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Title:
METHOD FOR COATING CARRIERS, EMULSION USED THEREIN, RESULTING COATED MATERIALS, AND DEVICES FOR PRODUCING AND LAYING COATED MATERIALS
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/1996/021686
Kind Code:
A2
Abstract:
A method for coating carriers, an emulsion used therein, the resulting coated materials, and devices for producing and laying coated materials, are disclosed. The method for bitumen coating carriers of any kind comprises cold coating carriers while causing partial or total adhesive failure in mixers or the like, and heating the resulting coated materials, e.g. in a heater, to a temperature high enough to enable transport and laying thereof at around 100 �C, without seeking to evaporate off the water.

Inventors:
Muntzer
Emile
Jacques, Muntzer
Paul
Emile, Muntzer
Jean, Muntzer
Isabelle
Application Number:
PCT/FR1996/000010
Publication Date:
July 18, 1996
Filing Date:
January 03, 1996
Export Citation:
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Assignee:
Muntzer
Emile
Jacques, Muntzer
Paul
Emile, Muntzer
Jean, Muntzer
Isabelle
International Classes:
C08L95/00; E01C7/18; E01C19/10; (IPC1-7): C08F210/16; C08F110/02; C08F110/06; C08F210/06; C08F210/14; C08F210/16; C08F4/60; C08L23/16
Foreign References:
DE3018419A11981-11-19
US3418900A1968-12-31
GB1340762A1974-01-30
FR1595858A1970-06-15
FR810494A1937-03-22
EP0555167A11993-08-11
EP0275461A11988-07-27
EP0402292A21990-12-12
DE1594815A11970-08-20
FR867054A1941-09-26
GB996274A1965-06-23
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Claims:
REVENDICATIONS
1. Procédé d'enrobage bitumineux de supports quelconques, caractérisé en ce qu'il consiste à réaliser un enrobage à froid des supports par des émulsions, avec une rupture adhesive, complète ou non, obtenue dans les malaxeurs ou analogues, puis à réchauffer les enrobés obtenus, par exemple dans un réchauffeur, à une température suffisante permettant leur transport et leur pose à environ 100°C, sans chercher à évaporer l'eau.
2. Procédé d'enrobage bitumineux selon la revendication 1 , caractérisé en ce qu'il consiste à obtenir préalablement une poudre finement divisée hydrophobe et de charge électrique positive, par l'action concomitante d'un sel métallique soluble dans l'eau et d'un acide organique à chaîne longue, puis à introduire cette poudre, soit dans la masse des supports, notamment granulats, à enrober, soit dans l'émulsion anionique bitumineuse et, ensuite, à mélanger les granulats et l'émulsion bitumineuse dans un malaxeur ou analogue en vue de réaliser l'enrobage à froid.
3. Procédé d'enrobage bitumineux selon la revendication 2, caractérisé en ce qu'il consiste à mélanger une émulsion anionique avec une poudre minérale ou organique hydrophobée de charge électrique positive et très finement divisée, de manière à conférer à ladite émulsion un comportement cationique et des propriétés d'enrobage et de recouvrement universelles.
4. Procédé d'enrobage selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé en ce que, dans le cas d'un enrobage à l'aide d'émulsions anioniques surstabilisés, la rupture, l'adhésion et le recouvrement sont réglés, de manière modulable, par un mélange de poudre hydrophobée et d'un vecteur de rupture, ce mélange pouvant être joint à l'enrobé au moment de sa pose, soit sous forme de suspension aqueuse, notamment colloïdale, soit sous forme de poudre solide, composée du mélange de la poudre hydrophobée et du vecteur de rupture sous forme de son sel.
5. Procédé d'enrobage selon l'une quelconque de revendications 1 à 4, caractérisé en ce que le milieu alcalin d l'émulsion est porté à un niveau stabilisant tel que la poudr hydrophobée, dosée de manière juste suffisante, ne parvienne pas déclencher une rupture sensible de ladite émulsion, et en ce qu'un substance entraînant la rupture de l'émulsion est adjointe à l'enrob au moment de la pose de ce dernier, ladite rupture pouvan intervenir, par exemple, par précipitation de l'émulsifiant anioniqu par le sulfate de magnésium ou une substance analogue.
6. Procédé de préparation d'une émulsion présentant de propriétés d'enrobage et de recouvrement améliorées, caractérisé e ce qu'il consiste à introduire dans une émulsion anionique finie o en cours de fabrication au moins une poudre minérale ou organiqu hydrophobée de charge électrique positive et très finement divisée en quantité au moins suffisante pour conférer à ladite émulsion u comportement cationique et des propriétés d'enrobage polyvalentes.
7. Procédé de préparation selon la revendication 6 caractérisé en ce que l'hydrophobicité et la charge électriqu positive des grains de la poudre sont obtenues, préalablement à so introduction dans l'émulsion, par l'action concomitante d'un se métallique et d'un acide organique à chaîne longue.
8. Procédé de préparation selon la revendication 7 caractérisé en ce que le sel métallique consiste en un sel ferreux o en un sel acide métallique, en solution aqueuse, l'acide organiqu pouvant consister en un acide gras.
9. Procédé de préparation selon l'une quelconque de revendications 6 à 8, caractérisé en ce que au cours de ou suite l'introduction de la poudre hydrophobée chargée positivement l'émulsion est brassée de manière relativement énergique.
10. Procédé de préparation selon l'une quelconque de revendications 6 à 9, caractérisé en ce que le diamètre moyen de grains de la poudre hydrophobée est au moins environ 10 foi inférieur à celui des globules en suspension dans l'émulsion 1 1.
11. Procédé de préparation selon l'une quelconque des revendications 6 à 1 0, caractérisé en ce que l'émulsion se présente initialement sous la forme d'une émulsion anionique stabilisée au moyen d'un ou de plusieurs alcalis, l'émulsion finale obtenue, après intégration de la poudre hydrophobée chargée positivement, étant une émulsion à effet cationique, restant opérationnelle et stable en milieu fortement alcalin.
12. Procédé de préparation selon l'une quelconque des revendications 6 à 1 1 , caractérisé en ce que l'émulsion consiste en une émulsion bitumineuse du type OW (huile dans l'eau) transformée, préalablement à l'enrobage des supports ou au cours dudit enrobage, en une émulsion bitumineuse du type WO (eau dans huile), par exemple par l'introduction de NaCl ou d'un produit similaire présentant des capacités d'inversion.
13. Procédé de préparation selon la revendication 1 2, caractérisé en ce que les globules de bitume de l'émulsion, de configurations sphéroïdales, présentent un diamètre moyen supérieur à 1 μm, avantageusement de l'ordre de 5 μm environ, et en ce que les grains de la poudre hydrophobée présentent un diamètre moyen inférieur ou égal à environ 0,2 μm, préférentiellement à environ 0, l μm.
14. Emulsion, notamment émulsion bitumineuse, obtenue au moyen du procédé de préparation suivant l'une quelconque des revendications 6 à 13, caractérisée en ce qu'elle consiste en une émulsion à effet cationique stable en milieu fortement alcalin comportant des grains de poudre hydrophobée et pouvant enrober des supports basiques ou acides, hydrophobés ou non, ce quel que soit leur degré d'humidité.
15. Emulsion, notamment du type peinture ou laque, obtenue au moyen du procédé de préparation suivant l'une quelconque des revendications 6 à 13, caractérisée en ce qu'elle comporte des grains de pigment sous forme de grains hydrophobés et chargés positivement.
16. 1 6. Enrobé bitumineux, caractérisé en ce qu'il est obtenu par application de l'émulsion selon la revendication 1 4 sur des granulats ou des supports analogues.
17. 1 7. Enrobé obtenu par application et rupture de l'émulsion selon la revendication 14 sur des granulats, caractérisé en ce qu'il est réchauffé avant sa manipulation ou sa mise en oeuvre et porté à une température d'environ 1 1 0°C .
18. 1 8. Dispositif de production et de pose d'enrobés bitumineux, obtenus notamment en utilisant l'émulsion selon la revendication 14, caractérisé en ce qu'il est principalement constitué par des silos doseurs (5) contenant des granulats à enrober, hydrophobés ou non et présentant des granulométries différentes, par un silo de stockage temporaire (7) alimenté par les silos doseurs (5) avec un mélange de granulats déterminé en fonction d'une formulation granulaire donnée, par une balance (8) recevant les charges successives du silo (7), par au moins un malaxeur (9) alimenté par la balance (8) et par une pompe doseuse ( 10) reliée à un récipient de stockage de l'émulsion anionique bitumineuse, mélangée ou non avec une poudre hydrophobée, ce, en fonction de la nature des granulats et/ou de la présence ou non de poudre hydrophobée dans ces derniers, et, par une goulotte de déversement ( 1 1 ) déversant les enrobés dans le contenant d'un moyen de transport ( 12).
19. 19 Dispositif de production et de pose d'enrobés bitumineux, permettant notamment la mise en oeuvre du procédé d'enrobage selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé en ce qu'il comporte des moyens d'alimentation sélective en granulats hydrophobés et non hydrophobés, en émulsion anionique bitumineuse et en émulsion anionique bitumineuse additionnée de poudre hydrophobée, à partir de contenants de stockage (5, 5'; 5, 14, 14', 1 5, 15') correspondants, au moins un moyen de malaxage (4;9) réalisant l'enrobage, suivi de ou combiné avec un moyen de réchauffage (4) des enrobés, et des moyens (13 ; 6) d'acheminement et de déversement des enrobés, chauffés ou non, dans le contenant d'un moyen de transport ( 1 2) 20 Dispositif selon la revendication 19, caractérisé en ce que le moyen de réchauffage (4) est constitué par le tambour sécheur d'un poste d'enrobage à chaud classique.
20. 2 1 . Dispositif selon la revendication 20, caractérisé en ce que le tambour sécheur (4) comporte, en lieu et place des dispositifs de brassage habituels, un tube d'usure et d'isolation ( 16), par exemple en acier et présentant une surface interne lisse, dont le diamètre est légèrement inférieur au diamètre intérieur du tambour sécheur (4) 22 Dispositif selon l'une des revendications 1 9 à 21 , caractérisé en ce que le réchauffage est réalisé par microondes.
21. 23 Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 9 à 21 , caractérisé en ce que les moyens de malaxage et de réchauffement sont regroupés en un unique tambour malaxeur chauffant (4) qui, dans sa partie amont, dans la zone d'admission des granulats et de l'émulsion, réalise l'enrobage avec rupture complète et qui, dans sa partie aval, délivre un enrobé présentant une température donnée, notamment supérieure à environ 100°C, après réchauffement progressif de l'enrobé au cours de son transfert dans ledit tambour (4).
22. 24 Dispositif selon l'une quelconque des revendications 19 à22 caractérisé en ce que l'enrobé à froid est obtenu dans un moyen de malaxage (9) placé en tête du moyen de réchauffage (4), auquel il est relié par une goulotte orientable ( 13) qui, dans une première position, déverse l'enrobé à froid dans le moyen de réchauffage (4) et, dans une seconde position, déverse l'enrobé à froid dans le contenant d'un moyen de transport ( 12).
23. 25 Dispositif selon l'une quelconque des revendications 1 9 à 24, caractérisé en ce que le moyen de transport ( 12) est pourvu d'une unité de déversement et d'épandage à portée réglable, comprenant une pompe à béton ( 18), cette dernière étant asservie à un appareil de projection ( 19)du vecteur de rupture et d'adhésivité, qui assure à tout moment un débit proportionnel à celui de la pompe à béton, le débit de l'appareil de projection du vecteur de rupture et d'adhésion étant réglable en vue d'une vitesse de rupture modulable par la variation du rapport de ces débits, cet asservissement, électroniquement contrôlé, assurant également, qu'à chaque commencement de débit de la pompe à béton, l'appareil de projection du vecteur de rupture et d'adhésion ait débité un jet inutile sur le sol.
Description:
Procédé d'enrobage de supports, émulsion uti l isée et enrobés obtenus par ce procédé et dispositifs de production et de pose d'enrobés.

