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Title:
METHOD FOR EVALUATING FOULING OF A HEAT EXCHANGER
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/2019/115948
Kind Code:
A1
Abstract:
The invention relates to a method for evaluating fouling in the passages of a spacer plate (10) of a tubular heat exchanger (11) in which first, second and third pressure sensors (31, 32, 33) are arranged, the method comprising the following steps: (a) during a temporary operation phase of the heat exchanger, determining a value, as a function of the wide range level (NGL) time, on the basis of measurements taken by the first and third pressure sensors (31, 33), and determining a value, as a function of the narrow range level (NGE) time, on the basis of measurements taken by the second and third pressure sensors (31, 33); (b) determining a value, as a function of the steam range level deviation time, ΔNGV, corresponding to the NGL from which a component representing a variation in the free water surface in the heat exchanger has been filtered out, on the basis of the NGL and NGE values; (c) comparing the thus determined ΔNGV value with a set of reference profiles ΔNGVi for this temporary operation phase of the heat exchanger, each reference profile ΔNGVi being associated with a fouling level, so as to identify a target reference profile ΔNGVopt among the ΔNGVi reference profiles for the temporary operating phase of the heat exchanger which is the closest to the determined ΔNGV value; (d) rendering on an interface (3) the fouling level associated with the identified target reference profile ΔNGVopt.

Inventors:
VASSEUR, Julien (89 rue Le Corbusier, AMIENS, 80090, FR)
SCHWARTZ, Aurélien (23 rue des Charmilles, THISE, 25220, FR)
PINEAU, David (1 rue du Chiron, VERTOU, 44120, FR)
Application Number:
FR2018/053247
Publication Date:
June 20, 2019
Filing Date:
December 13, 2018
Export Citation:
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Assignee:
ELECTRICITE DE FRANCE (22-30, avenue de Wagram, PARIS, 75008, FR)
International Classes:
F28G15/00; F22B37/00
Foreign References:
EP3087444A22016-11-02
FR2993090A12014-01-10
FR3044157A12017-05-26
Other References:
S. GIRARD: "Diagnostic du colmatage des générateurs de vapeur à l'aide de modèles physiques et statistiques", THÈSE DE L'ECOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DES MINES DE PARIS, December 2012 (2012-12-01)
Attorney, Agent or Firm:
REGIMBEAU (20 rue de Chazelles, PARIS CEDEX 17, PARIS CEDEX 17, 75847, FR)
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Claims:
Revendications

1. Procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque entretoise (10) d’un échangeur thermique à tubes (11 ), lesdits passages (12a, 12b) étant ménagés le long des tubes (11 ) pour la traversée de la plaque entretoise (10) par un fluide, dans lequel

- un premier capteur de pression (31 ) est disposé à une altitude basse de l’échangeur thermique ;

- un deuxième capteur de pression (32) est disposé à une altitude moyenne de l’échangeur thermique ;

- un troisième capteur de pression (33) est disposé à une altitude haute de l’échangeur thermique ;

Le procédé comprenant la mise en œuvre par une unité de traitement de données (1 ) d’étapes de :

(a) pendant une phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, détermination d’une valeur en fonction du temps de Niveau de Gamme Large, NGL, à partir des mesures des premier et troisième capteurs de pression (31 , 33), et d’une valeur en fonction du temps de Niveau de Gamme Etroite, NGE, à partir des mesures des deuxième et troisième capteurs de pression (31 , 33) ;

(b) détermination d’une valeur en fonction du temps d’écart de Niveau de Gamme Vapeur, ANGV, l’écart de Niveau de Gamme Vapeur correspondant au Niveau de Gamme Large dont on a filtré une composante représentative d’une variation de surface libre d’eau dans l’échangeur thermique, à partir des valeurs de NGL et NGE ;

(c) comparaison de la valeur de ANGV déterminée avec un ensemble de profils de référence ANGV pour ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, chaque profil de référence ANGV étant associé à un niveau de colmatage, de sorte à identifier un profil de référence cible ANGVopt parmi les profils de référence ANGV pour ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, qui est celui le plus proche de la valeur ANGV déterminée. (d) restitué sur une interface (3) du niveau de colmatage associé au profil de référence cible ANGVopt identifié.

2. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel l’échangeur thermique est un générateur de vapeur présentant une zone de chauffe (20) et une zone de vapeur (25) située à une altitude supérieure à la zone de chauffe (20), les tubes (11 ) s’étendant seulement dans la zone de chauffe (25).

3. Procédé selon la revendication 2, dans lequel le premier capteur de pression (31 ) est disposé sensiblement au bas de la zone de chauffe (20), le deuxième capteur (32) est disposé sensiblement en haut de la zone de chauffe (20), et le troisième échangeur (33) est disposé sensiblement en haut de la zone de vapeur (25).

4. Procédé selon l’une des revendications 1 à 3, dans lequel la valeur en fonction du temps de ANGV est déterminée à partir des valeurs de NGL et NGE par la formule ANGV=NGL-NGE.

5. Procédé selon l’une des revendication 1 à 4, dans lequel le niveau de colmatage est un taux de colmatage exprimé entre 0 et 1.

6. Procédé selon l’une des revendication 1 à 5, comprenant une étape préalable (aO) de génération dudit ensemble de profils de référence ANGV, pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique.

7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel l’étape (aO) comprend la mise en œuvre des étapes (a) et (b) pour un échangeur thermique de référence similaire audit échangeur thermique pendant au moins deux occurrences de ladite phase de fonctionnement transitoire respectivement associées à un premier niveau de colmatage connu et un deuxième niveau de colmatage connu supérieur au premier niveau de colmatage, de sorte à obtenir un premier profil de référence ANG VNiveaufaible pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour le premier niveau de colmatage et un deuxième profil de référence ANGVNiveaUfort pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour le premier niveau de colmatage, les autres profils de référence ANGVi pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique étant calculés à partir des premier et deuxième profils ANGVNiveau ble et ANG\IpjiveaUfaible .

