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Title:
METHOD FOR FINISHED-RIB COMPACTING A THERMOPLASTIC COMPOSITE PART WITH CONTINUOUS FIBRES
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/2010/097547
Kind Code:
A2
Abstract:
The invention relates to a method for producing a structural part including at least two flanges extending in intersecting planes, consisting of a composite thermoplastic material with a fibre reinforcement including at least two plies of continuous fibres, said fibres extending from one flange to the other, wherein said method includes: a cutting step consisting of cutting the at least two plies in a fabric and/or a web of fibres preimpregnated with a thermoplastic resin; a drape-forming step for assembling the plies in order to create a blank; and a consolidation step for compacting said blank into the defined shape of the part by subjecting the same to a predetermined temperature and pressure cycle. The invention also relates to equipment for implementing the above method. Such equipment includes a rigid punch and a rigid die so that the closing of the equipment forms a sealed chamber with the shape of the part being formed between the punch and the die.

Inventors:
KURTZ, Didier (43 la Maison Vigneux, Pornic, Pornic, F-44210, FR)
CHOTARD, Florian (18 rue d'Anjou, Saint Nazaire, F-44600, FR)
Application Number:
FR2010/050317
Publication Date:
September 02, 2010
Filing Date:
February 24, 2010
Export Citation:
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Assignee:
AIRBUS OPERATIONS (S.A.S) (316 Route de Bayonne, Toulouse, F-31060, FR)
KURTZ, Didier (43 la Maison Vigneux, Pornic, Pornic, F-44210, FR)
CHOTARD, Florian (18 rue d'Anjou, Saint Nazaire, F-44600, FR)
International Classes:
B29C70/46; B29C70/54
Attorney, Agent or Firm:
HAMANN, Jean-Christophe (SCHMIT-CHRETIEN, Parc de Basso Cambo, rue Paul Mesplé Toulouse, F-31100, FR)
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Claims:
REVENDICATIONS - Procédé de fabrication d'une pièce structurale (100, 150) comprenant au moins deux ailes s'étendant dans des plans sécants, constituée d'un matériau thermoplastique composite à renforts fibreux comprenant au moins deux plis (11, 12, 13, 14) de fibres continues, lesdites fibres se prolongeant d'une aile à l'autre caractérisé en ce qu'il comprend des étapes consistant à :

-définir une au moins une génératrice de formage (15, 16, 15', 16', 111, 112, 113) de la préforme;

-découper chaque pli (11, 12, 13, 14) dans un tissu et/ou une nappe (45) de fibres pré-imprégnées d'une résine thermoplastique à un contour déterminé par l'orientation des fibres et la position du pli dans l'épaisseur de la pièce de sorte à compenser les décalages interlaminaires consécutifs au pliage de la préforme;

-assembler lesdits plis de manière à créer une préforme (110) par soudure le long de la au moins une génératrice de formage; -compacter la dite préforme à la forme définitive de la pièce en la soumettant à un cycle de température (420) et de pression (410) déterminé dans un outillage comprenant un poinçon (22) et une matrice (21) rigides . - Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que l'étape de consolidation comprend l'application à la préforme d'un cycle de pression - température

(410, 420) comprenant :

- une montée en température sous une première pression Pl (430) appliquée à la préforme jusqu'à une température égale ou supérieure à la température de fusion de la résine ; - suivie d'un maintien à cette température sous une pression P2 supérieure à Pl (440) ;

- suivie d'un refroidissement jusqu'à une température (T2) inférieure à la température de transition vitreuse de la résine sous la pression P2 (450);

- suivi du relâchement de la pression. 3- Procédé selon la revendication 3 caractérisé en ce que la pression Pl est au moins égale à 2 daN/cm2 et la pression P2 est égale ou supérieure à 10 daN/cm2.

4- Dispositif pour la mise en œuvre du procédé selon l'une quelconque des revendications précédentes comprenant un outillage comprenant un poinçon (22) et une matrice (21) rigides dont l'entrefer entre les surfaces définit la forme de la pièce, caractérisé en ce que :

-le poinçon comprend une bordure (262) faisant saillie par rapport à la forme de la pièce,

- la matrice comprend en bordure (261) en creux par rapport à la forme de la pièce ;

- la bordure du poinçon étant apte à se loger dans la bordure de la matrice lors de la fermeture de l'outillage ; - un joint déformable (23) étant disposé entre la bordure de la matrice et la bordure du poinçon apte à assurer l'étanchéité de l'espace compris entre le poinçon et la matrice entre deux valeurs d'entrefer, de sorte à former une chambre étanche entre le poinçon et la matrice.

5- Dispositif selon la revendication 4 caractérisé en ce qu'il comprend des moyens aptes à aspirer les gaz contenus dans la chambre étanche durant la phase de chauffage.

6- Dispositif selon la revendication 4 caractérisé en ce qu'il comprend des moyens (251, 252, 222) aptes à appliquer à une préforme placée dans la chambre étanche une pression sensiblement égale à Pl pour une première valeur entrefer (el) et une pression sensiblement égale à P2 pour une seconde valeur d'entrefer (e2) tel que la première valeur d'entrefer (el) est supérieure à la seconde valeur d'entrefer (e2).

7- Dispositif selon la revendication 4 caractérisé en ce qu'il comprend des moyens aptes à percer la préforme pendant l'étape de consolidation.

Description:
PROCÉDÉ DE COMPACTAGE EN COTE FINIE D'UNE PIÈCE COMPOSITE THERMOPLASTIQUE A FIBRES CONTINUES

L'invention appartient au domaine des procédés de fabrication de pièces composites structurales constituées d'une matrice thermoplastique renforcée par des fibres continues. Plus particulièrement l'invention concerne un procédé permettant d'obtenir des pièces en cote finie, c'est à dire sans opération d'usinage supplémentaire en une seule opération de compactage-consolidation.