La présente invention concerne le domaine de l'enrobage et des émulsions, notamment des émulsions bitumineuses, des enrobés obtenus par application de ces émulsions, ainsi que des dispositifs de production et de pose d'enrobés bitumineux. Elle a plus particulièrement pour objet un procédé d'enrobage, de supports quelconques, ainsi que des dispositifs ou des installations de production et de pose de tels enrobés.

Elle a également pour objet un procédé de préparation d'une émulsion, notamment du type bitumineux, des émulsions obtenues par ce procédé et présentant une capacité d'enrobage et de recouvrement universelle et polyvalente, indifféremment du type de supports à enrober ou à recouvrir, et un enrobé à froid obtenu par application d'une émulsion bitumineuse précitée, ainsi que les moyens pour rendre éventuellement transportable et cylindrable un tel enrobé.

Le problème de l'enrobage et du recouvrement de supports non prétraités et souvent humides se pose en particulier en relation avec les émulsions de bitume qui doivent enrober adhésivement les compositions granulaires et filléreuses, prises en l'état du jour, sur leurs dépôts à ciel ouvert.

Il est un fait que les matériaux humides n'acceptent pas, dans cet état, l'enrobage par les hydrocarbures. L'eau étant en effet le premier occupant, il fallait jusqu'à présent soit assécher les matériaux, soit déplacer chimiquement l'eau présente. Une première solution satisfaisante à ces problèmes a été proposée par les demandes de brevet français n° 26868 1 1 et européen n° 0555 1 67, valable à la fois pour l'enrobage à chaud et pour l'enrobage à froid.

Le procédé décrit dans ces dépôts propose de rendre hydrophobes les supports à enrober, par un prétraitement mis en oeuvre à froid, en faisant réagir, en contact avec ces supports, deux vecteurs hydrophobants, à savoir: un sel métallique et un acide gras ou des produits similaires. Lorsque ces derniers sont mélangés avec des supports secs ou peu humides, l'hydrophobie apparaît spontanément, sans séchage Mouillés à plus de 1 % d'eau, les matériaux supports notablement filléreux doivent être séchés après avoir ajouté et mélangé les vecteurs hydrophobants, ce qui est également le cas pour les matériaux à granulométrie ouverte. Ce séchage peut être opéré à froid, donc sans l'intervention d'un tambour sécheur.

Les granulats minéraux ainsi prétraités sont adhésivement enrobables par tout liant bitumineux, quelle que soit sa forme La présente invention a pour premier but de fournir un procédé d'enrobage de supports quelconques sécurisant l'enrobage à froid et un dispositif pour réaliser notamment ce procédé d'enrobage, permettant d'utiliser au maximum les éléments des installations et les matériels d'enrobage à chaud classiques, tout en supprimant certains des dispositifs de ces dernières et en rendant les dispositifs restants plus polyvalents.

Un autre but de l'invention consiste à proposer une émulsion, bitumineuse ou non, présentant des propriétés d'enrobage et de recouvrement polyvalentes et universelles, agissant quelle que soit la nature ou le type de support, prétraité ou non, et pouvant être obtenue de manière simple, non onéreuse et non polluante.

La présente invention a également pour objet de fournir un dispositif permettant de produire des enrobés à froid en utilisant l'émulsion produite par le procédé précité. A cet effet, l'invention a pour premier objet un procédé d'enrobage bitumineux de supports quelconques, caractérisé en ce qu'il consiste à réaliser un enrobage à froid des supports par une ou des émulsions avec une rupture adhesive, complète ou non, obtenue

dans les malaxeurs ou analogues, puis à réchauffer les enrobés obtenus, par exemple dans un réchauffeur, à une température suffisante permettant leur transport et leur pose à environ 1 00°C, sans chercher à évaporer l'eau. La présente invention concerne également un procédé de préparation d'une émulsion présentant des propriétés d'enrobage et de recouvrement améliorées, ainsi qu'une émulsion obtenue par ce procédé, ce dernier étant caractérisé en ce qu'il consiste à introduire dans une émulsion anionique finie ou en cours de fabrication au moins une poudre minérale ou organique hydrophobée de charge électrique positive et très finement divisée, en quantité au moins suffisante pour conférer à ladite émulsion un comportement cationique et des propriétés d'enrobage polyvalentes

L'invention a, en outre, pour objet un dispositif de production et de pose d'enrobés bitumineux, obtenus notamment en utilisant l'émulsion obtenue précédemment, caractérisé en ce qu'il est principalement constitué par des silos doseurs contenant des granulats à enrober, hydrophobés ou non et présentant des granulométries différentes, par un silo de stockage temporaire alimenté par les silos doseurs avec un mélange de granulats déterminé en fonction d'une formulation granulaire donnée, par une balance recevant les charges successives du silo, par au moins un malaxeur alimenté par la balance et par une pompe doseuse reliée à un récipient de stockage de l'émulsion anionique bitumineuse, mélangée ou non avec une poudre hydrophobée, ce, en fonction de la nature des granulats et/ou de la présence ou non de poudre hydrophobée dans ces derniers, et, par une goulotte de déversement déversant les enrobés dans le contenant d'un moyen de transport.