8. Procédé selon les revendications 5 et 7 en combinaison, dans lequel les autres profils de référence ANGV, sont calculés à partir des premier et deuxième profils de référence utilisant l

9. Procédé selon l’une des revendications 7 et 8, dans lequel, pour chaque niveau de colmatage considéré, l’étape (aO) comprend la mise en œuvre des étapes (a) et (b) pour ledit échangeur thermique de référence similaire audit échangeur thermique pendant au moins trois occurrences de ladite phase de fonctionnement transitoire associées audit niveau de colmatage, de sorte à obtenir au moins trois profils réels ANGVr pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour ledit niveau de colmatage, l’obtention du profil de référence ANGV, pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour ledit niveau de colmatage comprenant le calcul d’une moyenne des profils réels ANGVr puis d’une approximation de ladite moyenne par une fonction donnée.

10. Procédé selon la revendication 9, dans lequel la moyenne des profils réels ANGVr est approximée par un polynôme de degré trois.

1 1 . Equipement comprenant une unité de traitement de données (1 ) connectée à un premier capteur de pression (31 ), un deuxième capteur de pression (32) et un troisième capteur de pression (33), configuré pour la mise en œuvre du procédé selon l’une des revendications 1 à 10.

12. Ensemble d’un équipement selon la revendication 11 et d’un échangeur thermique à tubes (11 ), dans lequel

- le premier capteur de pression (31 ) est disposé à une altitude basse de l’échangeur thermique ;

- le deuxième capteur de pression (32) est disposé à une altitude moyenne de l’échangeur thermique ;

- le troisième capteur de pression (33) est disposé à une altitude haute de l’échangeur thermique. 13. Produit programme d'ordinateur comprenant des instructions de code de programme pour l'exécution des étapes du procédé selon l'une quelconque des revendications 1 à 10, lorsque ledit programme est exécuté sur un ordinateur.

Description:
PROCEDE D'EVALUATION DU COLMATAGE D’UN ECHANGEUR THERMIQUE

DOMAINE TECHNIQUE ET CONTEXTE DE L'INVENTION

La présente invention se rapporte d'une façon générale au domaine de l’inspection des tubes d’un échangeur de chaleur à tubes. Plus précisément, l'invention concerne un procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque entretoise d’un échangeur thermique à tubes, lesdits passages étant ménagés le long des tubes et servant à la circulation d'un fluide dans ledit échangeur thermique à travers ladite plaque.

Un générateur de vapeur est généralement composé d’un faisceau de tubes dans lesquels circule le fluide chaud, et autour desquels circule le fluide à chauffer. Par exemple, dans le cas d’un générateur de vapeur d’une centrale nucléaire de type REP, les générateurs de vapeur sont des échangeurs de chaleur qui utilisent l’énergie du circuit primaire issue de la réaction nucléaire pour transformer l’eau du circuit secondaire en vapeur qui alimentera la turbine et ainsi à produire de l’électricité.

Le générateur de vapeur amène le fluide secondaire d’un état d’eau liquide à l’état de vapeur juste en limite de saturation, en utilisant la chaleur de l’eau primaire. Celle-ci circule dans des tubes autour desquels circule l’eau secondaire. La sortie du générateur de vapeur est le point le plus haut en température et pression du circuit secondaire.

La surface d’échange, séparant physiquement les deux circuits, est ainsi constituée d’un faisceau tubulaire, composé de 3500 à 5600 tubes, selon le modèle, dans lesquels circule l’eau primaire portée à haute température (320°C) et haute pression (155bars).

Les figures 1a-1b représentent un exemple de générateur de vapeur respectivement en perspective déchirée et en coupe. Il est divisé en deux parties : un corps de chauffe 20 (appelé « riser » en anglais) exclusivement au sein duquel circule l’eau du circuit primaire (d’une entrée 14 vers une sortie 15), et une zone de vapeur 25 (appelée dôme) remplie de vapeur d’eau générée. L’eau liquide du circuit secondaire entre par une entrée 21 au sommet de la zone de chauffe 20. Ainsi configuré, l'échange thermique entre le circuit primaire et le circuit secondaire se fait au sein de la zone de chauffe 20 à travers une pluralité de tubes 11 en « U inversé ». Lesdits tubes 11 sont maintenus en place par des plaques entretoises 10 immobilisées par des tirants fixés en partie basse du générateur de vapeur.

Les modèles de générateurs de vapeur comptent généralement huit ou neuf plaques entretoises 10, la hauteur globale de tels générateurs est de l’ordre d’une vingtaine de mètres.

L’eau du circuit secondaire suit d’abord un chemin descendant dans un espace annulaire 22 extérieur (appelé « downcomer » en anglais) définie par l’espace laissé entre l’enveloppe extérieure du générateur de vapeur et une enveloppe intérieure siège des échanges thermiques comprenant le faisceau de tubes 11.

On appelle jambe chaude, la moitié de la zone de chauffe 20 constituée des branches des tubes dans lesquels l’eau est ascendante (partie droite sur la figure 1 b), et jambe froide l’autre moitié constituée des branches des tubes dans lesquels l’eau est descendante et plus froide que celle de la jambe chaude (partie gauche de la figure 1 b). L’eau du circuit secondaire circulant dans la zone de chauffe 20 voit son titre vapeur augmenter au fur et à mesure de son ascendance.

La force motrice qui assure cette circulation ascendante de l’eau dans la zone de chauffe 20 résulte de la différence des masses volumiques entre la colonne d’eau descendante dans l’espace annulaire et celle ascendante à l’état diphasique dans la zone de chauffe 20. C’est un fonctionnement naturel en thermosiphon.

L’eau refroidie du circuit primaire quitte le générateur de vapeur par la sortie 15. La vapeur d’eau générée s’échappe par la sortie 23 du circuit secondaire au sommet de la zone de vapeur 25. Au sein de cette zone, une eau non évaporée est récupérée par un dispositif de récupération dits cadres sécheurs 24 et retombe dans le downcomer 22.