Les matériaux composites comprenant une matrice constituée d'une matière plastique renforcée par des fibres permettent de constituer des pièces mécaniques caractérisées par un rapport très avantageux entre leur résistance mécanique et leur poids. Ce type de pièce est avantageux dans toute application ou un tel rapport poids - résistance est essentiel. Par exemple, dans les applications touchant aux véhicules, afin d'autoriser des consommations énergétiques réduites et plus particulièrement dans le domaine de l'aéronautique.

Dans ces domaines de tels matériaux renforcés par des fibres continues remplacent avantageusement les matériaux métalliques et notamment les alliages légers.

Cependant, la mise en œuvre et la transformation de ces matériaux composites renforcés par des fibres continues reste coûteuse en regard des procédés de mise en œuvre utilisés pour les matériaux métalliques.

En effet les matériaux métalliques permettent la fabrication de pièces structurales par formage plastique de métaux en feuilles ou de profilés. De tels procédés permettent des cadences de fabrication très élevées et le plus souvent la réalisation de pièces en cotes finies en sortie de presse, c'est à dire, qui ne nécessitent pas de reprise en usinage après le formage. Comparativement, la fabrication de pièces en matériaux composite à renfort fibreux continu fait appel à des techniques de stratification, de drapage pli à pli, soit de fibres sèches, soit de fibres pré-imprégnées.

Lorsqu'il s'agit de fibres sèches, la préforme est constituée sur un gabarit à la forme de la pièce finale. Ladite préforme qui ne présente qu'une faible cohésion et qui est par conséquent délicate à manipuler est placée dans un moule et imprégnée de résine par des techniques connues, telles que le transfert de résine liquide sous pression ou l'infusion de résine. Ces procédés sont longs, nécessitent des outillages coûteux et sont difficiles à automatiser. Ils ne permettent pas d'atteindre des cadences de production élevées sauf à multiplier le nombre d'outillages.

Alternativement le drapage peut être réalisé en forme à partir de fibres préimprégnées d'une résine thermodurcissable. Une telle résine présente à température ambiante une pégosité suffisante pour stabiliser les plis déposés et la préforme. Le drapage peut être effectué par des moyens automatisés. La préforme obtenue est ensuite cuite sous pression dans un moule adapté afin d'obtenir la pièce finale. Si ce procédé permet une automatisation plus poussée, il ne permet pas non plus d'atteindre des cadences de fabrication comparables à celles des pièces métalliques. Par ailleurs les pré-imprégnés de résine thermodurcissable ont une durée limite d'utilisation liée à la polymérisation lente de la résine y compris à température ambiante.

Les composites à base de résine thermoplastique autorisent, du fait de la réversibilité de la réaction de fusion - solidification de la résine, des procédés proches des procédés utilisés pour les matériaux métalliques. Ainsi des plaques de composites à renfort fibreux non continu peuvent être pré-constituées, puis estampées à la manière de métaux en feuille selon un procédé poinçon matrice ou poinçon vessie en chauffant les dites plaques au-dessus d'une température de « ramollissement » de la résine, température qui est comprise entre la température de transition vitreuse et la température de fusion de la résine, selon la nature de ladite résine.

Ce type de procédé permet de s'approcher des cadences de fabrication des pièces métalliques. En revanche, il n'est pas applicable directement à des composites à renfort fibreux continu. En effet, de tels renforts, tels que des fibres de verre, de carbone ou d'aramide, ne présentent pas de capacité de déformation plastique. En conséquence l'estampage d'une plaque, ou flan, constituée d'un matériau composite à renfort fibreux continu n'est possible qu'en permettant un glissement interlaminaire des plis constituant la plaque. Ce type de procédé est connu de l'art antérieur et est par exemple décrit dans le brevet EP1543942 au nom de la demanderesse. La figure 1 est un synopsis de ce procédé. Les flans sont au préalable découpés, en général en panoplie, dans une plaque pré-compactée, présentant la séquence d'empilement désirée. Figure IA, le flan (10) pré-compacté et constitué de plis (11, 12, 13) est chauffé à une température proche de la température de fusion. L'application du poinçon (2), figure IB, permet de former la pièce en provoquant le glissement interlaminaire des plis. Ce glissement est rendu possible par la fluidité de la résine à cette température. La difficulté consiste à provoquer ce glissement sans entraîner l'essorage de la résine entre les fibres notamment au sommet du poinçon (2). A cette fin, l'empreinte est balancée, c'est à dire que l'orientation de la pièce dans l'opération de formage est choisie de telle sorte que le mouvement du poinçon se traduise par une mise en pression relativement uniforme des parois de la pièce, sans blocage des bords. La pièce est ensuite maintenue sous pression à une valeur d'entrefer (e) contrôlée jusqu'à son refroidissement, où elle peut être démoulée. Du fait du glissement interlaminaire les bords de la pièce doivent faire l'objet d'une finition ultérieure. En effet, le glissement est visible sur ces bords qui sont en général non compactés et qui présentent un déficit de résine. La pièce doit donc faire l'objet d'un détourage, lequel est délicat, car les bords non compactés sont très susceptibles au délaminage, délaminage qui peut se propager à l'intérieur de la pièce sous l'action d'un outil coupant. Il n'est donc pas possible, selon ce procédé, d'obtenir des pièces en cote finies en sortie de presse. Par ailleurs ce procédé nécessite le stockage de plaque pré-compactées correspondant à la stratification désirée de la pièce, plaques pré-compactées qui ne peuvent plus être utilisées si les séquences d'empilement de la pièce sont modifiées, par exemple à la suite d'une optimisation, ou pour une autre pièce qui présenterait une séquence d'empilement différente. Ces plaques dédiées entraînent des immobilisations et rendent difficiles l'optimisation de l'utilisation de la matière.