Par ailleurs, l'invention a pour objet un dispositif de production et de pose d'enrobés bitumineux, permettant notamment la mise en oeuvre du procédé d'enrobage précité, caractérisé en ce qu'il comporte des moyens d'alimentation sélective en granulats hydrophobés et non hydrophobés, en émulsion anionique

bitumineuse et en émulsion anionique bitumineuse additionnée de poudre hydrophobée, à partir de contenants de stockage correspondants, au moins un moyen de malaxage réalisant l'enrobage, suivi de ou combiné avec un moyen de réchauffage des enrobés, et des moyens d'acheminement et de déversement des enrobés, chauffés ou non, dans le contenant d'un moyen de transport

L'invention sera mieux comprise grâce à la description ci- après, qui se rapporte à des modes de réalisation préférés, donnés à titre d'exemples non limitatifs, et expliqués avec référence aux dessins schématiques annexés, dans lesquels la figure 1 est une représentation schématique d'une installation de production d'enrobés à chaud classique faisant partie de l'état de la technique, la figure 2 est une représentation schématique d'un dispositi de production et de pose d'enrobés à froid selon l'invention, la figure 3 est une représentation schématique d'un dispositi de production et de pose d'enrobés à froid et à chaud selon l'invention; la figure 3A est une représentation schématique d'une variante de réalisation du dispositif représenté à la figure 3 , la figure 4 est une présentation schématique d'un dispositif de production et de pose d'enrobés à froid et à chaud selon un autre mode de réalisation de l'invention, et, la figure 5 est une représentation schématique d'un moyen de transport pourvu d'une unité de déversement selon l'invention

Conformément à l'invention, le procédé d'enrobage de supports quelconques, consiste à réaliser un enrobage à froid des supports avec une rupture adhesive, complète ou non, obtenue dans les malaxeurs ou analogues, puis à réchauffer les enrobés obtenus, par exemple dans un réchauffeur, à une température suffisante permettant leur transport et leur pose à environ 100°C, sans chercher à évaporer l'eau.

Selon une première caractéristique de l'invention, il peut être prévu d'obtenir préalablement une poudre finement divisée hydrophobe et de charge électrique positive, par l'act ion concomitante d'un sel métallique soluble dans l'eau et d'un acide organique à chaîne longue, puis à introduire cette poudre, soit dans la masse des supports, notamment granulats, à enrober, soit dans l'émulsion anionique bitumineuse et, ensuite, à mélanger les granulats et l'émulsion bitumineuse dans un malaxeur ou analogue en vue de réaliser l'enrobage à froid. Du fait des techniques d'hydrophobation, l'eau de rupture ou d'apport par les granulats n'a plus besoin d'être évaporée et peut être utilisée, avec le bitume ayant lié les fines, pour supprimer la ségrégation ainsi que les pollutions de la poussière et des vapeurs de distillation du bitume, souvent surchauffé en enrobage à chaud classique.

De manière plus précise, il peut être prévu selon un mode de réalisation de l'invention, de mélanger une émulsion anionique avec une poudre minérale ou organique hydrophobée de charge électrique positive et très finement divisée, de manière à conférer à ladite émulsion un comportement cationique et des propriétés d'enrobage et de recouvrement universelles.

Conformément à une variante de réalisation de l'invention, applicable au cas d'un enrobage à l'aide d'émulsions anioniques surstabilisés, la rupture, l'adhésion et le recouvrement sont réglés, de manière modulable, par un mélange de poudre hydrophobée et d'un vecteur de rupture, ce mélange pouvant être joint à l'enrobé au moment de sa pose, soit sous forme de suspension aqueuse, notamment colloïdale, soit sous forme de poudre solide, composée du mélange de la poudre hydrophobée et du vecteur de rupture sous forme de son sel.

De manière avantageuse, le milieu alcalin de l'émulsion est porté à un niveau stabilisant tel que la poudre hydrophobée, dosée de manière juste suffisante, ne parvienne pas à déclencher une

rupture sensible de ladite émulsion, et en ce qu'une substanc entraînant la rupture de l'émulsion est adjoint à l'enrobé au moment de la pose de ce dernier, ladite rupture pouvant intervenir, par exemple, par précipitation de l'émulsifiant anionique par le sulfate de magnésium ou une substance analogue.

La présente invention a également pour objet la préparation d'une émulsion, permettant de réaliser l'enrobage à froid de supports quelconques, cette émulsion pouvant notamment servir pour l'enrobage à froid mentionné précédemment dans le cadre du procédé d'enrobage précité

La préparation d'une telle émulsion, présentant des propriétés d'enrobage et de recouvrement amélioré, consiste essentiellement à introduire dans une émulsion anionique finie ou en cours de fabrication au moins une poudre minérale ou organique hydrophobée de charge électrique positive et très finement divisée, en quantité au moins suffisante pour conférer à ladite émulsion un comportement cationique et des propriétés d'enrobage polyvalentes

De manière avantageuse, l'hydrophobicité et la charge électrique positive des grains de la poudre sont obtenues, préalablement à son introduction dans l'émulsion, par l'action concomitante d'un sel métallique et d'un acide organique à chaîne longue.

Selon un mode de réalisation préférentiel, le sel métallique peut consister en un sel ferreux ou en un sel acide métallique, en solution aqueuse, l'acide organique pouvant consister en un acide gras.

Les détails techniques d'obtention de ce type d'hydrophobicité sont décrits de manière plus précise dans les dépôts français et européen précités. Les poudres minérales et organiques utilisées sont préférentiellement d'une finesse de mouture très poussée, comme par exemple les argiles telles que la bentonite, le talc ou analogue

ou des poudres comme le carbonate de calcium, vendu sous la dénomination de blanc d'Espagne, ou similaire.

Malgré leur finesse, qui peut être colloïdale, ces poudres peuvent être hydrophobées sans opération de séchage particulière Avantageusement, le diamètre moyen des grains de la poudre hydrophobée est au moins environ 1 0 fois inférieur à celui des globules en suspension dans l'émulsion

Conformément à une caractéristique de l'invention et en vue de permettre dans tous les cas l'introduction des poudres hydrophobées précitées dans les émulsions à transformer, chaque émulsion considérée se présente initialement sous la forme d'une émulsion anionique stabilisée au moyen d'un ou de plusieurs alcalis, l'émulsion finale obtenue, après intégration de la poudre hydrophobée chargée positivement, ayant toutes les réactions d'une émulsion cationique ou à effet cationique, restant opérationnelle et stable en milieu fortement alcalin, et conservant ses propriétés d'enrobage polyvalentes

En effet, les poudres hydrophobées, porteuses de charges électriques positives et introduites dans les émulsions, développent un potentiel d'attraction vis-à-vis des globules de l'émulsion, chargées négativement.

Cette attraction mutuelle , en vue du but principal de l'invention, devra se traduire par un excès de charges électriques positives pour le milieu, apportées par la ou les poudres hydrophobées, pour qu'un effet de rupture polyvalente à effet cationique soit possible.

Afin de tenter d'expliquer le processus physico-chimique qui a lieu, les inventeurs proposent trois hypothèses:

1 ) les grains de poudre sont adsorbés par les globules de bitume ou autre en suspension, dont ils effacent les charges négatives en formant une ceinture de grains, chargée d'électricité positive;

2) les globules de bitume ou autre sont attirés et déchargés par les grains de la poudre hydrophobée et se groupent autour d'eux en ceinture chargée positivement;

3) les grains de poudre hydrophobés, du fait qu'ils refusent l'eau, sont répartis mécaniquement et uniformément dans l'émulsion et ne deviennent actifs qu'au contact avec les supports, tels que les granulats, destinés à être enrobés. Amenés en contact des supports ou des granulats acides, ils déclenchent une réaction d'ordre cationique et l'enrobage ou le recouvrement adhésif est obtenu Amenés au contact avec des supports ou des granulats basiques l'émulsion continue de fonctionner comme une émulsion anionique qui porte une charge électrique opposée à celle des granulats ou autres supports basiques et les conditions d'un enrobage ou d'un recouvrement adhésif sont également remplies. Dans ce dernier cas, la présence de la poudre hydrophobée ne peut avoir qu'un effet sur la rupture.

