonnets, la notion de taille se rapporte alors à la plus grande dimension de la particule, par exemple la longueur dans le cas d'un feuillet .
Notons que la taille des particules de taille submicronique est inférieure ou égal à un micromètre, et que la taille des particules de taille micronique est supérieure à un micromètre.
Selon l'invention, avantageusement, les particules de taille micronique ont une taille comprise entre 1 et 30 micromètres et les particules de taille submicronique ont une taille inférieure à 1 micromètre.
Selon l'invention, avantageusement, les particules de taille submicronique ont une taille de quelques centaines de nanomètres et au minimum de 5 nanomètres.
De préférence les particules de la ou des charge (s) minérale (s) sont traitées chimiquement en surface afin d'améliorer le mouillage et l'adhérence avec la résine époxyde . De préférence, la silice est modifiée par silanisation .
Selon l'invention, le mélange permettant après durcissement l'obtention d'une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie comprend une résine époxyde de base de type cycloaliphatique hydrophobe non modifiée.
Selon l'invention, ledit mélange comprend également un durcisseur. L'un quelconque des durcisseurs de résine époxyde cycloaliphatique connus de l'homme du métier peut être utilisé pour mettre en œuvre la présente invention. Il peut s'agir par exemple d'un anhydride cycloaliphatique. La quantité de ce durcisseur est en générale de 60 à 100% en poids par rapport à la masse totale de la résine non chargée utilisée dans la présente invention. Comme on l'a mentionné plus haut, le durcisseur peut être chimiquement modifié pour flexibiliser la résine une fois durcie. Ce composant étant connu sous le nom de durcisseur flexibilisateur .
Selon l'invention, ledit mélange peut comprendre des additifs chimiques dont des flexibilisants, accélérateurs, un ou plusieurs additifs spécifiques permettant de rendre la résine hydrophobe choisis parmi un polysiloxane à terminaisons -OH, un copolymère polysiloxane/polyéther et un polysiloxane
cyclique ou un mélange de deux ou trois de ces polysiloxanes
Selon l'invention, ledit mélange peut comprendre en outre des sphères élastomères. Dans ce cas, elles sont ajoutées à raison de 5 à 10% en poids de sphères élastomères. Ce pourcentage est bien entendu exprimé par rapport au poids de la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe chargée. Ces sphères permettent d'absorber l'énergie des chocs que peut subir l'isolateur. Il peut s'agir par exemple de sphères Durastrength Impact Modifier (marque de commerce) commercialisées par la société Arkema .
Selon l'invention, ledit mélange peut comprendre en outre un ou plusieurs additif (s), choisi (s) parmi un polysiloxane à terminaisons -OH, un copolymère polysiloxane/polyéther et un polysiloxane cyclique ou un mélange de deux ou trois de ces polysiloxanes. Plus précisément, il peut s'agir par exemple de dodécamethylcyclohexasiloxane . La quantité de ce ou ces additif (s) est en générale de 1 à 10% en poids par rapport à la masse totale de la résine chargée utilisée dans la présente invention.
Selon l'invention, la charge minérale est de préférence desséchée et dégazée avant d'être mélangée à la résine époxyde pour former la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe utilisée dans la présente invention. En effet, cela permet d'améliorer la dispersion de la charge dans la résine et d' obtenir un mélange homogène. Ce séchage et dégazage peuvent être effectués simultanément, par exemple en plaçant la
charge minérale sous vide à une température de 70 à 100 0 C, par exemple pendant 10 à 30 heures.
La résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie utilisée dans la présente invention peut être préparée par simple mélange de la résine non durcie, de la charge et du durcisseur et des additifs éventuels. De préférence, ce mélange est bien entendu réalisé de façon à obtenir un mélange homogène, c'est-à-dire une dispersion homogène de la charge minérale et du durcisseur et des additifs éventuels dans la résine.