En comparaison, les procédés faisant appel à des techniques de drapage en forme permettent de conserver la matière sous forme de nappes ou de tissus, lesquels sont assemblés au dernier moment pour constituer la préforme. Utilisés pour la fabrication de pièces thermoplastiques, les procédés de consolidation - compactage d'un empilement de plis imprégnés de résine thermoplastique font généralement appel à des dispositifs utilisant des vessies associées ou non à des plaques de compactage, ceci afin de compenser le foisonnement important de la résine lors du cycle de consolidation, de sorte que ces procédés sont dédiés à la réalisation de pièces relativement planes ou ne présentant que de faibles profondeurs d'embouti, c'est-à-dire des profondeurs d'embouti de l'ordre du dixième des plus grandes dimensions de la pièce ou inférieures. Un exemple d'un tel procédé est décrit dans la demande internationale WO2008/031866 au nom de la demanderesse.

Il existe donc un besoin pour un procédé de formage rapide en cotes finies, c'est-à-dire produisant des pièces présentant des bords nets et une précision de fabrication telle qu'un détourage ultérieur ne soit pas nécessaire, applicable à des pièces structurales présentant un embouti profond, constituées de plusieurs plis d'un matériau à renfort fibreux continu qui évite le stockage de plaques stratifiées dédiées à ce type de pièce. Un embouti profond correspond à une profondeur d'embouti du même ordre de grandeur que la plus grande dimension de la pièce. Pour répondre à ce besoin l'invention propose un procédé de fabrication d'une pièce structurale comprenant au moins deux ailes s'étendant dans des plans sécants constituée d'un matériau thermoplastique composite à renfort fibreux comprenant au moins deux plis de fibres continues, lesdites fibres se prolongeant d'une aile à l'autre et comprenant : -Une étape de découpe consistant à découper les au moins deux plis dans un tissu et/ou une nappe de fibres pré-imprégnées d'une résine thermoplastique -Une étape de drapage consistant à assembler les plis de manière à créer une préforme ;

-Une étape de consolidation consistant à compacter la dite préforme à la forme définitive de la pièce en la soumettant à un cycle de température et de pression déterminé ; tel que l'étape de découpe comprend la découpe de chaque pli à un contour déterminé par l'orientation des fibres et la position du pli dans l'épaisseur de la pièce. L'utilisation d'une résine thermoplastique permet de répondre au problème du stockage des nappes ou des tissus pré-imprégnés, une telle résine ne présentant pas de durée limite d'utilisation tout en évitant de stocker des plaques pré-compactées dont l'utilisation est dédiée à un type de pièce.

La découpe précise à un contour fonction de la position du pli dans l'épaisseur permet d'obtenir des bords nets à l'issu du compactage en forme et d'obtenir une pièce au contour fini sans détourage ultérieur.

Avantageusement, l'étape de consolidation est réalisée dans un outillage comprenant un poinçon et une matrice rigides. Ainsi il est possible d'obtenir une épaisseur de pièce calibrée en tout point et un état de surface parfait des deux faces, caractéristiques difficiles voire impossibles à obtenir à l'aide des dispositifs à vessie de l'art antérieur du fait de la souplesse de ladite vessie.

Afin de stabiliser la préforme, l'étape de drapage comprend l'assemblage des plis par une soudure. Une telle soudure est réalisée en chauffant localement et pendant un bref instant l'empilement de pré-imprégné. La résine fluidifiée par le chauffage flue entre les plis et les maintient ensuite fermement assemblés lors de son refroidissement. Une telle soudure peut être réalisée par points ou selon des lignes de soudure, par des moyens tels qu'un fer à souder dans le cas d'un drapage manuel, ou par d'autres moyens plus énergétiques tel que par laser ou par effecteur à ultrasons, ou sonotrode, dans le cas d'un drapage automatique.

Avantageusement une telle soudure est réalisée par points successifs ou selon une ligne de soudure le long d'une génératrice de formage. Les génératrices de formage correspondent aux lignes de pliage de la préforme plane pour obtenir la pièce. Il n'y a pas de déplacement interlaminaire des plis le long de ces génératrices au cours du pliage. Lesdites génératrices sont déterminées par le balancement de la pièce dans l'outillage. La position des lignes de formage sur chaque pli définit également le périmètre dudit pli en fonction de sa position dans l'empilement. Le pré-assemblage des plis selon les génératrices de formage permet de placer de manière plus précise la préforme dans l'outillage d'une part et d'autre part d'éviter durant la fermeture du moule tout déplacement de la préforme. L'étape de consolidation de la préforme est réalisée selon un cycle de pression - température comprenant :

-une montée en température sous une première pression Pl, appliquée à la préforme jusqu'à une température égale ou supérieure à la température de fusion de la résine ;

-suivie d'un maintien à cette température sous une pression P2 supérieure à Pl ;

-suivie d'un refroidissement jusqu'à une température T2 inférieure à la température de transition vitreuse de la résine sous la pression P2 ; -suivi du relâchement de la pression.

La première mise en pression, optionnellement associée à un tirage au vide de l'empreinte, permet de favoriser le dégazage de la préforme, la seconde mise en pression est appliquée lorsque la résine est déjà fluidifiée et permet d'assurer le compactage. Le maintien de la pression durant toute la phase de refroidissement permet de limiter les distorsions de la préforme au cours de cette phase.

L'invention concerne également un outillage pour la mise en œuvre du procédé décrit ci-avant. Un tel outillage comprend un poinçon et une matrice rigides tels que la fermeture de l'outillage crée une chambre étanche à la forme de la pièce entre le poinçon et la matrice. Avantageusement ledit outillage comprend des moyens permettant d'assurer l'étanchéité de la chambre entre deux positions relatives du poinçon et de la matrice correspondant à deux valeurs d'entrefer (el, e2) définies. Cette chambre étanche permet de tirer au vide l'empreinte afin de favoriser le dégazage de la préforme lors de la fusion de la résine et d'éviter toute perte de résine, par écoulement hors de l'empreinte, lors des différentes phases de consolidation de la préforme.