Dans tous les trois cas précités, les conditions en vue d'un enrobage et d'un recouvrement corrects et utilisables sont favorables. II a été constaté que les conditions de réussite, en vue de transformer une émulsion anionique en émulsion à effet universel, notamment cationique, à l'aide de poudres ou de pigments hydrophobés, peuvent être résumées par les considérations exposées ci-dessous. Ainsi, la granulométrie des globules de l'émulsion anionique de base, convenant au procédé, n'a pas besoin d'être poussée à une trop fine résolution pour être performante. En effet, les développements qui suivent, montrent qu'il peut être plus avantageux de traiter une émulsion dont les globules sphéroïdes de bitume ou autre en suspension ont un diamètre moyen supérieur à 1 μm et avantageusement de l'ordre de 5 μm environ

Par contre, les poudres sont préférentiellement aussi finement divisées que possible, par exemple à grains d'un diamètre moyen

inférieur ou égal à environ 0,2 μm, préférentiellement à environ 0, 1 μm.

En partant de ces chiffres, on peut estimer que pour une masse donnée de globules de bitume d'un diamètre de 5 μm, en introduisant le même volume de poudre hydrophobée dont les grains n'ont que 0, 1 μm de diamètre, on obtiendrait un nombre 50^ fois supérieur de grains par rapport au nombre de globules de bitume En n'ajoutant que 1 % de cette poudre par rapport au volume de l'émulsion, il reste un ordre de grandeur de 1000 grains de poudre hydrophobée, chargés avec un maximum de charge électrique positive, par globule de bitume, ce qui est largement suffisant pour effacer la charge négative et entourer d'un manteau de charges électriques positives chacun desdits globules.

Des essais effectués par les inventeurs prouvent en effet que 1 % de blanc d'Espagne, hydrophobe selon la formule : 50 g de poudre sèche + 2,5 g de FeSθ47H2θ en solution aqueuse de 25 % + 0, 5 g d'acide oléique, par rapport au volume d'émulsion, suffit à transformer celle-ci en émulsion fortement active, à capacité d'enrobage universel. Les hypothèses formulées ci-dessus, soutenues par l'exemple précédent, permettent d'orienter l'élaboration de formulations d'émulsions selon l'invention vers une définition et une détermination adaptées, en jouissant toutefois de larges tolérances.

En ce qui concerne le passage des grains de poudre hydrophobée à travers la phase extérieure aqueuse de l'émulsion et leur répartition uniforme dans l'émulsion, il suffit que, au cours de ou suite à l'introduction de la poudre hydrophobée chargée positivement, l'émulsion soit brassée de manière relativement énergique. Contrairement aux idées établies actuelles de l'homme du métier, les opérations précitées se passent dans un milieu fortement alcalin, alors que les émulsions cationiques, appelées quelquefois

"émulsions acides", sont reconnues pour être performantes en milieu acide seulement.

Ce comportement inattendu pourrait trouver son explication dans le fait que, au cours du procédé selon l'invention, intervient, en plus des phénomènes chimiques, un phénomène physique d'adsorption de micro-grains d'une poudre hydrophobée, ceinturant les globules de bitume ou autre en suspension dans l'émulsion. Que ce phénomène soit possible à un degré d'alcalinité élevé, est un fait nouveau et surprenant et réside dans la possibilité d'introduire des charges électriques positives dans une émulsion anionique, chargée négativement, sans que pour cela l'émulsion ne soit détruite. Or une charge positive du bitume ou d'un composé similaire, dans son émulsion correspond à la définition d'une émulsion cationique. II convient de noter que plus le reliquat de charge positive, après compensation avec la charge négative du bitume ou de la suspension similaire, est grand, plus grande sera la puissance de rupture adhesive de cette émulsion au contact de supports acides, comme les siliceux par exemple, ce quel que soit le degré d'humidité.

Plus remarquable encore est le fait que cette émulsion, qui ne doit rien à la chimie de synthèse de molécules cationiques, soit aussi apte à enrober et à recouvrir (de la même manière adhesive) des supports, notamment des granulats, basiques, tels que des granulats calcaires par exemple, en réagissant comme une émulsion anionique améliorée.

L'émulsion obtenue par le procédé selon l'invention est par conséquent un nouveau type d'émulsion qui n'a plus besoin d'aucune adaptation à la nature minéralogique des supports, notamment des granulats, ni à leurs compositions granulaires. Elle convient même à beaucoup de supports organiques et peut donc être qualifiée de polyvalente.

Ainsi, l'émulsion, notamment du type bitumineux, obtenue par le procédé de préparation selon l'invention, consiste en une émulsion cationique stable même en milieu fortement alcalin, comportant des grains de poudre hydrophobés et chargés positivement pouvant enrober des supports basiques ou acides, hydrophobés ou non, ce quel que soit leur degré d'humidité

Si, à titre d'exemple théorique, en dehors de toute considération d'application pratique, on cherche à enrober des supports hydrophobés avec l'émulsion polyvalente à comportement cationique ci-dessus, on constate que sous l'influence des deux charges électriques de même signe le bitume est expulsé de l'émulsion. Ce bitume devient ainsi un liant hydrocarboné normal qui, au contact des supports hydrophobés, s'y colle adhésivement Ceci a été confirmé par différents essais effectués par les inventeurs.

On peut considérer que la poudre hydrophobée, introduite dans une émulsion anionique, fait subir à ses globules de bitume une espèce d'hydrophobation, qui les dégagent de toute considération de charges électriques et confèrent une capacité universelle d'enrobage et de recouvrement adhésifs à l'émulsion selon l'invention.

Tout se passe comme si la poudre hydrophobée rétrocédait à l'émulsion sa capacité d'enrobage et transférait sa condition d'hydrophobicité ou d'hydrophobation aux globules d'émulsion.

En outre, il a été constaté que trois paramètres devaient être pris en considération et suivis du fait de leur influence sur l'évolution des enrobés, à savoir:

1 ) l'intensité ou le potentiel d'hydrophobie de la poudre choisie,

2) le taux de poudre hydrophobée à appliquer à l'émulsion, et,

3) la nature de la poudre choisie. Ainsi, en prenant l'exemple de la poudre de talc, hydrophobée selon la formule: 100 kg de talc + 2 kg de FeSÛ47H2θ en solution à 25 % + 0,2 kg d'oléine, on obtient une hydrophobie suffisante

pour que l'émulsion anionique de base devienne cationique, pour le très faible taux de 0,25 % de talc hydrophobe.

En maintenant constant le potentiel de l'hydrophobicité, obtenue par la formule ci-dessus et en faisant varier son taux dans l'émulsion, on observe une rupture de plus en plus mordante, en augmentant le taux de poudre hydrophobée Souvent le taux d'alcalinité de l'émulsion doit suivre en hausse, pour que, pendant l'opération de malaxage, il n'y ait pas de rupture prématurée

Comme la rupture est adhesive, pour des taux suffisants d'alcalinité, une formulation moyenne, convenant à tous les cas d'enrobage, est envisageable.

En faisant varier l'intensité de l'hydrophobie ou hydrophobicité, et en maintenant constant le taux de poudre hydrophobée dans l'émulsion, on observe, plus particulièrement pour une émulsion bitumineuse, un comportement semblable à celui d'une émulsion cationique, enrobant adhésivement des granulats acides.

Mais la spécificité de l'émulsion selon l'invention fait qu'elle enrobe et recouvre également adhésivement les minéraux basiques et autres supports, en produisant des enrobés normalement ouvrables et posables. Toutes les nuances de comportement peuvent être imaginées et créées, ce qui permet de s'attaquer à des problèmes précis, comme par exemple la création d'un enrobé à froid, à grains séparés, qui soit posable et cylindrable comme son homologue à chaud, ce qui ne paraissait pas possible à ce jour avec les bitumes visqueux de l'enrobage à chaud.