Pour revenir sur les tubes 11 du générateur de vapeur, ceux-ci sont comme expliqués maintenus par les plaques entretoises 10 disposées généralement perpendiculairement aux tubes qui les traversent. Afin de laisser passer le fluide ascendant qui se vaporise, les passages de ces plaques entretoises 10 sont foliés, c’est-à-dire que leur forme présente des lobes autour des tubes. Comme l’eau passe de l’état liquide à l’état vapeur, elle dépose toutes les matières qu’elle contenait (typiquement des oxydes). Si les dépôts de matière se font dans les lobes, ils diminuent le passage libre : c’est le colmatage, qui est donc l’obturation progressive, par des dépôts, des trous destinés au passage du mélange eau/vapeur.

La figure 2 illustre schématiquement une vue de dessus d’un passage folié dans une plaque entretoise 10, dans lequel passe un tube 11. Les lobes 12a et 12b permettent à l’eau de traverser la plaque entretoise 10 le long du tube 11 , permettant ainsi la circulation de l’eau dans le générateur de vapeur. Un dépôt 13 est visible au niveau du lobe 12b, colmatant ledit lobe 12b. Le dépôt peut se situer du côté du tube et/ou du côté de la plaque.

Le colmatage conduit à des modifications de l’écoulement de l’eau dans le générateur de vapeur, et ainsi favorise l’apparition de vibrations excessives des tubes, ainsi qu’induire des efforts mécaniques importants sur les structures internes des générateur de vapeur. Plus précisément, quatre risques causés par le colmatage ont été identifiés :

- Une perturbation du champ de vitesse peut engendrer des instabilités vibratoires mettant en danger l’intégrité des tubes 11 ;

- Lors d’un transitoire de puissance très rapide, des oscillations de pression et de température peuvent apparaître et se répercuter sur le cœur du réacteur nucléaire ;

- Une augmentation localisée du chargement des plaques entretoises 10 peut rompre les tirants qui les maintiennent en place ;

- Une diminution du taux de recirculation, et donc de la masse d’eau dans le générateur de vapeur peut compromettre sa capacité à extraire la chaleur résiduelle après une perte d’alimentation en eau.

Cette dégradation a donc des effets à la fois sur la sûreté et sur les performances des installations. Il est donc indispensable de bien connaître la nature et l’évolution de cette dégradation.

Afin de supprimer ces dépôts notamment d’oxydes créant des colmatages, il est bien connu de nettoyer les plaques entretoises par des procédés de nettoyage chimiques. Ces procédés consistent à injecter des réactifs chimiques dans le circuit secondaire des générateurs de vapeur afin de déstructurer et dissoudre ces dépôts.

Toutefois, la quantité de réactifs à injecter dépend de la quantité présente d'oxydes dans les générateurs de vapeur et conditionne la quantité d’effluents à traiter résultants de la campagne de nettoyage. Ces effluents sont une source complémentaire d’inconvénients que subit l’exploitant en raison de limitations imposées par les autorités. L’évaluation de la quantité des dépôts d’oxydes dans les générateurs de vapeur permet alors de déterminer de manière optimale la périodicité de telles campagnes de nettoyage.

Par conséquent, il est préalablement nécessaire de suivre de manière aussi fiable que possible la présence et l’évolution des dépôts qui colmatent les passages foliés. Cependant le défi principal du diagnostic du colmatage tient à la difficulté d’accès de l’intérieur des générateurs de vapeur et à l’absence de capteurs internes.

C’est pour cela que l’estimation de colmatage se fait lors des arrêts de tranche pour entretien, soit de façon télévisuelle (avec un robot muni d’une caméra), soit via une sonde axiale à courant de Foucault. C’est actuellement, le seul système d’examen non destructif qui soit capable d’accéder à la totalité des intersections tubes/plaques entretoises des générateurs de vapeur.

Les courants de Foucault apparaissent dans un matériau conducteur lorsque l'on fait varier le flux magnétique à proximité. On fait ainsi circuler dans un tube dudit échangeur une sonde à courant de Foucault multifréquence et on mesure avec celle-ci un signal de mesure fonction de l’environnement dans lequel la sonde se trouve, duquel on peut extraire des informations quant à des anomalies dans l’échangeur thermique.

Une variation de l’induction magnétique, typiquement par une bobine dans laquelle circule un courant alternatif, engendre des courants de Foucault, dont la variation induite du champ magnétique est détectée. Typiquement, on mesure la différence de tension engendrée par la variation d'impédance de la bobine.

L’exploitation des signaux de mesure de cette sonde à courant de Foucault n’induit pas d’allongement de l’arrêt du générateur de vapeur, puisque cette sonde à courant de Foucault est déjà utilisée lors des arrêts de tranche, notamment pour inspecter l’intégrité des tubes du générateur de vapeur. Cette sonde à courant de Foucault, initialement destinée à la détection d’endommagement des tubes, est également sensible au colmatage.

Cependant, ces méthodes ont l’inconvénient d’être intrusives, nécessitant une mobilisation de ressources matérielles et humaines pour leur réalisation. En effet, l’interprétation du signal de la sonde est actuellement réalisée manuellement par des opérateurs spécialisés, ce qui est très long, de l’ordre d’une semaine de traitement environ pour l’analyse d’un seul générateur de vapeur. De plus, l’intervention d’un opérateur pour relever des mesures à partir d’un logiciel d’analyse donne souvent lieu à un biais difficile à quantifier.

En outre, le signal de mesure n’est pas calibré et est bruité, de sorte que son exploitation peut se révéler difficile.

L'évaluation de l'aspect colmaté d'un passage folié par un opérateur à partir du signal de mesure est en outre très peu fiable, étant généralement effectuée empiriquement au vu du signal reçu et de sa comparaison avec d'autres signaux correspondant à d'autres passages dont l'état est connu, par exemple par inspection télévisuelle.