Selon un mode de réalisation avantageux de l'outillage :

-le poinçon comprend une bordure faisant saillie par rapport à la forme de la pièce, -la matrice comprend en bordure en creux par rapport à la forme de la pièce ; -la bordure du poinçon étant apte à se loger dans la bordure de la matrice lors de la fermeture de l'outillage ;

- un joint déformable étant logé entre les bordures du poinçon et de la matrice

Ainsi le volume de l'outillage et le contour de la pièce est parfaitement délimité est invariable dès la fermeture de l'outillage. Le joint déformable permet de conserver l'étanchéité de la chambre quelque soit l'entrefer.

Afin d'assurer un dégazage optimal, l'outillage selon l'invention comprend des moyens aptes à aspirer les gaz contenus dans ladite chambre étanche afin d'y créer un vide primaire. Afin d'assurer la santé matière des pièces réalisées à l'aide du procédé selon l'invention, l'outillage comprend des moyens aptes à appliquer la préforme placée dans la chambre étanche, une pression sensiblement égale à Pl pour une première valeur entrefer (el) et une pression sensiblement égale à P2 pour une seconde valeur d'entrefer (e2) tel que la première valeur d'entrefer (el) est supérieure à la seconde (e2). Les valeurs d'entrefer sont choisies de telle sorte que e2 correspond à la valeur finale théorique de l'épaisseur de la pièce et la valeur d'entrefer el à cette même épaisseur augmentée du foisonnement de la préforme. Cette configuration permet d'éviter les risques de manque de résine ou d'essorage interlaminaire de ladite résine. Avantageusement, l'outillage selon l'invention comprend des moyens de perçage permettant de percer la préforme au cours de la consolidation.

L'intégration de ces moyens de perçage permet de profiter de la fluidité de la résine et de réaliser des trous dans la pièce sans y couper les fibres.

La combinaison de ces différentes caractéristiques permet de fabriquer des pièces en composite thermoplastique renforcées par des fibres continues à des cadences de production élevées. De telles pièces peuvent contenir jusqu'à 70% de fibres de renfort et présentent une qualité tant du point de vue de la géométrie que de la santé matière, compatible avec les applications aéronautiques les plus exigeantes. La figure 1, déjà citée, est un synopsis, vue en coupe, de l'estampage d'un flan composite thermoplastique pré-compacté constitué de 3 plis de fibres continues selon l'art antérieur. Figure IA avant estampage, et figure IB lors de l'application du poinçon de formage.

La figure 2 est un exemple vue en bout d'une pièce selon l'invention comportant un simple pliage.

La figure 3 est un exemple vu de dessus des plis constituant la pièce de la figure 2.

La figure 4 est un exemple d'agencement en panoplie dans une nappe des plis de la figure 3.

La figure 5 est un exemple vu en bout du positionnement de l'empilage de plis dans l'outillage de consolidation, figure 5A selon une génératrice de référence, figure 5B selon une face de référence.

La figure 6 est un exemple de pli découpé avec un détrompeur pour faciliter l'alignement de celui-ci sur une génératrice de formage.

La figure 7 représente l'empilage et la mise en référence relative des plis constituant la pièce de la figure 2 selon une mise en référence correspondant à la figure 5B.

La figure 8 est un exemple en perspective d'une pièce trièdre pouvant être obtenue par le procédé selon l'invention.

La figure 9 est un exemple vue de dessus de l'empilement de plis prédécoupés pour la fabrication de la pièce de la figure 7 par le procédé selon l'invention.

La figure 10 est une vue en perspective d'un dispositif de mise en œuvre du procédé selon l'invention. Figure 10A pour la partie matrice, figure 10B pour la partie poinçon.

La figure 11 est un synopsis de la mise en œuvre du procédé selon l'invention avec le dispositif de la figure 10 selon une section AA de cet outillage. Figure HA avant fusion de la matrice, figure HB après fusion de la matrice et jusqu'au refroidissement de la pièce et avant son démoulage.

La figure 12 est une vue de détail du dispositif d'étanchéité entre le poinçon et la matrice. La figure 13 est diagramme temps-température-pression donnant un exemple de cycle appliqué au cours du procédé selon l'invention. Le procédé d'estampage des composites thermoplastiques à fibres continues selon l'art antérieur, figure 1, utilise des flans pré-com pactes, c'est à dire des plaques de matière (10) constituées de plis (11, 12,13) sous forme de nappes ou de tissus de fibres continues préalablement consolidées.

Cette consolidation initiale est réalisée par exemple par un procédé tel que décrit dans la demande de brevet WO2008/031866. Le procédé d'estampage selon l'art antérieur utilise un poinçon (2) et une matrice (1), le flan étant formé dans l'entrefer entre le poinçon et la matrice. Pour pouvoir être formé le flan doit être chauffé à une température permettant de ramollir suffisamment la résine pour rendre possible les glissements interlaminaires par fluage de ladite résine comprise entre les plis.

Cette température est proche ou supérieure à la température de fusion de la résine. Chauffé à cette température le flan perd sa cohésion et l'application du poinçon (2) permet de déclencher le glissement relatif des plis, de sorte que ceux-ci ne subissent pas de déformation et conservent leur longueur initiale. Le formage s'effectue à quantité de résine constante, c'est à dire la quantité de résine initialement présente dans le flan consolidé, si bien que les zones extrêmes du flan, en plus de faire apparaître le glissement interlaminaire sont dépourvues de résine et présentent une très faible cohésion.

Ces zones de faible cohésion doivent être éliminées par détourage ultérieur de la pièce ainsi réalisée.

Un tel procédé nécessite donc deux cycles de chauffage - refroidissement : - un premier lors du compactage pour constituer les plaques consolidées - un second lors de l'estampage

Par ailleurs les pièces ainsi obtenues doivent nécessairement être détourées afin d'éliminer les bords de faible cohésion.

Selon l'invention, figure 2, les plis (11, 12, 13, 14) constituant la pièce sont découpés à des dimensions différentes selon leur position dans l'épaisseur, figure 3.