A partir d'un sable de carrière siliceux 0/2mm, contenant plus de 12 % de fines, on obtient facilement un enrobé à grains séparés, avec une émulsion issue d'un bitume acidifié, mis en émulsion par une eau contenant 0,3 % et plus de NaOH et enrichie d'une poudre de carbonate de calcium très finement broyée (blanc d'Espagne, par exemple), hydrophobée à sec suivant la formule. 100 kg de poudre + 5 kg de solution de sulfate de fer FeSθ47H2θ + 0,8 kg d'acide oléique. Le sable, à raison d'une tonne mélangée avec 1 50 kg

d'émulsion à 50 à 55 % de bitume, hydrophobée au taux de 1 % de poudre, s'enrobe parfaitement et adhésivement II peut y avoir, suivant l'origine du sable, sa composition granulaire etc. , une rupture trop rapide, consommée, pour ainsi dire, pendant les opérations d'enrobage. Dans cet état l'enrobé n'est pas cylindrable. Il faut, soit retarder la rupture de l'émulsion, sans mouiller davantage, soit obtenir la rupture dans le malaxeur Ce dernier point sera abordé plus loin dans le présent mémoire

Sachant qu'une alcalinité élevée, allant jusqu'à un P j ^ avoisinant 14, n'empêche pas la rupture, mais la ralentit seulement, la perspective d'obtenir un enrobé à grains séparés, posable et cylindrable comme son homologue à chaud, a fait son chemin en ce sens qu'une rupture retardée doit durer le temps de refroidissement pendant lequel un enrobé à chaud reste cylindrable, pour rester également compactable pendant cette période de rupture retardée

Ceci est réalisable, sans qu'on ait besoin de rendre l'émulsion plus alcaline, en ajoutant aux granulats secs ou peu humides, tournant dans le malaxeur-enrobeur, avant l'ajout de l'émulsion, une certains dose d'alcali sous une forme solide (qui, autrement, aurait dû être introduite dans l'émulsion) comme du carbonate de sodium Na2C03 par exemple. Il en résulte un enrobé à grains séparés, posable par les finisseurs et cylindrable avec les moyens adaptés, connus de l'homme du métier. Néanmoins un long transport le rendrait à nouveau non cylindrable, voire peu maniable. D'où, dans ce cas, la nécessité de fabriquer ces enrobés à proximité des chantiers, ce qui d'ailleurs, du point de vue économique du moins, peut être plus avantageux que de les prendre à poste fixe.

Cette façon de procéder présente toutefois des aléas en rapport avec les intempéries, que la rupture dans le malaxeur éviterait.

En effet, dans l'état actuel de l'enrobage à froid aux émulsions, tout en cherchant la rupture dans le malaxeur, on tourne la difficulté, en travaillant avec des bitumes moins visqueux que

ceux de la technique de l'enrobage à chaud, ce qui ne correspon pas à l'un des buts recherchés par l'invention

Pour que la rupture de l'émulsion soit envisageable dans l malaxeur et que l'ouvrabilité de l'enrobé devienne possible avec le bitumes visqueux de l'enrobage à chaud, un des moyens technique consiste à donner au bitume la consistance qu'il a sous la forme d son émulsion inverse WO (eau dans huile), qu'il s'agit de provoquer soit au cours du malaxage réalisant l'enrobage des supports, soi avant, sous une forme d'émulsion bitumineuse WO, qui rest maniable.

L'un des moyens connus consiste à dépasser la dose d stabilisation maximale en alcali de l'émulsion, préférentiellement e ajoutant cet excès sur les granulats tournant dans le malaxeur Ains le bitume devient phase extérieure d'une émulsion WO dont le gouttelettes d'eau émulsionnées dans le bitume rendent ce dernie malléable et de ce fait cylindrable.. D'ailleurs une grande partie d cette eau incluse dans le bitume en ressort assez rapidement pa synérèse. Le reste sort progressivement au cours d'un processu comparable à la phase de refroidissement de l'enrobé à chau homologue.

Un autre moyen simple et économique en vue de transforme une émulsion anionique OW (huile dans eau) en une émulsio inverse WO, consiste à introduire du NaCl soit avant ou aprè l'ajout de l'émulsion sur les supports ou granulats tournant dans l malaxeur en vue de leur enrobage, soit au cours de ce dernier. O obtient ainsi un bitume qui tient l'eau en émulsion, sous un viscosité apparente, inférieure à la réalité, ce qui rend les enrobé ainsi obtenus transportables et cylindrables, jusqu'à ce que sou l'effet de la synérèse, du compactage et de l'évaporation, le bitum soit restitué en sa viscosité originelle et cela sans avoir sub d'altération dommageable.

Ceci est un avantage appréciable par rapport à la surchauff nocive en enrobage à chaud et de l'emploi de solvants (cut-backs).

Ainsi le bitume aura subi des traitements bénéfiques pour la technique de l'enrobage à froid, sans altération de sa composition originelle, donc de ses qualités intrinsèques.

Comme le restant d'eau s'évacue par séchage naturel sous forme de vapeur, elle peut tout aussi bien avoir tendance à se condenser sur les surfaces revêtues de liant . Mais cela ne peut pas avoir pour effet de le décoller ou de produire son désalvéolement à cause de l'hydrophobation

Que ce soit en la recherche d'une rupture retardée par une émulsion anionique enrichie d'une poudre hydrophobée ou par son inversion en émulsion WO, les moyens utilisés par l'invention ne sortent pas du cadre d'une chimie simple, non polluante et de l'application des techniques décrites dans les demandes de brevets citées plus haut, traitant d'une technique hydrophobante plus restreinte

En résumé, le signe de la charge électrique du bitume, ou d'un composé similaire en suspension, d'une émulsion anionique étant négatif, celui de la charge de la poudre hydrophobée positif, il est facile, lors de sa mise en hydrophobie, de doser le potentiel de sa charge électrique pour qu'il soit notablement supérieur, en valeur absolue, à celui du bitume de l'émulsion.

On peut admettre que les deux charges de signes contraires s'attirent et que les grains microscopiques de la poudre hydrophobée sont appelés à rejoindre les globules en suspension de l'émulsion, ce qui entraîne une absorption et un effacement de la charge négative du bitume ou du composé similaire.

Les grains de la poudre hydrophobée forment une armature autour des globules de bitume ou du composé similaire, qui porte une charge positive, reliquat de la somme algébrique des deux charges électriques en présence.

Le phénomène d'adsorption ne détruit pas les émulsions, mais leur confère un autre statut, celui d'une émulsion stable, à effet

cationique, en milieu alcalin, possédant des propriétés d'enrobage et de recouvrement universel et polyvalent.

Cette émulsion selon l'invention présente vis-à-vis de granulats de nature quelconque, une réaction favorable d'enrobage à rupture adhesive. Ainsi, cette émulsion, à l'instar des matériaux hydrophobés connus par les brevets précités, ne fait pas non plus de distinction de nature de matériaux et enrobe adhésivement les matériaux basiques et acides.

En outre, grâce au procédé de préparation selon l'invention il est possible d'obtenir un type d'émulsion à pouvoir d'enrobage universel sans faire appel à de nouveaux produits chimiques

En effet, les poudres très finement divisées, hydrophobées à des potentiels de charge électrique positifs variables, ont été reconnues introductibles dans des émulsions anioniques, sans les casser, créant ainsi un type nouveau d'émulsion qui, d'une manière générale, enrobe adhésivement tous les supports, qu'ils soient chargés d'une électricité positive ou négative

En effet, l'acte physique que constitue l'introduction de poudre(s) ou de pigments hydrophobés dans une émulsion, permet de faire l'impasse sur toute nouvelle chimie à intervenir pour orienter les effets de la rencontre de charges électriques à l'interface du liant et du support à couvrir.

Par la technique de mise en hydrophobicité de poudres impalpables, introductibles dans des émulsions, telle que décrite dans la présente demande, une manière nouvelle de concevoir des émulsions est présentée, dont l'application systématique dans le domaine général de la technique de la fabrication des émulsions, est devenue possible.

Bien que dans le présent mémoire il est fait référence plus particulièrement à des émulsions bitumineuses pour décrire les caractéristiques, la mise en oeuvre et l'application de l'invention, d'autres domaines d'application et de mise en oeuvre sont envisageables, tels que par exemple les peintures.