Avantageusement, une partie de la charge minérale, de préférence séchée et dégazée, est mélangée à la résine liquide (c'est-à-dire non durcie), une autre partie de la charge minérale, de préférence séchée et dégazée, est mélangée au durcisseur liquide, et les deux mélanges obtenus sont mélangés ensemble pour former une résine chargée utilisable dans la présente invention. Cette mise en œuvre permet une bonne homogénéisation. De préférence, chaque mélange est réalisé à une température de 40 à 6O 0 C et dégazé. Les mélanges peuvent être réalisés mécaniquement, par exemple sous forme de malaxage.
L'isolateur de la présente invention comprend également un tube. Selon l'invention, le tube de l'isolateur peut être un tube plein ou creux. Il permet de conférer à l'isolateur sa tenue mécanique. Il peut être flexible ou rigide. De préférence, il est rigide.
Selon l'invention, qu'il soit plein ou creux, la géométrie du tube n'est pas limitée à une forme particulière. Elle est choisie notamment en fonction de
l'application envisagée. Il peut s'agir par exemple d'un tube choisi parmi un tube droit, un tube conique, un tube tronconique, un tube en forme de tonneau, etc. ou d'un tube présentant une combinaison de ces différentes formes ou géométries. Le plus souvent, le tube est droit, ou de forme conique ou tronconique ou en forme de tonneau.
Selon l'invention, la section du tube n'est pas non plus limitée à une géométrie particulière. Elle est choisie notamment en fonction de l'application envisagée. Elle est le plus couramment ronde, mais elle peut également être carrée, triangulaire, polygonale, par exemple de 5 à 30 côtés. La facilité de sa fabrication peut aussi être un critère pour choisir la géométrie du tube et de sa section.
Selon l'invention, le tube (plein ou creux) peut être par exemple un tube en résine polymérique thermodurcissable ou thermoplastique renforcée de fibres courtes ou longues de nature chimique minérale ou organique. On entend par fibres courtes des fibres de longueur moyenne inférieure à 30 mm. On entend par fibres longues, des fibres de longueur moyenne supérieure à 30 mm. Dans le cas de réalisation d'un tube composé d'une résine thermodurcissable ou thermoplastique renforcée par des fibres courtes, le tube est réalisé par injection. Les points d'injections sont définis de manière à obtenir un bon alignement des fibres parallèlement à l'axe du tube.
Selon l'invention, que le tube soit plein ou creux, il peut être avantageusement constitué à partir d'un arrangement de fibres en forme de tube. Ces fibres
peuvent être longues ou courtes. L'arrangement de fibres peut être formé par exemple par enroulement filamentaire de fibres longues ou à partir de fibres courtes . Dans le cas de l'utilisation d'un arrangement de fibres, celui-ci peut être constitué par exemple d'un arrangement de fibres choisi parmi un mat de fibres ou un tissu de fibres unidimensionnelles, bidimensionnelles ou tridimensionnelles. L'arrangement de fibres peut être sous forme tissé ou non tissé.
Quel que soit l'arrangement de fibres choisi, selon l'invention, les fibres sont de préférence choisies parmi des fibres minérales telles que les fibres de verre, des fibres de quartz, des fibres de carbure de silicium, ou parmi des fibres organiques telles que les fibres d'aramide, par exemple de kevlar
(marque de commerce) , des fibres de polyester, et des fibres de polybenzobisoxazole, par exemple de zylon
(marque de commerce) . Selon l'invention, les fibres de l'arrangement sont de préférence imprégnées par une résine époxyde, et de préférence encore par une résine époxyde cycloaliphatique, par exemple d'une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe chargée par un renfort particulaire organique ou inorganique (tel que l'alumine, la silice ou un mélange des deux) conforme à la présente invention, telle que définie ci-dessus. Par exemple, l'arrangement de fibres est imprégné de résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe comprenant de 25 à 75% en poids de charge minérale et un durcisseur.
Les fibres, plus particulièrement les fibres minérales, peuvent présenter / être soumises à un traitement de surface spécifique afin d' améliorer leur compatibilité avec la résine d'imprégnation, notamment la mouillabilité de la résine sur les fibres. L'arrangement de fibres constitue donc un précurseur du tube de l'isolateur de la présente invention.