Dans cet exemple, figure 2, le formage est un simple pliage selon un rayon de pliage variable entre un rayon Rl sur la face intérieure (130) et un rayon R4 sur la face extérieure (140). Si δ est l'épaisseur d'un pli après consolidation, la pièce (150) de l'exemple comprenant 4 plis, la relation entre les deux rayons de pliaqe est donnée par :

4=Rl+4δ. Pour une pièce comprenant un nombre quelconque de plis, le rayon de pliage du Nième pli compté depuis la face intérieure au rayon de pliage, pliée selon un rayon Rl est donné par la relation : RN=R1+Nδ.

Les fibres contenues dans chaque pli (11, 12, 13, 14) sont disposées selon une orientation spécifique (41, 42, 43, 44). Les différents plis constituant la pièce (150) sont découpés dans une nappe pré-imprégnée (45), comprenant des fibres unidirectionnelles (40), figure 4. Lesdits plis (11, 12, 13, 14) sont découpés dans la nappe selon leur orientation et aux cotes déterminées par leur position dans l'épaisseur de la pièce et l'orientation desdites cotes par rapport aux pliages. Les plis sont superposés dans l'ordre afin de constituer une préforme, l'assemblage des plis étant stabilisé par une ligne de soudure.

Les plis (11, 12, 13, 14) peuvent ainsi être positionnés en les superposant selon la trace (15', 16', 17 7 ) à la surface de chaque pli, d'un plan (18) défini par un axe radial au rayon de pliage (15, 16, 17) et s'étendant d'une extrémité à l'autre de la pièce perpendiculairement à cet axe. Tout axe radial compris dans le secteur angulaire (αl+cc2) délimitant le rayon de pliage peut convenir à cette fin, mais le choix le plus judicieux sera fonction du positionnement de la préforme dans l'outillage de formage.

Par exemple, il est possible de choisir de superposer les plis selon le plan radial médian (18) du rayon de pliage, figure 5A. Dans ce cas, les plis seront assemblés par soudure le long de la trace (15') sur les différents plis de ce plan, et cette ligne devra être mise en concordance avec la même ligne sur l'outillage.

Lors de la consolidation, sous l'effet des pressions de pré-compactage (Pl) et de compactage (P2), il n'y aura pas de déplacement relatif autre que dans le sens de l'épaisseur le long de cette ligne.

Tout se passe comme si l'on avait effectué un formage de la préforme selon une cinématique de formage identique à celle représentée figure 1, selon les flèches (31) de la figure 5A. C'est pourquoi par analogie les lignes (15', 16', 17') sont désignées par le terme « génératrices de formage ».

Cependant, la préforme, bien que les plis soient localement solidarisés par soudure ne présente pas ou très peu de rigidité. De sorte qu'il est très difficile de mettre celle-ci en position selon une ligne au sommet de l'outillage.

A cette fin les plis peuvent être découpés de sorte à faire apparaître un détrompeur (33) à chaque extrémité de la génératrice de formage. Ces détrompeurs permettent de superposer plus facilement les plis et de positionner la préforme ainsi assemblée dans l'outillage, une encoche étant, par exemple, prévue dans celui-ci pour recevoir les détrompeurs. Une fois la préforme installée dans l'outillage les détrompeurs sont coupés, avantageusement lors de la fermeture de l'outillage.

Alternativement, il est avantageux d'utiliser un bord (19, 20) et une face de la préforme en tant que surfaces de référence, figure 5B.

Dans ce cas, tout ce passe comme si l'on effectuait un pliage de la préforme selon une génératrice de formage (16') située à la tangence entre le rayon de pliage et la face de référence. Dans ce cas, les plis se superposent et sont soudés selon cette génératrice de formage (16'). Ce mode de superposition des plis et de positionnement de la préforme permet d'utiliser un gabarit (30) pour le positionnement des plis entre eux, figure 5B, et une mise en place plus précise de la préforme dans l'outillage.

Les dimensions des plis sont déterminées par leur position dans l'empilement et par l'orientation de la cote considérée par rapport au pliage. Ainsi dans le cas d'une pièce (150) présentant un simple pliage, caractérisé par une génératrice de formage (15', 16', 17'), les cotes (D) mesurées parallèlement à cette génératrice ne sont pas modifiées d'un pli à l'autre. Une cote (Ll) mesurée perpendiculairement à la génératrice de formage sera modifiée en fonction de la position du pli dans l'épaisseur de la pièce et du rayon R de pliage. Par exemple, si l'angle de pliage est (αl+cc2) et l'épaisseur d'un pli δ, alors la longueur L14 d'un pli situé à l'extérieur du rayon de pliage et mesurée perpendiculairement à la génératrice de formage (16') sera plus importante que la longueur (LU) d'un pli situé à l'intérieur du rayon de pliage. Dans l'exemple d'une pièce (150) comprenant 4 plis.

L14=L11 + 3(αl+α2).δ

Dans le cas de N plis : LN=LIl + (N-l).(αl+α2).δ

Les angles étant exprimés en radians.

Si une cote L est orientée selon un angle β par rapport à la génératrice de formage, sa variation totale Δ en fonction de l'épaisseur dans une pièce comprenant N plis d'épaisseur δ s'écrit : Δ= N. (αl+α2).δ.sin(β)

Selon un autre exemple de réalisation, le procédé selon l'invention peut être utilisé pour fabriquer des pièces structurales trièdres (100), figure 8. De telles pièces présentent des ailes (101, 102, 103) contenues dans 3 plans sécants.

Avantageusement de telles pièces sont développables de sorte que le leur formage s'apparente à un pliage, selon plusieurs génératrices de formage. Le procédé selon l'invention est également applicable à des pièces non développables, par exemple à des pièces telles que celle représentée figure 7 dont au moins une aile présente une double courbure selon des rayons parallèles à l'épaisseur de la pièce, à condition que le rayon de courbure de l'une au moins des deux courbures de ladite aile soit supérieur à 1000 fois l'épaisseur.

Pratiquement le rayon de courbure admissible dépend des tolérances de contour de la pièce et des tolérances de désalignement des fibres.