Il est en effet connu par: "Chimie et Technologie des Agents Tensio-actifs" de A. M SCHWARTZ et J. W PERRY, Dunod 1 955 , page 490, que dans la préparation des pulpes aqueuses de pigments, ainsi que dans le broyage de ces pigments devant être dispersés dans l'eau, on utilise souvent des agents tensio-actifs, et que les agents dispersants et mouillants, utilisés dans les peintures et les laques, sont généralement insolubles dans l'eau . Ils peuvent donc être hydrophobés.

Il est certain qu'en hydrophobant ces pigments de manière à obtenir des grains de pigments sous forme de grains hydrophobés et chargés positivement, le comportement des peintures ou laques, serait modifié, les rendant plus adhésives et universellement couvrantes.

La mise en hydrophobie de tels pigments, obtenus par broyage ne pose pas de problème. Les services qu'ils peuvent rendre dans l'opération d'embouage restent à explorer.

Il est également raisonnable de supposer que ces pigments hydrophobés, utilisés comme charges, jouent le même rôle améliorant dans les peintures et les laques, que les poudres hydrophobées dans les émulsions de bitume par exemple (voir ci- dessus), notamment dans l'enrobage de supports non hydrophobés, tels que décrits précédemment.

Non hydrophobés, les pigments font fonction de charges quasi inertes. Hydrophobés, ils activent le mouillage et l'adhésivité des surfaces à revêtir. Leur dynamique, dosable, qu'une adhésivité universelle accompagne - notamment sous leur forme "émulsion" - est susceptible de modifier leur statut de peinture ordinaire en spécialité plus performante.

La présente invention concerne également les enrobés aux émulsions pouvant être obtenus au moyen des émulsions décrites ci- dessus, en particulier un enrobé à froid obtenu par application de l'émulsion bitumineuse décrite précédemment sur des granulats ou des supports analogues, traités ou non .

En vue de rendre un tel enrobé transportable et cylindrable, on peut avantageusement utiliser une émulsion bitumineuse d'enrobage sous forme d'émulsion inverse du type WO, obtenue avant ou pendant l'enrobage, tel que décrit précédemment. En variante, l'enrobé obtenu peut être réchauffé avant sa manipulation ou sa mise en oeuvre et être porté à une température d'environ 1 10° C .

Ainsi un enrobé à l'émulsion selon l'invention, à base d'un bitume visqueux, peut être rendu transportable et cylindrable en le réchauffant à environ 1 1 0°C, éventuellement dans le tambour sécheur d'un poste d'enrobage à chaud, sans utiliser ni la tour de reconstitution du squelette granulaire, de pesage et d'enrobage, ni le dépoussiéreur, ces installations n'étant plus nécessaires et pouvant donc être supprimées. Grâce à l'invention, il est donc possible d'obtenir notamment une émulsion polyvalente d'un nouveau type à comportement cationique et à pouvoir d'enrobage universel, obtenue par l'introduction de grains ou de pigments hydrophobés de très faible granulométrie (très finement divisés) et en faible quantité dans une émulsion anionique, sans modifier sa consistance liquide. On réalise ainsi un transfert des propriétés d'hydrophobicité des supports solides que constituent les grains et pigments précités, vers les globules de l'émulsion en conférant ainsi à cette dernière les qualités mentionnées ci-dessus, la poudre hydrophobée ne constituant qu'un agent de transfert et d'introduction desdites propriétés à ladite émulsion.

L'utilisation des poudres hydrophobées et des émulsions décrites ci-dessus, ou de granulats hydrophobés décrits dans la demande de brevet français 2 686 81 1 , permet également de simplifier de manière importante la structure des installations de production d'enrobés.

Ainsi, la figure 1 des dessins annexés montre, à titre d'exemple, la constitution classique d'une installation d'enrobage à chaud.

Cette dernière comprend notamment - une tour de recriblage 1 avec ses silos, son système de pesage des fractions de granulats ensilées séparément, son installaltion de dosage de bitume chaud, son malaxeur et son système d'évacuation de l'enrobé chaud vers les moyens de transport ou les silos de stockage. - un complexe de dépoussiérage 2

- un élévateur 3 des granulats chauds vers les système de tamisage à chaud.

- un tambour sécheur 4.

- des silos doseurs 5 des fractions granulaires à partir des granulats froids de différentes granulométries.

- des silos de stockage 6 de l'enrobé chaud

Or, grâce à la technique d'enrobage à froid, utilisant notamment les émulsions précitées, le dispositif de production et de pose d'enrobés bitumineux n'est plus constitué que par des silos doseurs 5 contenant les granulats à enrober, hydrophobés ou non et présentant des granulométries différentes, par un silo de stockage temporaire 7 alimenté par les silos doseurs 5 avec un mélange de granulats déterminé en fonction d'une formulation granulaire donnée, par une balance 8 recevant les charges successives du silo 7, par au moins un malaxeur 9 alimenté par la balance 8 et par une pompe doseuse 10 reliée à un récipient de stockage de l'émulsion anionique bitumineuse, mélangée ou non avec une poudre hydrophobée, ce, en fonction de la nature des granulats et/ou de la présence ou non de poudre hydrophobée dans ces derniers, et, par une goulotte de déversement 1 1 déversant les enrobés dans le contenant d'un moyen de transport 12 (Figure 2).

Ainsi, l'enrobage à froid permet de supprimer la tour de recriblage 1 et ses accessoires, le complexe de dépoussiérage 2, l'élévateur 3, le tambour sécheur 4 et les silos de stockage 6

Dans le cas où des granulats hydrophobés sont utilisés, le liant fluide pourra être quelconque (Voir à ce sujet la description du dépôt FR 2 686 81 1 )

En vue d'offrir la possibilité de produire soit de l'enrobé à froid, soit de l'enrobé à chaud, dans une même installation, l'invention propose également un dispositif de production et de pose d'enrobés bitumineux, permettant notamment la mise en oeuvre du procédé d'enrobage précité, comportant des moyens d'alimentation sélective en granulats hydrophobés et non hydrophobés, en émulsion anionique bitumineuse et en émulsion anionique bitumineuse additionnée de poudre hydrophobée, à partir de contenants de stockage 5, 5', 5, 14, 14', 1 5, 1 5' correspondants, au moins un moyen de malaxage 4;9 réalisant l'enrobage, suivi de ou combiné avec un moyen de réchauffage 4 des enrobés, et des moyens 1 3 , 6 d'acheminement et de déversement des enrobés, chauffés ou non, dans le contenant d'un moyen de transport 12 (Fig. 3, 3A et 4 des dessins annexés .

Dans les variantes de réalisation représentées aux figures 3 et 3A, le dispositif ou l'installation de production et de pose d'enrobés à froid est sensiblement identique à celui de la figure 2 et la fabrication de l'enrobé à froid reste inchangée, exceptée pour la goulotte 1 1 qui devient une goulotte orientable 13. Cette dernière peut prendre, par rotation, les deux positions nécessaires pour débiter l'enrobé à froid, soit directement dans le contenant d'un moyen de transport 12, soit dans un réchauffeur, figuré ici par le tambour sécheur 4 d'un poste d'enrobage à chaud. Ainsi, l'enrobé à froid est obtenu dans un moyen de malaxage

9 placé en tête du moyen de réchauffage 4, auquel il est relié par une goulotte orientable 13 qui, dans une première position, déverse l'enrobé à froid dans le moyen de réchauffage 4 et, dans une seconde

position, déverse l'enrobé à froid dans le contenant d'un moyen de transport 12.

L'enrobé chemine dans le réchauffeur et transite, soit vers un moyen de transport 1 2, soit dans les silos de stockage 6, les mêmes par exemple que ceux de l'enrobage à chaud.

Ce compromis a le privilège de réunir sur lui les avantages de l'enrobage à froid aux émulsions en captant ceux acquis par la technique presque centenaire de la technique à chaud.

Il est jugé avantageux, aux moins dans un premier temps, de lier l'enrobage à froid intégral (figure 2) à un enrobage à chaud simplifié figures 3 et 3 A) pour les raisons suivantes: a) On évite les limites assez étroites qu'impose une rupture contrôlée qui serait nécessaire pour s'assurer des délais suffisants pour le transport et la mise en oeuvre de l'enrobé. b) On gagne l'usage, jusqu'à amortissement complet, de tout le matériel de transport et de mise en place qui sert actuellement en enrobage à chaud classique c) Les dispositifs des figures 3 et 3A permettent, au choix, de faire de l'enrobé à froid intégral, selon la figure 2, en déconnectant le réchauffeur, ce qui permet, aux heures creuses, des mises au point à part du chaud, selon les figures 3 et 3A.