Partant de ce constat, il a été proposé une méthode dite « NGL dynamique » (voir en particulier le document « Diagnostic du colmatage des générateurs de vapeur à l’aide de modèles physiques et statistiques », S. Girard, Thèse de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris, Décembre 2012.) utilisant des capteurs destinés à la mesure de niveaux d’eau dans le générateur de vapeur.

Le terme de niveau d’eau ne s’applique au sens propre que dans le « réservoir », c’est-à-dire l’espace d’arrivée de l’eau du circuit secondaire, en haut du downcomer 22. En effet, la vapeur dans le riser 20 n’est pas séparée de l’eau liquide par une surface libre : le fluide qui y circule est un mélange dont le titre augmente progressivement.

Le niveau dans le réservoir est suivi et régulé par le système de contrôle- commande. Un niveau trop bas ferait courir le risque d’un début de vaporisation dans le cœur car l’extraction de chaleur par le générateur de vapeur serait insuffisante. À l’inverse, un niveau excessif entraînerait une humidité importante de la vapeur pouvant être dommageable aux turbines. Le niveau est estimé à partir de l’écart de pression entre deux piquages situés à des cotes différentes. La mesure est donc affectée, entre autres, par les variations de masse volumique du fluide. Elle est par ailleurs sensible aux pertes de charges parasites et à l’hétérogénéité de l’écoulement dans le downcomer 22.

En référence à la figure 3, des capteurs 31 , 32, 33 sont installés à trois hauteurs du générateur de vapeur. Le premier capteur 31 mesure la pression dans le circuit secondaire au bas du générateur de vapeur, i.e. dans le downcomer 22 au « virage » avant la remontée. Le deuxième capteur 32 mesure la pression dans le circuit secondaire au bas du réservoir (sommet du riser 20), i.e. environ au niveau de l’entrée d’eau. Le troisième capteur 33 mesure la pression dans le circuit secondaire au sommet du dôme 25 (sommet du générateur de vapeur, vers le point de sortie 23 de la vapeur).

Le « niveau gamme étroite » (NGE) est utilisé pour contrôler le débit d’eau issue du circuit secondaire. Il est déduit de la différence de pression entre le deuxième et le troisième capteurs 32, 33. Hormis lors de transitoires très rapides pouvant perturber la mesure, par exemple en cas de dépressurisation accidentelle, le niveau gamme étroite est maintenu constant.

Le « niveau gamme large » (NGL) est quant à lui déduit de la différence de pression entre le premier et le troisième capteurs 31 , 33. Il est par conséquent beaucoup plus sensible à la température et au débit de l’eau du circuit secondaire, ainsi qu’au taux de recirculation. Il n’est utilisé pour suivre le niveau que lors de régimes lentement variables, notamment comme aide à la conduite manuelle aux basses charges. Lors de transitoires plus rapides, la mesure de NGL n’est plus représentative du niveau car elle est trop affectée par la pression dynamique. C’est cet effet qui permet le diagnostic du colmatage.

En régime stationnaire de puissance, les débits sont constants. La présence d’un colmatage accroît la résistance de passage de l’eau dans le riser 20 car réduit la section de passage de l’eau, diminuant le débit de vapeur et conséquemment le débit dans la boucle de recirculation donc des pertes de charges dans le downcomer 22 augmentant la valeur de mesure NGL. Cette mesure donne une indication de tendance d’une présence de colmatage, et non une valeur absolue. Le document cité ci-avant a montré que pour apprécier la quantité de présence du colmatage, il était avantageux de procéder à des transitoires de puissance, c’est-dire en régime dynamique, car l’altération de la thermohydraulique du générateur de vapeur était encore plus contrastée selon qu’il y ait ou pas une présence de colmatage.

Le principe est alors de simuler la réponse du NGL en dynamique, à partir d’un modèle, lors d’un transitoire de puissance pour différents états de colmatage et de comparer les réponses des courbes obtenues avec les mesures enregistrées par les capteurs lors de transitoires réels réalisés selon des profils de baisse de puissance assez semblables.

De tels transitoires ont l’avantage de se produire par exemple au moment des essais de calibration des grappes de contrôle de la puissance du réacteur, essais au cours desquels il est procédé à la pesée du pouvoir neutrophage des dites grappes, c’est-à-dire du pouvoir d’absorption des neutrons à l’origine des réactions fissions nucléaires dans le cœur du réacteur.

Cette pesée est réalisée selon un protocole d’essai standardisé où les grappes sont insérées progressivement dans le cœur du réacteur de sorte à faire baisser la puissance selon un profil préalablement fixé, typiquement une baisse de 50 % pendant une dizaine de minutes. Ces essais ont l’avantage supplémentaire d’être assez rapprochés dans le temps.

Grâce à l’utilisation de modèles physiques et statistiques il a pu être montré ce qui, dans la forme des courbes de réponse des mesures NGL réalisée sur une période de 10 ans dans un générateur de vapeur, était révélateur de l’état de son colmatage.

Une autre approche est celle de choisir préalablement des profils de réponse NGL pour différentes configurations de colmatage jugées d’intérêt selon un modèle et de comparer les profils, c’est la méthode de diagnostic à profil choisi.

Les résultats obtenus par la méthode « NGL Dynamique » qui semblaient prometteurs à partir de quelques essais sur des paliers 900 MW, ont trouvé leur limite d’applicabilité sur les paliers de niveau de puissance supérieure, 1300 MW, 1400 MW, et. L’inconvénient majeur de la méthode « NGL dynamique » concerne sa sensibilité aux variations importantes du niveau d’eau dans le downcomer 22 confronté aux transitoires de baisse ou d’augmentation de puissance rapide. Ces variations importantes sont attribuées à la difficulté de la régulation à corriger efficacement les variations du niveau d’eau du générateur de vapeur dans ces transitoires.

En raison de ces limites l’application de cette méthode du « NGL dynamique » ne permet pas un suivi pertinent du colmatage.