Selon l'invention, le tube (plein ou creux) peut être par exemple un tube en résine polymérique thermodurcissable ou thermoplastique renforcée de charge inorganique ou organique, par exemple un tube en résine époxyde renforcée par de l'alumine ou de la silice .
La présente invention se rapporte de manière générale à l'utilisation d'une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie obtenue par durcissement d'un mélange comprenant de 25 à 75% en poids de charge minérale, de préférence de 30 à 70% en poids de charge minérale, de préférence de 40 à 60% en poids de charge minérale, de préférence encore de 45 à 55% en poids de charge minérale, par exemple 50% en poids, une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe et un durcisseur pour la fabrication d'un isolateur électrique, en particulier pour la fabrication de la gaine extérieure d'un isolateur, cette gaine pouvant être munie d'ailettes ou non. La résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie dans le cadre de cette utilisation présente les mêmes propriétés que celles obtenues ci- dessus.
Cette utilisation permet à la fois de simplifier les procédés de l'art antérieur et de résoudre les inconvénients précités. La charge minérale permet à la fois d' améliorer la tenue au cheminement et à l'érosion du matériau.
Comme indiqué ci-dessus, selon l'invention, la résine chargée peut être utilisée pour fabriquer uniquement la gaine de l'isolateur, munie ou non d'ailettes, par exemple en remplacement des matériaux à base de silicone de l'art antérieur, ou pour fabriquer le tube, la gaine et les ailettes de l'isolateur, par exemple lorsque le tube est constitué d'un arrangement de fibres.
Dans le cas où la gaine est munie d'ailettes, la présente invention peut consister par exemple à mouler lesdites ailettes sur un tube, le tube pouvant par exemple être constitué d'un arrangement de fibres renforcées par une résine époxyde identique ou différente de celle utilisée pour la gaine, munie ou non d'ailettes. Le tube peut être par exemple un tube constitué de fibres renforcées par une résine époxyde tel que décrit et obtenu dans le document [I].
La présente invention peut être mise en oeuvre par exemple dans un procédé de fabrication d'un isolateur électrique comprenant un tube creux ou plein entouré d'une gaine isolante, ladite gaine pouvant être munie d'ailettes, caractérisé en ce qu'il comprend les étapes suivantes :
- mettre en place le tube de l'isolateur, ou, lorsque le tube est creux, un précurseur de celui-ci éventuellement constitué d'un
arrangement de fibres formant un tube, dans un moule à isolateur électrique, éventuellement à ailettes,
- introduire dans le moule un mélange comprenant : de 25 à 75% en poids de charge minérale, une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe et un durcisseur de manière à former la gaine, et, éventuellement ses ailettes, autour dudit tube ou de son précurseur, - durcir le mélange introduit dans le moule de manière à obtenir une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée durcie pour obtenir ainsi l'isolateur, et - extraire du moule l'isolateur obtenu.
Selon un premier mode de réalisation du procédé de la présente invention, on utilise un précurseur du tube, ce précurseur étant constitué d'un arrangement de fibres tel qu'indiqué ci-dessus. Dans ce mode de réalisation, le précurseur (arrangement de fibres) est mis en place dans le moule, ledit arrangement de fibres étant imprégné de la résine chargée lors de l'étape d' introduction de ladite résine dans le moule pour former après durcissement de la résine le tube. Dans ce cas, la résine chargée forme le tube et les ailettes de l'isolateur. Dans ce cas, de préférence, un manchon est placé dans le tube formé par l'arrangement de fibres afin que la résine ne remplisse pas le tube creux.
Selon un deuxième mode de réalisation de la présente invention, on utilise un tube qui est un tube en résine renforcé par un arrangement de fibres courtes
ou longues de nature chimique minérale ou organique. La résine est identique ou différente de la résine chargée utilisée pour former la gaine et les ailettes. Il peut s'agir par exemple d'un tube CEVOLIT (marque de commerce) fabriqué par la société Tyco Electronics Energy. Il peut s'agir par exemple d'un tube tel que celui décrit dans le document [1] . Ce tube peut être fabriqué par exemple comme indiqué dans ce document, puis être utilisé dans le procédé de la présente invention pour fabriquer l'isolateur.