Pour fabriquer une telle pièce (100), des plis sont découpés à des cotes fonction de la position desdits plis dans l'épaisseur de la pièce et de l'orientation des fibres selon les mêmes principes qu'énoncé ci-avant, figure 9. Les plis en question sont découpés dans de la nappe ou dans des tissus pré-imprégnés de résine thermoplastique. La pré-imprégnation peut être réalisée sous forme de film pré-adhérisé de chaque côté de ladite nappe ou dudit tissus, ou par poudrage. La découpe du pré-imprégné est réalisée par tout moyen adapté connu de l'homme du métier tel que lame vibrante ou laser, avantageusement à l'aide d'une machine de découpe à commande numérique.

Les différents plis se superposent au niveau des génératrices de formage (111, 112, 113). La position de ces génératrices est déterminée en fonction du balancement de la pièce et de sa mise en position sur l'outillage. Ici l'aile (103) présentant la surface la plus importante est choisie comme référence, et la pièce peut être drapée selon un gabarit (30) référençant cette surface.

Partant de la génératrice de formage (111), correspondant au pliage entre cette face de référence (103) et la face contiguë perpendiculaire (101) les cotes mesurées perpendiculairement à la génératrice de formage sont définies pour chaque pli en fonction de sa position dans l'épaisseur de la pièce entre la valeur Ll et la valeur LN. L'angle de pliage étant ici de 90°, et l'épaisseur totale de la pièce de 2,5mm, la variation de largeur totale des plis (LN-Ll) sera :

2,5.(π/2)= 3,927 mm Pour calculer, la variation de largeur (Δ) des plis situés sur le bord, orienté selon un angle β, de l'aile (102) perpendiculaire à ces deux premières ailes, il faut combiner les effets de deux pliages à 90° d'angle de pliage et dont les génératrices de formage sont également perpendiculaires, de sorte que :

Δ = Λ /(2,5.π /2) 2 .(sin 2 (β ) + sin 2 (π /2 - β ) = 3,927mm Pour des cas plus complexes de combinaison de pliage il faut décomposer les directions de pliage selon un repère orthonormé et combiner les contributions de chaque pliage comme ci-dessus. Ces calculs sont avantageusement réalisés par un logiciel de conception et fabrication assisté par ordinateur (CFAO), qui permet en outre de générer le contour de chaque pli en fonction de son orientation et de l'intégrer de manière optimale dans une panoplie de découpe.

La distance entre la génératrice de formage et le bord d'un pli est alors plus grande pour un pli situé à l'extérieur de ce rayon qu'à l'intérieur.

Les plis sont superposés de manière précise afin de constituer la préforme (110). Cette superposition précise peut être réalisée manuellement soit par l'utilisation d'un gabarit (30) et/ou avec l'aide d'un dispositif d'assistance projetant les contours des plis successifs sur la table de drapage. Les plis superposés sont immobilisés les uns par rapport aux autres par l'intermédiaire de soudures réalisées le long des génératrices de formage.

Ces soudures ont pour fonction d'immobiliser les plis les uns par rapport aux autres jusqu'à la dépose de la préforme (110) ainsi obtenue sur l'outillage. La présence de ces soudures de gène pas le formage car les zones soudées sont remises en fusion lors de la phase de consolidation.

Alternativement le drapage des plis peut être fait directement dans l'outillage sur le poinçon (22) ou dans la matrice (21) qui servent alors de gabarits. Avantageusement la bordure du poinçon (262) peut servir de butée pour positionner les plis.

Une fois la préforme (110) placée dans l'outillage, la trace des génératrice de formage (111, 112, 113) sur la préforme se superpose sensiblement aux traces de ces génératrice sur le poinçon (IH", 112", 113") et sur la matrice (Hl', 112', 1130- Un exemple d'outillage de mise en œuvre du procédé selon l'invention, figure 10, comprend un poinçon (22) et une matrice(21). Ces deux ensembles comprennent des dispositifs de guidage (231, 232). A titre d'exemple de tels éléments de guidage sont constitués par un tenon (232) de longueur supérieure à la différence entre l'épaisseur maximale de la préforme (110) et l'épaisseur finale de la pièce à réaliser (100), usiné ou fixé sur le poinçon (22) ou la matrice (21), et d'une mortaise de profil complémentaire (231), pratiquée sur l'élément en vis à vis. Le tenon (232) et la mortaise (231) sont spécifiquement ajustés afin de réaliser une concordance parfaite des deux formes. Le poinçon et la matrice sont montés chacun sur les plateaux (51, 52) d'une presse chauffante (non représentée). Avantageusement au moins l'un des deux est monté flottant par rapport au référentiel de ladite presse de sorte que le mouvement de fermeture relatif du poinçon (22) par rapport à la matrice (21) ne contrarie pas le guidage relatif d'un élément par rapport à l'autre.

Le poinçon et la matrice reproduisent les faces de la pièce (101', 102', 103', 101", 102", 103") la distance entre les faces correspondantes du poinçon (101", 102", 103") et de la matrice (101', 102', 103') définissant un entrefer lorsque le poinçon est installé sur la matrice. Cet entrefer est minimum (e2) lorsque le poinçon (22) et la matrice sont en contact au niveau de leurs plans de joint (210, 220).

La base de la forme du poinçon fait saillie par rapport au plan de joint (220) de même que l'empreinte de la matrice est en creux par rapport au plan de joint (210) de celle-ci, de sorte que les surfaces de contour latérales du poinçon (252) viennent s'ajuster dans les surfaces de contour latérales (251) en creux de la matrice. A cette fin les surfaces latérales de la matrice sont en légère dépouille, d'un angle de l'ordre de 0,5°, de sorte que le périmètre des surfaces latérales contour de l'empreinte pris dans une section au niveau du plan de joint est plus long que le périmètre des surfaces latérales de contour pris dans une section située à une certaine distance du plan de joint vers l'intérieur de la matrice.