Au vu des problématiques critiques en particulier pour la sécurité, il serait souhaitable de disposer d’un nouveau procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque entretoise d’un échangeur thermique à tubes qui soit plus performant, plus fiable et plus générique.

PRESENTATION DE L’INVENTION

Selon un premier aspect de l’invention, est proposé un procédé d'évaluation du colmatage de passages d'une plaque entretoise d’un échangeur thermique à tubes, lesdits passages étant ménagés le long des tubes pour la traversée de la plaque entretoise par un fluide, dans lequel

- un premier capteur de pression est disposé à une altitude basse de l’échangeur thermique ;

- un deuxième capteur de pression est disposé à une altitude moyenne de l’échangeur thermique ;

- un troisième capteur de pression est disposé à une altitude haute de l’échangeur thermique ;

Le procédé comprenant la mise en œuvre par une unité de traitement de données d’étapes de :

(a) pendant une phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, détermination d’une valeur en fonction du temps de Niveau de Gamme Large, NGL, à partir des mesures des premier et troisième capteurs de pression, et d’une valeur en fonction du temps de Niveau de Gamme Etroite, NGE, à partir des mesures des deuxième et troisième capteurs de pression ; (b) détermination d’une valeur en fonction du temps d’écart de Niveau de Gamme Vapeur, ANGV, l’écart de Niveau de Gamme Vapeur correspondant au Niveau de Gamme Large dont on a filtré une composante représentative d’une variation de surface libre d’eau dans l’échangeur thermique, à partir des valeurs de NGL et NGE ;

(c) comparaison de la valeur de ANGV déterminée avec un ensemble de profils de référence ANGV pour ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, chaque profil de référence ANGV étant associé à un niveau de colmatage, de sorte à identifier un profil de référence cible ANGV opt parmi les profils de référence ANGV pour ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, qui est celui le plus proche de la valeur ANGV déterminée.

(d) restitué sur une interface du niveau de colmatage associé au profil de référence cible ANGV opt identifié

Ce procédé est avantageusement complété par les caractéristiques suivantes, prises seules ou en une quelconque de leur combinaison techniquement possible :

• l’échangeur thermique est un générateur de vapeur présentant une zone de chauffe et une zone de vapeur située à une altitude supérieure à la zone de chauffe, les tubes s’étendant seulement dans la zone de chauffe ;

• le premier capteur de pression est disposé sensiblement au bas de la zone de chauffe, le deuxième capteur est disposé sensiblement en haut de la zone de chauffe, et le troisième échangeur est disposé sensiblement en haut de la zone de vapeur ;

• la valeur en fonction du temps de ANGV est déterminée à partir des valeurs de NGL et NGE par la formule ANGV=NGL-NGE ;

• le niveau de colmatage est un taux de colmatage exprimé entre 0 et 1 ;

• le procédé comprend une étape préalable (aO) de génération dudit ensemble de profils de référence ANGVi pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique ;

• l’étape (aO) comprend la mise en œuvre des étapes (a) et (b) pour un échangeur thermique de référence similaire audit échangeur thermique pendant au moins deux occurrences de ladite phase de fonctionnement transitoire respectivement associées à un premier niveau de colmatage connu et un deuxième niveau de colmatage connu supérieur au premier niveau de colmatage, de sorte à obtenir un premier profil de référence ANGV Niveau ble pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour le premier niveau de colmatage et un deuxième profil de référence ANGV NiveaUfort pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour le premier niveau de colmatage, les autres profils de référence ANGVi pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique étant calculés à partir des premier et deuxième profils ANGV NiveaUfaible et ANGV NiveaUfaible .

• les autres profils de référence ANGVi sont calculés à partir des premier et deuxième profils de référence ANGV TauXfaible = ANGV NiveaUfaible et ANGV raitX/ort =

ANGV NiveaUfort en utilisant la formule

• pour chaque niveau de colmatage considéré, l’étape (aO) comprend la mise en œuvre des étapes (a) et (b) pour ledit échangeur thermique de référence similaire audit échangeur thermique pendant au moins trois occurrences de ladite phase de fonctionnement transitoire associées audit niveau de colmatage, de sorte à obtenir au moins trois profils réels ANGVr pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour ledit niveau de colmatage, l’obtention du profil de référence ANGVi pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour ledit niveau de colmatage comprenant le calcul d’une moyenne des profils réels ANGVr puis d’une approximation de ladite moyenne par une fonction donnée.

Selon un deuxième aspect est proposé un équipement comprenant une unité de traitement de données connectée à un premier capteur de pression, un deuxième capteur de pression et un troisième capteur de pression, configuré pour la mise en œuvre du procédé selon le premier aspect de l’invention.

Selon un troisième aspect est proposé un ensemble d’un équipement selon le deuxième aspect et d’un échangeur thermique à tubes, dans lequel - le premier capteur de pression est disposé à une altitude basse de l’échangeur thermique ;

- le deuxième capteur de pression est disposé à une altitude moyenne de l’échangeur thermique ;

- le troisième capteur de pression est disposé à une altitude haute de l’échangeur thermique.

L'invention concerne également un produit programme d'ordinateur comprenant des instructions de code de programme pour l'exécution des étapes du procédé selon le premier aspect de l'invention, lorsque ledit programme est exécuté sur un ordinateur.

PRESENTATION DES FIGURES

D'autres caractéristiques, buts et avantages de l'invention ressortiront de la description qui suit, qui est purement illustrative et non limitative, et qui doit être lue en regard des dessins annexés parmi lesquels :

- les figures 1 a-1 b, déjà commentées, illustrent schématiquement selon deux vues un échangeur thermique de type générateur de vapeur ;

- la figure 2, déjà commentée, illustre schématiquement, en vue de dessus, un passage folié dans une plaque entretoise, dans lequel passe un tube, selon une configuration courante d’un générateur de vapeur ;

- la figure 3 déjà commentée, illustre schématiquement, l’instrumentation du générateur de vapeur des figures 1 a-1 b ;

- la figure 4 illustre une architecture pour la mise en œuvre du présent procédé,

- la figure 5 est un schéma de principe du procédé d'évaluation du colmatage,

- les figures 6a et 6b illustrent des exemples respectivement de signal ANGV et NGL ;

- les figures 7a à 7c illustrent l'allure des signaux utilisés pour obtenir un ensemble de profils de référence ANGV,. DESCRIPTION DETAILLEE

Architecture En référence à la figure 4, est proposé un procédé d'évaluation du colmatage de passages de plaques entretoises 10 d’un échangeur thermique à tubes 11 , lesdits passages 12a, 12b étant ménagés le long des tubes 11 pour la traversée de la plaque entretoise 10 par un fluide.