Ce compromis élève les procédés d'enrobage bitumineux à un degré de généralisation encore jamais atteint.

Le bon usage de l'émulsion précitée selon l'invention permet, en effet, la suppression de toute pollution et met en lumière une simplification spectaculaire du poste d'enrobage à chaud classique, parce que l'enrobé à froid, terminé dans un simple malaxeur, baignant dans son eau de rupture de l'émulsion et dans celle apportée par les granulats de leurs aires de stockage, n'a plus besoin d'être asséchée, mais simplement d'être réchauffée avec l'enrobé, à une température minimum de mise en oeuvre.

De ce fait, en utilisant par exemple comme réchauffeur le tambour sécheur 4 d'un poste d'enrobage à chaud classique (figures

3 et 3 A), on n'aura plus de poussière à gérer ni de formule reconstituer, tout en jouissant du confort des délais de transport e de mise en oeuvre bien connus de l'enrobage à chaud. En plus, i reste le grand avantage de pouvoir utiliser et amortir le parc d transport et de pose des enrobés.

Par voie de conséquence, l'invention a également pour obje tout procédé qui, à partir d'un quelconque enrobé à froid, à base d bitumes visqueux, tels qu'ils sont employés en enrobage à chaud pa exemple, permet d'obtenir, par un réchauffage non séchant, u enrobé chaud ouvrable et sa pose aux environs de 100°C

Un tambour réchauffeur 4 mieux adapté à ce procédé comporte en lieu et place des dispositifs de brassage habituels, u tube d'usure et d'isolation 16, par exemple en acier et présentan une surface interne lisse, dont le diamètre est légèrement inférieu au diamètre intérieur du tambour sécheur 4.

Le tube 16 est d'un diamètre tel qu'il laisse quelque millimètres de vide entre le tambour proprement dit et ce tub d'usure et d'isolation, ce dernier étant en outre facile à remplacer.

Outre une meilleure concentration de la chaleur rayonnant sur le produit à réchauffer, récupérée par ce dispositif isolant, l tambour ne pourra pas s'encrasser et les matériaux en cours d réchauffage glissent vers la sortie, en étant animés d'un mouvemen de balancement rythmé qui, à chaque instant, modifie l'orientatio de chaque granulat devant la flamme. Ce fait et la présenc simultanée d'eau et de bitume, évitent tout effet nuisible de l flamme sur le bitume. Un rideau de protection serait une précautio inutile.

Mais le moyen le plus rationnel de réchauffement consiste e l'emploi de micro-ondes, qui éliminent complètement toute pollutio par le CO2, déjà notablement abaissée par l'invention.

Conformément à un mode de réalisation avantageux d l'invention, aboutissant à une structure plus compacte du dispositi de production, il peut être prévu que les moyens de malaxage et d

réchauffement sont regroupés en un unique tambour malaxeur chauffant 4 qui, dans sa partie amont, dans la zone d'admission des granulats et de l'émulsion, réalise l'enrobage avec rupture complète et qui, dans sa partie aval, délivre un enrobé à une température donnée, notamment supérieure à environ 100°C, après réchauffement progressif de l'enrobé au cours de son transfert dans ledit tambour 4 (Figure 4)

Devenu plus compact ce poste ou dispositif d'enrobage est aussi devenu plus performant, mais surtout plus propre et plus économique.

A partir d'un exemple d'enrobage à froid, suivi d'un réchauffement de 1 00°C, un bilan de l'énergie qu'on aurait à dépenser à cause de la présence d'eau, en comparant avec un enrobage à chaud classique et le nouvel enrobage à chaud devenu possible par l'invention, permet d'apprécier l'économie d'énergie de ce nouveau procédé d'enrobage à chaud.

A cet effet, si l'on admet qu'une tonne de granulats non traités apporte 40 litres d'eau à un enrobage à chaud classique Pour l'éliminer il faut l'évaporer, ce qui nécessite, en chiffres ronds, 40 x 600 = 24 600 kcal Pour la même tonne de granulats, enrobés d'abord à froid suivant l'invention, on peut admettre qu'elle apporte 80 litres d'eau au réchauffeur dont l'élévation de température de 100°C consommerait environ 80 x 100 = 8000 kcal, donc seulement le tiers de celle consommée pour l'enrobage à chaud classique. Cette économie d'énergie appréciable est accompagnée d'une dépollution complète par rapport à la poussière, d'une inhibition de la ségrégation et d'une simplification de l'appareillage ci-dessus évoquée.

De plus, moins de CO2 est expulsé dans l'environnement . En outre, par des dispositifs simples placés sur le chemin de transfert de l'enrobé froid vers le réchauffeur, on peut éliminer une grande partie de cette eau, ce qui donne un bilan encore plus favorable.

Cette nouvelle approche de l'enrobage à chaud permet non seulement de rendre cette technique non polluante, mais de simplifier massivement les dispositifs actuels et de conserver le parc d'engins de transport et de chantier qui existe et qui accompagne normalement l'enrobage à chaud classique.

Par ailleurs, ce nouveau procédé d'enrobage peut également être considéré comme étant un perfectionnement des différentes techniques d'enrobage à froid, du fait de la suppression du contrôle délicat de la rupture. II y a donc un enrichissement mutuel, à la fois pour la technique de l'enrobage à chaud lorsqu'on lui applique les avantages de l'enrobage à froid et pour l'enrobage dit "à froid" lorsqu'on lui applique les avantages de l'enrobage à chaud

Conçu par exemple en poste compact mobile, la station ou le dispositif d'enrobage à double effet qui résulte des considérations précédentes, se substitue entièrement au poste d'enrobage à chaud classique actuel, mais peut rendre à l'enrobage à froid cet immense service, de supprimer la phase délicate de la rupture contrôlée de l'enrobé à froid, en le réchauffant. Jusqu'à ce que les inconvénients qui hypothèquent l'enrobage à froid dans sa phase finale de transport et de pose soient surmontés dans la pratique, on pourrait lui appliquer le réchauffage, selon le procédé d'enrobage précité.

Dès qu'on aura trouvé pour l'enrobage à froid intégral la même sécurisation que donne l'enrobage à chaud, on pourra déconnecter le réchauffeur et faire du froid intégral, sans avoir besoin de changer de poste d'enrobage, qui, en cas de difficultés, peut immédiatement prendre le relais par le chaud.

Il convient également de noter que l'enrobé transitant dans le tube d'isolation et d'usure 16 n'est plus soulevé dans la flamme et avance par un mouvement pendulaire rythmé vers la sortie du tambour 4, non sans que les particules de cet enrobé soient en constant mouvement de retournement et de nettoyage automatique,

n'offrant plus de position de repos devant la flamme, ce qui serait susceptible de surchauffer le liant bitumineux

On obtient ainsi pour l'enrobage à froid, comme pour l'enrobage à chaud, une fabrication en continu qui supprime les appareils de pesée et de mélanges préliminaires figurant sur les figures 2, 3 et 3 A.

La figure 4 des dessins annexés représente un exemple d'une de ces dispositions possibles. La formulation granulaire est composée par les silos-doseurs 5 et les silos à filler ordinaire 1 4, tandis que le silo 14' peut contenir une poudre hydrophobée. Les cuves à émulsion 1 5 et 1 5' peuvent contenir, l'une une émulsion anionique simple et l'autre la même émulsion, mais rendue polyvalente par l'introduction d'une poudre hydrophobée. Le tambour malaxeur 4 est muni du tube d'isolation et d'usure 1 6. La fabrication de l'enrobé à froid comme celui de l'enrobé à chaud se font en continu, brûleur non allumé pour l'enrobage à froid et brûleur allumé pour l'enrobage à chaud . Dans ce dernier cas le brûleur est réglé pour que la température de sortie de l'enrobé atteigne ou dépasse les 100°C, sans pousser à l'élimination de l'eau par évaporation.

Deux possibilités s'offrent à l'entrepreneur soit il travaille à l'émulsion anionique simple, issue du bac 1 5 et avec la poudre hydrophobée qui vient du silo 14', soit à l'émulsion polyvalente issue du bac 1 5'. L'enrobage continu à froid est malaxé par le tambour d'où il sort en l'état, soit de rupture retardée, adapté à la distance de transport, de pose et de compactage, soit de rupture complète avec la forme d'émulsion WO.