Les matériaux utilisables dans ces procédés et le mélange sont décrits ci-dessus.
Selon l'invention, le moule à isolateur électrique à ailettes est de préférence en un matériau métallique, de préférence en acier inoxydable. Il est de préférence de forme cylindrique et dessine les ailettes de l'isolateur. De manière plus générale, il peut être, comme pour la forme du tube, de toute forme géométrique souhaitée, par exemple de forme cylindrique, conique, tronconique ou en tonneau ou de toute autre forme avantageuse pour son utilisation.
De tels moules peuvent être fabriqués par usinage dans la masse d'acier inoxydable à l'aide d'appareils de précision, de type fraiseuses numériques et rectifieuses numériques. Un traitement de surface de type électroérosion, polissage chimique voire polissage mécanique peut permettre d' améliorer la qualité de surface du moule, et par conséquent la qualité de surface de l'isolateur (rugosité de surface faible). Ces moules peuvent être conçus et réalisés par des
sociétés telles que Techni-moules, REP France ou FAMACOM.
Avantageusement, selon l'invention, un agent de démoulage à base de silicone(s) peut être utilisé afin de faciliter le démoulage de l'isolateur. Notamment, on peut utiliser l'agent de démoulage L 94-700 (référence commerciale) de la société Kluber Chemie .
Selon l'invention, le mélange est introduit dans le moule par tout moyen approprié pour le remplir. De préférence, le mélange est injecté sous pression dans le moule, par exemple en utilisant une presse à injecter de même type que celle utilisée pour injecter le silicone dans la fabrication des isolateurs de l'art antérieur. De préférence, le mélange est injecté à chaud, pour lui permettre d'épouser plus facilement la forme du moule, par exemple à une température de 100 à 14O 0 C. De préférence, le moule est chauffé à cette température, pour les mêmes raisons, pendant l'injection de la résine. Avantageusement, le mélange est injecté en plusieurs points le long de l'isolateur.
Le tube creux ou plein, par exemple creux à base de résine époxyde renforcé par des fibres de verre longues, est préalablement disposé dans le moule, et, de préférence maintenu à la même température que le moule (par exemple 130-140 0 C) afin d'avoir une bonne adhésion de la résine sur le tube. Le tube, de préférence plus long que le moule, dépasse de part et d'autre du moule.
Avantageusement, le mélange est maintenu à sa température de polymérisation, généralement de 120 à 14O 0 C, par exemple pendant une durée de 4 à 10 heures.
Après durcissement du mélange, l'isolateur obtenu est démoulé.
Selon l'invention, on peut réaliser une postcuisson de l'isolateur, par exemple à une température de 130 à 15O 0 C, par exemple pendant 6 à 10 heures afin d'obtenir des caractéristiques mécaniques optimales de la résine.
L'isolateur obtenu peut subir un traitement de finissage. Dans ce traitement, le tube creux peut être découpé à la longueur finale de l'isolateur s'il est trop long. Les traces de moulage telles que des bavures à la jointure du moule peuvent être supprimées par action mécanique, par exemple par polissage mécanique.
Enfin, un ou deux collier (s) métallique (s) peuvent être fixés de façon traditionnelle, par exemple par collage respectivement à une ou aux deux extrémité (s) de l'isolateur, par exemple avec une colle époxyde . On utilise notamment la technique du frettage où le collier métallique est dilaté en température ce qui permet d' insérer en force le tube encollé dans le collier encollé. Le rétraint du collier métallique sur le tube composite assure une bonne adhésion du collier sur le tube. Cette adhésion étant renforcée par la colle .
Ainsi, selon l'invention, le procédé peut comprendre en outre une étape de collage d'un ou de deux collier (s) respectivement à l'une ou aux deux extrémités de l'isolateur électrique. C'est le cas par
exemple lorsque l'isolateur fabriqué est un isolateur support .
Deux colliers métalliques peuvent être fixés selon la façon décrite ci-dessus dans le cas d'un isolateur support devant être raccordé à ces deux extrémités .