L’échangeur thermique a tubes est préférentiellement un générateur de vapeur du type décrit dans l’introduction.

Ce procédé est un perfectionnement des techniques de NGL dynamique et utilise des mesures de pression issues des premier, deuxième et troisième capteurs de pression 31 , 32, 33.

De façon générale :

- Le premier capteur 31 est à une altitude basse de l’échangeur thermique ;

- Le deuxième capteur 32 est à une altitude moyenne de l’échangeur thermique ;

- Le troisième capteur 33 est à une altitude haute de l’échangeur thermique.

En considérant un générateur de vapeur présentant une zone de chauffe 20 dans laquelle s’étend les tubes 11 et une zone de vapeur 25 au-dessus de la zone de chauffe, alors préférentiellement (« haut » et « bas » s’entendent en termes d’altitude) :

- Le premier capteur 31 est disposé sensiblement au bas de la zone de chauffe 20 (partie basse du downcomer 22) ;

- Le deuxième capteur 32 est disposé sensiblement en haut de la zone de chauffe 20 (i.e. sensiblement en bas de la zone de vapeur 20) ;

- Le troisième échangeur 33 est disposé sensiblement en haut de la zone de vapeur 25. Le présent procédé est mis en œuvre par une unité de traitement 1 (par exemple un ou plusieurs processeurs) d’un équipement, par exemple un serveur, en connexion avec les capteurs de pression 31 , 32, 33 de sorte à disposer des mesures de pressions associées.

L’équipement peut comprendre une mémoire 2 (par exemple un disque dur) pour le stockage de données, et une interface 3 pour l’interaction avec un opérateur Delta NGV

L’équation de la pression en bas du générateur de vapeur peut être exprimée comme suit :

Pbas Pdowncomer § ^surface ^dôme pdc

Pdc : perte de charge de référence dans le downcomer

P bas : pression mesurée au niveau du premier capteur 31

P dome pression mesurée au niveau du troisième capteur 33

P downcomer : masse volumique de référence

^ surface : désigne l’altitude de la surface de l’eau (i.e. le niveau d’eau) par rapport à l’altitude du premier capteur 31.

Comme expliqué, le colmatage accroît la résistance de passage de l’eau dans le riser 20 car réduit la section de passage de l’eau, diminuant le débit de vapeur et conséquemment le débit dans la boucle de recirculation donc des pertes de charges Pdc dans le downcomer 22 et baissant la valeur de P dome .

Dans les variations de la puissance échangée du générateur de vapeur, les changements de phases à l’intérieur de la zone de chauffe 20 (liquéfaction dans un refroidissement ou évaporation dans une augmentation de puissance) génèrent des transitoires thermohydrauliques violents. Ces transitoires vont agir fortement sur la pression en bas de la zone de vapeur 25 (i.e. au niveau du deuxième capteur de pression 32), sensible au débit downcomer, ainsi qu’à la pression au sommet de la zone de vapeur 23 (i.e. au niveau du troisième capteur de pression 33) et sont en conséquence particulièrement adaptés à la qualification des pertes de charges internes du générateur de vapeur, directement liées au colmatage.

Toutefois, la mesure de pression en bas de la zone de chauffe 20 (i.e. au niveau du premier capteur de pression 31 ) est également représentative de l’altimétrie de la surface libre de l’eau dans le générateur. Cette hauteur d’eau n’est pas représentative du comportement du générateur de vapeur mais uniquement de la qualité de la régulation d’eau. En conséquence ses variations compliquent grandement l’interprétation du signal de pression basse du premier capteur de pression 31.

Le NGE est classiquement utilisé pour la régulation fine de la hauteur d’eau (sur une gamme de 1 m) dans le générateur de vapeur en fonctionnement, il pilote les vannes d’admission d’eau alimentaire du générateur de vapeur en fonctionnement nominal de l’installation. De façon connue pour l’homme du métier NGE est fonction de la différence entre les mesures de pression des deuxième et troisième capteurs 33.

Le NGL permet quant à lui de suivre (sur une gamme de plus de 15m) le niveau d’eau du générateur de vapeur au démarrage de la centrale, à l’arrêt ainsi que dans les situations anormales de fonctionnement (lorsque le deuxième capteur de pression 32 est dénoyé).

Le présent procédé utilise un nouvel indicateur appelé ANGV (delta NGV, « écart de niveau gamme vapeur ») qui utilise les sensibilités respectives du NGE (qui fournit un bon indicateur du niveau d’eau réel du générateur de vapeur) et du NGL (sensible aux variations de niveau, aux variations de débit et de température via la masse volumique de l’eau du downcomer) pour construire un indicateur ciblant spécifiquement les grandeurs impactées par le colmatage.

Le ANGV est basé sur le NGL dont on a filtré la composante due à la variation de la surface libre (incarnée par la mesure NGE), et il vient corriger le NGL, insuffisant jusque-là à la caractérisation efficace du colmatage. Cette variation n’est en effet en pratique pas corrélée au colmatage du générateur de vapeur mais seulement au comportement de la régulation ARE.

Cet indicateur est déterminé à partir des valeurs de NGL et NGE préférentiellement par la formule ANGV=NGL-NGE. Les valeurs ANGV, NGL et NGE sont exprimées avantageusement en mCE (mètres de colonne d’eau), ou en une unité de pression (bar, pascal, etc.) ou en pourcentage par rapport à des niveaux maximum.