L'enrobage à chaud se déroule de la même manière, mais brûleur allumé, avec l'avantage que la rupture complète est accélérée par la chaleur, sans qu'on ait besoin de pousser jusqu'à la vaporisation de l'eau.

L'enrobé à chaud peut être chargé directement sur un moyen de transport 12 ou mis en attente dans des silos

Il est toutefois rappelé que les procédés d'hydrophobation peuvent, d'une autre manière, c'est-à-dire sans recourir au réchauffement, assurer un enrobage à froid intégral performant qui devient pratiquement indépendant des distances de transport

En effet, n'importe quelle formulation granulaire - aussi filléreuse soit-elle - peut être enrobée par une émulsion anionique surstabilisée ou stabilisée à point, par des alcalis, dont le carbonate de soude Na2C03 est le plus approprié En stabilisant au maximum pour un taux de poudre hydrophobée donné, la rupture peut être tellement retardée, qu'il faut intervenir par un moyen approprié pour la provoquer Ce moyen consiste en un produit à ajouter au moment de la pose du coulis ou de l'enrobé. Ainsi des coulis et des enrobés peuvent être transportés à n'importe quelle distance et supporter n'importe quels temps d'attente. Au moment de leur pose, un produit capable de provoquer et de moduler la rupture est ajouté

Les meilleurs vecteurs de rupture sont les précipitants de l'émulsifiant anionique, ce dernier étant généralement ajouté au bitume par les raffineries pour augmenter l'indice d'acide des bitumes Le sulfate de magnésium MgSθ4 est avantageusement employé comme sel de rupture II a l'avantage de pouvoir être ajouté sous forme de sel ou en solution aqueuse, sans que sa réaction de rupture ne détruise les effets d'hydrophobation qui continuent d'agir en produisant un enrobage adhésif et recouvrant

Cette faculté de transport à de grandes distances avec possibilité de temps d'attente illimités et le choix du moment de la rupture de l'émulsion, sont des avantages certains par rapport aux possibilités de l'enrobage à chaud qu'on ne peut finalement manipuler que durant un temps de refroidissement limité Mais en même temps on perd l'avantage de l'utilisation des moyens de transport, de pose, etc. et des matériels de l'enrobage à chaud

En effet, sous les vibrations lors du transport d'enrobés à froid dont l'émulsion n'est pas rompue, il y a risque d'écoulement de l'émulsion sur la chaussée et par conséquent une modification de la formulation. De plus, la manipulation de tels enrobés devient salissante.

Donc leur pose réclame d'autres appareils que des camions ouverts, des finisseurs, etc. nécessaires pour les enrobés à chaud.

L'entrepreneur qui ne veut faire que l'enrobage à froid intégral, devra soit inverser l'émulsion OW en une émulsion WO, suffisamment stable pour supporter le transport et le transbordement, soit changer de technique et organiser le transport en cuves rotatives, à l'instar du transport des bétons de ciment .

Ce dernier moyen de transport résout le mieux ces problèmes et permet de conserver complètement l'avantage d'une fabrication d'enrobés non liée à une distance de transport et avec des temps d'attente illimités, en conservant l'avantage de la décision du moment de rupture de l'émulsion.

Ces transporteurs peuvent déverser directement leur contenu sur l'aire à revêtir, soit sous forme de coulis ou d'enrobés, ces derniers étant profilés et compactés comme les bétons de ciment. Le moyen de rupture est introduit dans la coulée de l'enrobé sur la rampe de déchargement de la cuve ou bien - notamment en ce qui concerne les coulis - répandu sur les aires à couvrir, juste avant la pose. Conformément à une caractéristique supplémentaire de l'invention, représenté à la figure 5 des dessins annexés, le moyen de transport 12 est pourvu d'une unité de déversement et d'épandage à portée réglable comprenant une pompe à béton 1 8, cette dernière étant asservie à un appareil de projection 1 9 du vecteur de rupture et d'adhésivité, qui assure à tout moment un débit proportionnel à celui de la pompe à béton. Le débit de l'appareil de projection du vecteur de rupture et d'adhésion est avantageusement réglable en vue d'une vitesse de rupture modulable par la variation du rapport

de ces débits, cet asservissement, électroniquement contrôlé, assurant également, qu'à chaque commencement de débit de la pompe à béton, l'appareil de projection du vecteur de rupture et d'adhésion ait débité un jet inutile sur le sol. Parmi les vecteurs de rupture, donnés en exemples dans les dépôts de brevets précités, on distingue préférentiellement le sulfate de magnésium MgSθ4 qui forme un sel insoluble avec l'émulsifiant anionique jusqu'à agir en agent d'inversion de l'émulsion

Le sulfite de sodium Na2S03 alcalin, par exemple, est non précipitant pour l'émulsifiant anionique. Il permet de provoquer et de moduler la rupture d'une autre manière efficace

Les risques d'engorgement de la pompe 14 sont évités du fait que le vecteur de rupture est pulvérisé sur la coulée de l'enrobé seulement après sa sortie du tuyau de refoulement de la pompe 14 sur l'aire à revêtir où il sera profilé, donc remué, suivant les procédés en usage pour les bétons de ciment

Cet asservissement est assorti de la condition, électroniquement réalisée, que la pompe à béton 1 8 ne pourra commencer à débiter que lorsque la pompe 1 9 aura projeté son premier jet inutile sur le sol. De cette manière on a l'assurance que le vecteur de rupture aura saisi toute la masse de l'enrobé

Pour donner une idée de l'ordre de grandeur des débits en cas d'utilisation de sulfate de magnésium MgSθ4 comme vecteur de rupture, sous forme de sa solution aqueuse à 25% par exemple, la quantité nécessaire pour une rupture rapide à très rapide, est de l'ordre de 0,4% par rapport au poids de l'enrobé. Pour une pose de 100 tonnes d'enrobés, il faut donc environ 300 litres de cette solution qui sera finement pulvérisée.

La vitesse de rupture peut être modulée par la variation du débit de la solution de MgSÛ4 au moyen d'un robinet taré monté sur la conduite de refoulement de la pompe 19, à portée de la main de l'opérateur.

Pour les coulis et les revêtements minces l'épandage du vecteur de rupture sur les surfaces à revêtir, juste avant l'épandage, est une possibilité qui peut rendre des services.

Nous avons observé que le mélange d'une solution aqueuse de sulfate de magnésium MgSθ4 avec une poudre hydrophobée donne lieu à un liquide laiteux assez homogène qui ne décante que lentement, ce qui n'est pas le cas d'un mélange de sulfite de sodium

Na2S03 avec une poudre hydrophobée. Dans ce dernier cas les produits ne s'acceptent pas et restent nettement séparés L'observation de l'évolution d'un enrobé produit avec une émulsion anionique surstabilisée aux alcalis dont la rupture, sans l'intervention d'un vecteur spécial n'aurait jamais lieu, fait penser que le vecteur de rupture MgSθ4, associé à une poudre hydrophobée, sous forme d'un liquide laiteux, serait capable d'apporter à l'enrobé à la fois adhésion, recouvrement et rupture simultanément, avec modulations possibles, par l'addition à taux variable de cette combinaison MgSθ4/poudre hydrophobée à l'enrobé au moment de sa pose.

C'est ce que les essais de laboratoire confirment comme possible et avantageux.

Un bon rapport de mélange MgSÛ4 solution 25%/poudre hydrophobée est de 10 : 1 . Ici encore toutes les modulations sont possibles, et il est possible de travailler uniquement avec l'émulsion anionique la plus simple, surstabilisée aux alcalis et la combinaison MgSθ4/poudre hydrophobée en solution aqueuse ou sous forme solide.

C'est une généralisation plus souple, allant encore plus loin en efficacité que procure l'émulsion polyvalente et qui représente une bonne solution pour les enrobés mis en place à l'aide de pompes à béton.

Ainsi l'entrepreneur reste complètement maître de l'avancement de ses chantiers puisque la pose de l'enrobé et la rupture de l'émulsion peuvent attendre son bon vouloir, ce qui est

un avantage considérable sur l'enrobé à chaud qui subit un refroidissement progressif qui limite son emploi

Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes de réalisation décrits. Des modifications restent possibles, notamment du point de vue de la constitution des divers éléments, ou par substitution d'équivalents techniques, sans sortir pour autant du domaine de protection de l'invention.