Au niveau du plan de joint les surfaces latérales de contour (251) de la matrice présente un jeu de l'ordre de 0,2 mm avec les surfaces latérales de contour (252) du poinçon. Du fait de la dépouille de l'empreinte de la matrice, ce jeu est réduit à une valeur comprise entre 0,05 et 0,1 mm à l'autre extrémité des surfaces de contour latérales.

Pour éviter tout risque de coincement entre le poinçon et la matrice lors de la fermeture ou de l'ouverture de la presse, les éléments de guidage (231, 232) doivent être réalisés et ajustés avec soin. Pour une pièce telle que représentée figure 7, qui s'inscrit dans un cube de 300mm de côté, le jeu relatif entre les éléments de guidage (231, 232) est inférieur ou égal à 0,02mm.

Avantageusement le poinçon possède une bordure (262) faisant saillie par rapport aux faces de la forme. Cette bordure, vient se loger dans une rainure (261) pratiquée sur le pourtour de la forme de la matrice lors de la fermeture du moule.

Cette bordure favorise d'une part une mise en position précise de la préforme dans l'outillage, et d'autre part permet de figer le volume de la pièce lorsque l'outillage est fermé à la valeur de l'entrefer minimum, évitant ainsi toute perte de résine et permettant également la formation de bords nets. Au sommet de la bordure est placé un jonc (23) constitué d'une matière apte à se déformer sans se rompre sous l'effet de la fermeture de la presse et apte à résister à une température égale ou supérieure à la température de fusion de la résine constituant la pièce.

A titre d'exemple, le jonc (23) peut être constitué d'aluminium ou de silicone. L'écrasement de ce jonc (23) au delà d'une position relative donnée de la matrice et du poinçon permet d'étancher l'entrefer compris entre la forme du poinçon et l'empreinte de la matrice.

Dans cet exemple de réalisation, le poinçon est monté sur le plateau fixe de la presse et la matrice sur le plateau mobile. Préalablement à la mise en œuvre du procédé selon l'invention, toutes les surfaces de l'empreinte et de la forme sont enduites d'un agent de démoulant approprié afin d'éviter tout collage de la résine sur les surfaces de l'outillage.

La préforme (110) étant constituée, celle-ci est placée sur le poinçon (22), l'outillage étant ouvert. Avantageusement des perçages (240) peuvent être prédécoupés dans les plis constituant la préforme. Ces perçages prédécoupés s'enfilent sur des picots (242) réalisés sur le poinçon. Lesdits picots (242) sont calibrés au diamètre final du perçage.

L'outillage est alors refermé par descente de la matrice sur le poinçon, figure HA. Un dispositif d'aspiration est connecté au poinçon ou à la matrice par l'intermédiaire d'un connecteur (302). Ce connecteur est relié à un réseau d'aspiration (46) qui débouche sur les surfaces latérales de contour du poinçon ou de la matrice.

La préforme étant placée sur le poinçon, l'outillage est refermé au moyen de la presse. Une pression, Pl, au moins égale à 2 daN/cm 2 est appliqué sur la préforme. A cette fin l'effort de compression généré par la presse, est réglé à une valeur telle que cet effort divisé par la surface projetée de l'empreinte dans un plan normal à la direction de cet effort soit au moins égale à 2 daN/cm 2 .

L'épaisseur de la préforme fait que malgré l'application de cette pression, le jonc (23) n'est pas écrasé et par conséquent la chambre constituée par l'entrefer entre la forme du poinçon et l'empreinte de la matrice et contenant la préforme, n'est pas étanche. Le dispositif d'aspiration peut dans ces conditions aspirer les gaz dans cette chambre grâce au jeu subsistant entre les surfaces latérales de contour (251, 252).

Le cycle de consolidation, figure 13, est constitué de 3 phases correspondant à des temps d'application de la pression et de la température. Le cycle de chauffage refroidissement (420) est lancé dès la fermeture de l'outillage, et consiste en un chauffage jusqu'à une température Tl, égale ou supérieure à la température de fusion de la résine. Durant cette première phase du cycle, une pression de contact, Pl, au moins égale à 2 daN/cm 2 est appliquée sur la préforme.

Lorsque la température s'approche de la température de fusion de la résine, celle-ci se fluidifie et le foisonnement peut être cassé. L'application de la pression Pl comprime la préforme et lorsque l'entrefer atteint une valeur (el) correspondant à l'épaisseur théorique de la pièce augmentée de la valeur théorique du foisonnement, la rainure (261) de la matrice entre en contact avec le jonc (23) ce qui a pour effet d'étancher la chambre dans laquelle se trouve la préforme. Ladite chambre étant étanche, le dispositif d'aspiration ne risque pas d'aspirer de la résine. L'aspiration peut être stoppée. Lorsque la température atteint la température de fusion de la résine, la pression est augmentée à une valeur P2 ramenée à la surface projetée de l'empreinte, égale ou supérieure à 10 daN/cm 2 . Le déplacement relatif de la matrice compacte la préforme et écrase le jonc (23). La chambre étant étanche, la quantité de résine y reste constante. La température est maintenue sous cette pression pendant un temps (440) suffisant pour permettre le compactage optimal de la préforme et une répartition homogène de la résine dans celle-ci. Le moule est alors refroidi jusqu'à une température inférieure ou égale à la température de transition vitreuse de la résine (T2), température à laquelle la pièce présente une rigidité suffisante pour pouvoir être démoulée sans difficulté. Avantageusement le refroidissement peut être accéléré par la circulation d'un fluide caloporteur (eau, huile ...) dans l'outillage. La pression de compactage P2 est maintenue durant la phase de refroidissement. Cette pression correspond à un entrefer final (e2), déterminé en fonction de l'épaisseur théorique de la pièce. L'épaisseur théorique finale de la pièce correspond à l'épaisseur théorique d'un pli, δ, multipliée par le nombre de plis constituant la préforme.