Comme on peut le voir sur les figures 6a et 6b, la « bosse » observable aux deux tiers du signal NGL, qui est symptomatique d’une variation du niveau réel dans le GV, est complètement filtrée sur le signal ANGV.

Procédé

En référence à la figure 5, le procédé commence comme expliqué par une étape (a) de détermination par l’unité de traitement de données 1 , pendant une phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, d’une valeur en fonction du temps de Niveau de Gamme Large, NGL, à partir des mesures des premier et troisième capteurs de pression 31 , 33, et d’une valeur en fonction du temps de Niveau de Gamme Etroite, NGE, à partir des mesures des deuxième et troisième capteurs de pression 31 , 33.

De façon générale, par « phase de fonctionnement transitoire », on entend une phase dynamique pendant laquelle le niveau d’énergie thermique apporté à l’échangeur thermique fluctue. Une phase de fonctionnement transitoire peut être définie par une valeur de Puissance Electrique Active (PACT) associée de sorte à en appréhender la cinétique.

Ladite phase transitoire est en particulier celle ayant lieu pendant des essais périodiques standardisés réglementés tels que les « EP RGL 4 » sur les centrales nucléaires 900 MW (paliers CP1 et CP2) et 1300 MW, mais de nombreux autres essais périodiques de la famille EP RGL, EP RCP, EP RPN, etc.

Il est par ailleurs tout à fait envisageable d’appliquer cette méthode pendant des procédures d’ilotage, d’arrêt automatique du réacteur, de déclenchement turbine, etc. et même en fonctionnement normal pendant des transitoires de suivi de charge (prise ou baisse de puissance suivant la demande du gestionnaire du réseau électrique).

Comme nous le verrons plus loin, à la lecture du texte, la présente méthode utilise des profils de référence pour des phases de fonctionnement transitoires données (des « abaques ») et il suffit qu’ait lieu une phase de fonctionnement transitoire similaire à celle d’un profil de référence pour pouvoir appliquer la présente méthode.

L’homme du métier saura calculer les valeurs de NGE et NGL à partir des mesures de pression, ces indicateurs étant classiques.

La durée des phases de fonctionnement transitoire (en d’autres termes l’intervalle de temps sur lequel la valeur de NGL ou NGE est déterminée) est généralement de l’ordre de quelques dizaines à quelques milliers de secondes, préférentiellement quelques centaines de secondes.

Dans les exemples des figures 6b et 7a-7c, la durée de la phase de fonctionnement transitoire est comprise dans un intervalle de temps entre 500 et 1500 secondes.

Dans une deuxième étape (b), l’unité de traitement de données 1 détermine la valeur en fonction du temps (sur la même durée de la phase de fonctionnement transitoire) d’écart de Niveau de Gamme Vapeur, ANGV, l’écart de Niveau de Gamme Vapeur correspondant au Niveau de Gamme Large dont on a filtré une composante représentative d’une variation de surface libre d’eau dans l’échangeur thermique, à partir des valeurs de NGL et NGE.

Comme expliqué, cette opération est préférentiellement la différence entre la valeur du NGL et la valeur du NGE (ANGV=NGL-NGE) puisque le NGE est représentatif de la variation de surface libre d’eau.

La valeur au cours du temps de NGL, NGE ou ANGV est également appelée respectivement « signal » NGL, NGE ou ANGV.

De façon préférée, on mettra en œuvre de façon classique un traitement statistique par centrage en zéro et par moyenne mobile des signaux de façon à les normaliser (aussi bien dans l’étape (a) que dans l’étape (b)).

Dans une étape (c), l’unité de traitement 1 compare la valeur de ANGV avec un ensemble de profils de référence ANGV pour ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique, chaque profil de référence ANGV étant associé à un niveau de colmatage.

Plus précisément, on dispose d’une base de données de profils de référence ANGV définis pour un type de phase de fonctionnement transitoire et un niveau de colmatage. Il est à noter qu’il peut même y avoir différentes bases de données de profils de référence ANGV, associées à plusieurs types d’échangeur thermiques. Les profils de référence ANGV, peuvent être stockés sur la mémoire 2.

Le niveau de colmatage doit être compris comme un paramètre représentatif de l’extension du colmatage, par exemple un taux entre 0 et 1 : un taux nul correspond à une absence complète de colmatage (passage 12a, 12b complètement ouvert) et un taux de 1 correspond à un colmatage complet (passage complètement bouché 12a, 12b).

L’ensemble des profils de référence ANGV, définis pour un type de phase de fonctionnement transitoire (i.e. pour toute la gamme de niveaux de colmatage) forme un « faisceau » de profils de référence tel que représenté dans l’exemple de la figure 7a (pour une phase de fonctionnement transitoire de type EP RGL 4), appelé abaque.

Plus le niveau de colmatage est faible, plus la valeur de ANGV remonte rapidement. En d’autres termes les profils en bas du faisceau correspondent à des niveaux de colmatage élevées, et les profils en haut de l’abaque correspondent à des niveaux de colmatage faible.

Les profils de référence ANGV, peuvent être déterminés empiriquement, en particulier par simulation numérique. Plus précisément, partant d’un modèle de l’échangeur thermique considéré, on vient précalculer les réponses ANGV attendues pour ladite phase de fonctionnement transitoire considérée pour chaque niveau de colmatage. A ce titre, le procédé comprend avantageusement une étape préalable (aO) de génération dudit ensemble de profils de référence ANGV, pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique.

De façon préférée, l’élaboration d’un abaque empirique est réalisée à partir de la connaissance de deux signaux ANGV réels pour un échangeur thermique similaire à celui considéré (voire le même), pour lesquels on connaît les niveaux de colmatage respectifs.