Un seul collier métallique est fixé selon la façon décrite ci-dessus dans le cas d'un isolateur utilisé comme support simple. Dans cette configuration, l'autre extrémité peut être usinée de façon à recevoir le conducteur porté au potentiel. L'usinage peut être réalisé en forme d'encoche dans le cas d'un support de barre ou on peut réaliser un perçage dans le tube pour faire passer un conducteur. L'isolateur de la présente invention, par exemple tube plein ou composite/mat de verre peut être de forme cylindrique, conique, en tonneau ou toute autre forme utile pour son utilisation.
La présente invention présente notamment les avantages suivants :
- Elle permet, du fait des matériaux et du procédé utilisés, de fabriquer un isolateur moins cher que les isolateurs de l'art antérieur,
- Elle permet, du fait des matériaux utilisés, de fabriquer un isolateur ayant une durée de vie plus longue et une plus grande fiabilité dans des conditions sévères d'utilisation (pluie, pollution, oiseaux, rongeurs, etc.) que ceux de l'art antérieur, - L'isolateur est sans interface libre entre le tube creux et les ailettes car on utilise une résine
époxyde pour le tube et pour les ailettes (identique ou différente)
- L'isolateur ne présente pas de problème de vides et délaminations à l'interface ailettes/tube, ce qui améliore également sa durée de vie et lui confère une plus grande fiabilité dans des conditions sévères d'utilisation (pluie, pollution, oiseaux, rongeurs, etc.) par rapport aux isolateurs de l'art antérieur, ni de décharges partielles et de claquages à cet endroit (à savoir à l'interface ailettes/tube) .
- Elle permet de supprimer le primaire d' adhésion utilisé dans l'art antérieur pour renforcer l'adhésion à l'interface du matériau du tube creux et du matériau constituant les ailettes.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront mieux à la lecture des exemples suivants donnés bien entendu à titre illustratif et non limitatif.
Brève description des figures
- Figure 1 : représentation schématique d'un isolateur à tube creux selon l'invention.
- Figure 2 : représentation schématique d'un isolateur à tube plein selon l'invention.
Exemples
Exemple 1 : fabrication d'un isolateur à tube creux selon l'invention
A. Moule et précurseur de tube creux Le moule utilisé est de forme cylindrique et dessine les ailettes de l'isolateur. Il est en acier. Le moule est constitué de deux coquilles jointes, ayant chacune une forme interne de moitié d' isolateur dans le sens de la longueur. Ainsi, le démoulage de l'isolateur à ailette peut se faire par simple séparation des deux coquilles .
Un tube composite cylindrique creux à base de résine époxyde renforcé par des fibres de verre (sous forme de mat de fibres de verre) est disposé sur l'axe longitudinal du moule, de manière centrée. Le tube composite est plus long que le moule, il dépasse de part et d'autre du moule.
B. Préparation de la résine chargée On prépare une résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée comprenant 50% en poids de charge minérale.
Première étape : préparation de la charge :
La charge minérale, composée à 50% en poids de silice et 50% en poids d'alumine trihydrate (ATH) est séchée sous vide à 8O 0 C pendant 24 heures.
Deuxième étape : préparation de la résine et du durcisseur :
Une partie de la charge minérale, 15 parties en poids, préalablement séchée et dégazée, est incorporée
à une résine cycloaliphatique liquide de type diglycidilester (100 parties poids) ayant une densité de 1,1. Le mélange ainsi obtenu a une densité de 1,2. Il est malaxé mécaniquement à une température comprise entre 4O 0 C et 6O 0 C et dégazé sous vide à une pression absolue comprise entre 1000 et 10000 Pa (entre 10 et 100 mbars) . On obtient un sous-produit résine + charge. Le complément de la charge minérale, c'est-à- dire les 35 parties en poids restants, est incorporé à un durcisseur anhydride cycloaliphatique liquide (100 parties poids) . Le mélange ainsi obtenu a une densité de l'ordre de 1,9. Il est malaxé mécaniquement à une température comprise entre 40 et 6O 0 C et dégazé comme précédemment. On obtient un sous-produit durcisseur + charge.