Le foisonnement peut être déterminé expérimentalement et est fonction de la nature des plis constituant la préforme ainsi que de la méthode d'imprégnation de ces derniers. Le foisonnement est par exemple de 34% pour des nappes de fibres de carbone poudrées de résine polyéther-éthercétone (PEEK) et de 50% pour des tissus pré-adhérisés avec un film de polyphénylène-sulfone (PPS). En conséquence, dans le cas d'une pièce constituée de plis sous forme de tissus préimprégné d'un film PPS pré-adhérisé, le premier entrefer (el) sera 1,5 fois plus important que l'entrefer final (e2).

La hauteur du jonc (23) sera prise au moins égale à la différence entre l'entrefer augmenté du foisonnement et l'entrefer théorique (el-e2). Le chauffage la matrice et du poinçon peut être réalisé par tout moyen connu de l'homme du métier, par exemple par circulation d'huile chaude, par les plateaux chauffant de la presse d'estampage (51, 52) ou par induction, pour amener la préforme jusqu'à une température de l'ordre de la température de fusion de la résine. L'aspiration des gaz est maintenue durant toute la phase de chauffage (430).

La valeur minimale de l'entrefer (e2) correspond à l'épaisseur théorique finale de la pièce corrigée de la dilatation thermique différentielle entre le matériau constituant la préforme et le matériau constituant l'outillage.

Cette correction est réalisée par un coefficient d'homothétie déterminé expérimentalement et appliqué à la forme générale des outillages dans les 3 directions de l'espace. Cette correction est effectuée par exemple par l'intermédiaire des outils informatique de CFAO utilisés pour la conception et la fabrication desdits outillages. Ce coefficient est par exemple égal à 0,9985 pour un composite à matrice PPS renforcée par des fibres de carbone formé dans un outillage en acier de type contenant 0,4% de carbone, 2% de chrome, du manganèse et du molybdène comme éléments d'alliage (40CMD8). Ainsi, toutes les cotes théoriques de l'outillage sont multipliées par ce coefficient selon les 3 axes pour tenir compte de la dilation différentielle entre le matériau de la préforme et le matériau constituant l'outillage. Dans cet exemple l'outillage présente un coefficient de dilatation supérieur à celui de la préforme, et présentera donc à température ambiante un volume environ 0,45% plus faible qu'à la température de fusion de la résine. Les formes du poinçon et de la matrice sont également corrigées pour tenir compte du retrait angulaire des faces de la pièce lors de son refroidissement. Cette correction angulaire est appliquée sur chaque rayon dont le secteur angulaire (αl+cc2) est supérieur à 70°, notamment au niveau des rayons de pliage correspondant aux génératrices de formage. Cette correction angulaire est déterminée expérimentalement, elle est par exemple de 2,75° pour un composite PPS-fibres de carbone. Ainsi pour un secteur angulaire de 90° sur la pièce finie, ce secteur sera réalisé avec un angle de 92,75° sur l'outillage.

Avantageusement, des entretoises (222), figure 9B, fixées sur le plan de joint du poinçon (220) et/ou de la matrice (210) sont ajustées de sorte à définir de manière précise la distance séparant les deux éléments, et par conséquent l'entrefer (e2), lors de la fermeture, c'est à dire lorsque le poinçon repose sur la matrice. Selon l'art antérieur, l'étanchéité de l'outillage poinçon-matrice est généralement réalisée sur le plan de joint. Dans cet exemple de réalisation de l'outillage l'étanchéité est réalisée sur les surfaces de contour latérales du poinçon (252) et de la matrice (251) et le jonc (23). Il est ainsi possible de régler de manière très précise et simple, par exemple par l'ajustement des entretoises (222), la valeur de l'entrefer (e2) dans l'empreinte lors de la fermeture de l'outillage, indépendamment de la contrainte d'étanchéité. L'outillage est ouvert par écartement du poinçon et de la matrice au moyen de la presse et la pièce est démoulée.

Ainsi réalisée, la pièce est terminée et ne nécessite plus aucun détourage. Avantageusement des perçages peuvent être réalisés au cours de la phase de consolidation. A cette fin des aiguilles escamotables sont placées dans le poinçon par exemple à l'emplacement des picots (242). En position escamotée, lesdites aiguilles affleurent la surface de la forme (101"). Dans ce cas la préforme ne comporte pas de découpe correspondant aux trous (240). Au cours de la phase de consolidation lorsque la résine est à la température de fusion, les aiguilles, enduites d'un agent de démoulage ou revêtues de sorte à éviter tout collage de résine sur leur surface, sont sorties par l'intermédiaire d'un organe de manœuvre (312) et pénètrent dans la préforme en écartant les fibres jusqu'à venir en contact avec la face de la matrice en vis à vis. Les aiguilles restent en position sortie durant toute la phase de consolidation et la phase de refroidissement subséquente. Ainsi lors du démoulage la pièce présentera des trous à l'emplacement des aiguilles. Pour des trous de faible diamètre, compris entre lmm et 4 mm, de tels perçages peuvent ainsi être obtenus sans couper de fibres, et avec une désorientation restant acceptable des fibres sur les bords du trou. Pour des perçages de diamètre plus important, il est possible de combiner une découpe préalable du trou dans les plis et un perçage à l'aiguille durant la consolidation. Le dispositif d'escamotage-sortie des aiguilles peut être de nature mécanique, par exemple par excentrique, ou pneumatique. La combinaison du procédé et du dispositif pour sa mise en œuvre selon l'invention permet d'atteindre des précisions d'épaisseur de pièce de +/- 0,05mm par rapport à l'épaisseur nominale, des précisions de contour de +/- 0,1mm par rapport au contour nominal, directement à l'issue de la consolidation sans reprise ultérieure de la pièce en usinage. Comparé au procédé d'estampage des composites thermoplastiques à fibres continues de l'art antérieur, le procédé et son dispositif de mise en œuvre permettent de réduire le temps de cycle de fabrication d'une pièce finie de l'ordre de 35% tout en réduisant le taux de chute de moitié.