En d’autres termes, l’étape (aO) comprend avantageusement la mise en œuvre des étapes (a) et (b) pour un échangeur thermique de référence similaire audit échangeur thermique pendant au moins deux occurrences de ladite phase de fonctionnement transitoire respectivement associées à un premier niveau de colmatage connu et un deuxième niveau de colmatage connu supérieur au premier niveau de colmatage, de sorte à obtenir un premier profil de référence ANG V Nive au faible pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour le premier niveau de colmatage et un deuxième profil de référence ANGV wi17eaM/ort pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour le premier niveau de colmatage, les autres profils de référence ANGVi pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique étant calculés à partir des premier et deuxième profils ANGV NiveaUfaible et ANGV^ j ^ gfl y faible

En pratique, un abaque empirique s’appuie préférentiellement sur un faisceau ANGV réel d’une tranche de référence, ayant idéalement subi un nettoyage, et dont on dispose de mesures (par exemple par examen télévisuel) avant et après nettoyage qui vont respectivement définir le niveau fort et le niveau faible susmentionnés, afin d’être en capacité de couvrir une amplitude significative des niveaux de colmatage. Les niveaux de colmatage extrêmes et intermédiaires sont alors extrapolés linéairement à partir des courbes « supports » de l’abaque.

Pour chaque niveau de colmatage considéré, l’étape (aO) comprend la mise en œuvre des étapes (a) et (b) pour ledit échangeur thermique de référence similaire audit échangeur thermique pendant au moins trois occurrences de ladite phase de fonctionnement transitoire associées audit niveau de colmatage, de sorte à obtenir au moins trois profils réels ANGV r pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour ledit niveau de colmatage, l’obtention du profil de référence ANGV, pendant ladite phase de fonctionnement transitoire de l’échangeur thermique pour ledit niveau de colmatage comprenant le calcul d’une moyenne des profils réels ANGV r puis d’une approximation de ladite moyenne par une fonction donnée.

Ainsi, le signal ANGV représentatif des forts taux de colmatage (profil « bas » de l’abaque), est préférentiellement élaboré en moyennant les trois derniers signaux ANGVr réels (en particulier filtrés et normalisés) précédant le nettoyage, ou à la date du plus haut niveau de colmatage identifié sur la tranche, puis en approximant cette moyenne par un polynôme de degré 3.

De même, le signal ANGV représentatif des faibles niveaux de colmatage est préférentiellement élaboré en moyennant les trois premiers signaux ANGV réels suivant le nettoyage, ou à la date du plus bas niveau de colmatage identifié sur la tranche), puis en approximant cette moyenne par un polynôme de degré 3.

Ces opérations sont illustrées sur la figure 7b, qui représente l’approximation polynomiale de l’ensemble des signaux ANGV r réels d’un exemple de tranche CA4 GV2 (seuls les trois signaux avant et après colmatage sont en réalité nécessaires pour la suite). La figure 7c représente le calcul des signaux ANGV représentatifs des faibles et forts niveaux de colmatage, par moyenne respectivement des trois EP après et avant colmatage.

Une fois ces deux signaux ANGV théoriques élaborés, deux niveaux de colmatage doivent leur être associés, nommés ici Niveau f0rt et Niveautai bie (Taux f0rt et Taux faibie dans le mode de réalisation préféré où le niveau de colmatage désigne un taux de colmatage entre 0 et 1 ), à partir des mesures disponibles. Ensuite, l’abaque théorique complet est élaboré par interpolation.

Ainsi, le signal de référence ANGV, théorique pour un taux de colmatage Taux, peut être calculé de la manière suivante :

On obtient ainsi un abaque complet pouvant être utilisé pour estimer le colmatage des échangeurs thermiques du même type par la nouvelle méthode (figure 7a).

On comprendra cependant que le présent procédé n’est pas limité à cette façon d’obtenir des abaques, et l’homme du métier saura utiliser une multitude d’approches empiriques, tel que le « machine learning » au sens large (deep learning, réseaux de neurones, etc.).

Pour revenir au procédé d'évaluation du colmatage, le résultat de la comparaison de l’étape (c) permet d’identifier un profil de référence « cible » ANGV opt qui est celui le plus proche du profil mesuré (valeur en fonction du temps ANGV obtenue à l’issue de l’étape (b)). L’homme du métier connaît des outils permettant d’identifier le profil le plus semblable parmi une pluralité de profils par exemple en prenant la différence aux moindres carrés. Le niveau de colmatage associé au profil de référence « cible » ANGV opt constitue alors une estimation fiable du colmatage de passages de la plaque entretoise 10 de l’échangeur thermique considéré, et dans une étape (d) ce niveau de colmatage au profil de référence cible ANGV opt identifié peut être restitué sur une interface 3

Equipement

Selon un deuxième aspect est proposé un équipement tel que représenté à la figure 4. Il comprend une unité de traitement 1 , une mémoire 2 et une interface 3. L’unité de traitement 1 est connectée au premier capteur de pression 31 , au deuxième capteur de pression 32 et au troisième capteur de pression 33, et est configurée pour la mise en œuvre du procédé selon le premier aspect.

Est également proposé un ensemble de cet équipement et de l’échangeur thermique à tubes 11 (i.e. le générateur de vapeur), voir de la centrale nucléaire qui le comprend.

L’invention concerne également un produit programme d’ordinateur comprenant des instructions de code de programme enregistrées sur un support utilisable dans un ordinateur pour l’exécution d’étapes de traitement du procédé d'évaluation du colmatage, lorsque ledit programme est exécuté sur un ordinateur.

De fait, les mesures de pression des capteurs 31 , 32, 33 sont transmis à la mémoire 2 pour y être stockées en vue de son traitement. Ce traitement des données de mesure sur lequel porte la présente invention est mis en œuvre par une unité de traitement munie d’un calculateur, typiquement un ordinateur muni d’une interface 3, par lesquels il acquiert le signal de mesure et transmet les résultats de la mise en œuvre du procédé d'évaluation du colmatage, ledit ordinateur étant configuré pour mettre en œuvre le procédé selon l'invention.