Les deux sous-produits résine + charge et durcisseur + charge sont mélangés mécaniquement ensemble jusqu'à l'obtention d'une dispersion homogène. Le mélange est effectué à une température comprise entre 40 et 6O 0 C et dégazé comme précédemment.
Le mélange obtenu est prêt à l'emploi pour mouler l'isolateur.
C. Introduction de la résine dans le moule Le mélange précédemment obtenu est injecté sous pression dans le moule en deux parties préalablement chauffé à la température de polymérisation de la résine, ici comprise entre 13O 0 C et 14O 0 C, en utilisant une presse à injecter standard pour le silicone. La température est homogène dans le moule. Le tube composite creux est maintenu à la
température du moule (120-130 0 C) afin d'avoir une bonne adhésion de la résine sur le tube composite.
La résine est injectée en plusieurs points le long de l'isolateur pour bien remplir les ailettes dessinées par le moule.
D. Durcissement de la résine
La résine est maintenue à la température de 130-140 0 C pendant une durée de 20-30 minutes pour son durcissement.
E. Extraire l'isolateur du moule
L'isolateur à tube creux (1) est extrait du moule après durcissement de la résine par ouverture de celui-ci. Il est représenté schématiquement sur la figure 1 annexée. Il comprend un tube (3) entouré d'une gaine isolante (5) munie d'ailettes (7). La gaine isolante et les ailettes sont constituées de la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisé chargée préparée dans cet exemple. Le tube (3) est constitué d'un mat de fibre de verre renforcé par de la résine époxyde .
On applique à l'isolateur une post-cuisson à 14O 0 C pendant 8 heures pour optimiser les caractéristiques mécaniques de la résine.
Les caractéristiques de la résine obtenue sont indiquées dans le tableau ci-dessous.
Le tube creux est ensuite découpé à la longueur finale de l'isolateur. Les traces de moulage telles que des bavures à la jointure du moule sont supprimées par polissage.
Un ou deux colliers métalliques sont alors fixés de façon traditionnelle par collage aux deux extrémités de l'isolateur. Le nombre de collier métallique dépend de l'application de l'isolateur. De même, une extrémité peut être usinée pour supporter un conducteur .
L'isolateur obtenu est utilisable dans une application haute tension.
Un autre essai est réalisé où la charge minérale est constituée de 25 % en poids d'alumine trihydrate (ATH) et de 25 % en poids de silice. Un isolateur électrique utilisable dans une application haute tension est obtenu.
Tableau des caractéristiques de la résine flexibilisée hydrophobe chargée obtenue dans cet exemple
(Mesures effectuées sur la résine chargée durcie]
Exemple 2 : procédé de fabrication d'un isolateur à tube plein selon l'invention
On utilise le même protocole que celui décrit dans l'exemple 1 pour la fabrication de la résine chargée et de l'isolateur, mais on remplace le tube creux par un tube plein.
On obtient un isolateur électrique (1) conforme à la présente invention. Cet isolateur est représenté sur la figure 2 annexée. Il comprend le tube plein (3') entouré d'une gaine isolante (5) munie d'ailettes (7) .
La gaine isolante et les ailettes sont constituées de la résine époxyde cycloaliphatique hydrophobe flexibilisée chargée préparée. Le tube (3' ) est une tige constituée de résine époxyde renforcée par un arrangement de fibres de verre .
Cet isolateur convient par exemple pour être utilisé dans les supports de lignes hautes tensions aériennes.
Liste des références
[1] EP-A-1091365 (Axicom AG, Zeigniederlassung Wohlen) .
[2] WO 02/061767 (MC-GRAW-EDISON COMPANY) .
[3] CIGRE N°184 d'avril 2001 « Composite Insulator Handling Guide » ou dans la publication suivante : « IEEE Task Force Report : Brittle Fracture in Nonceramic Insulators », IEEE
Transactions on Power Delivery, Vol 17, N°3, JuIy 2002, pp 848-856.
[4] « Hydrophobic cycloaliphatic epoxy : Latest findings and future developments », Christian Beisele, 2001 World Insulator Congress and
Exhibition, 18-21 November, Shangai, CHINA.
