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Title:
METHOD FOR FLUORINATING A COMPOUND COMPRISING A HALOSULPHONYL OR DIHALOPHOSPHONYL GROUP
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/2002/053494
Kind Code:
A1
Abstract:
The invention concerns a fluorination method for obtaining fluorinated compounds. The method consists in reacting with an ionic fluoride of a monovalent cation a compound of formula (I), wherein: M represents H, an alkaline metal, a quaternary phosphonium group or a quaternary ammonium group; Y represents SO¿2?, and m is 1, or Y is PO and m is 2; Z represents CR?2¿, N or P; R?1¿ represents a carbonaceous and/or electron-attracting group which has a Hammet parameter $g(s)¿P? higher than 0.4; R?2¿ represents a carbonaceous and/or electron-attracting group; X represents a halogen other than a fluorine. The fluorinated compounds obtained are useful in particular as electrolyte in lithium batteries.

Inventors:
Cernik, Milos (Vlasty Pitnerove 1 Brno, 62100, CZ)
Ruzicka, Antonin (Olomucany, 67903, CZ)
Zak, Zdirad (Boreticka 21 Brno, 62900, CZ)
Pevere, Virginie (37 rue Bataille Lyon, F-69008, FR)
Michot, Christophe (8 rue Nicolat Chorier Grenoble, F-38000, FR)
Application Number:
PCT/FR2001/004164
Publication Date:
July 11, 2002
Filing Date:
December 21, 2001
Export Citation:
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Assignee:
Hydro-quebec (85 Sainte-Catherine Ouest, 10ème étage Montréal, Québec H2X 3P3, CA)
Rhodia, Chimie (26 Quai Alphonse Le Gallo Boulogne, F-92512, FR)
Cernik, Milos (Vlasty Pitnerove 1 Brno, 62100, CZ)
Ruzicka, Antonin (Olomucany, 67903, CZ)
Zak, Zdirad (Boreticka 21 Brno, 62900, CZ)
Pevere, Virginie (37 rue Bataille Lyon, F-69008, FR)
Michot, Christophe (8 rue Nicolat Chorier Grenoble, F-38000, FR)
International Classes:
C01B9/08; C01B21/093; C01B21/097; C07C303/36; C07C311/48; H01M10/052; H01M10/0568; H01M10/36; (IPC1-7): C01B21/092; C07C303/02; H01M10/40; C01B21/093; C01B21/097
Foreign References:
US3920738A1975-11-18
Other References:
RUFF ET AL.: "Imidodisulfuryl fluoride, cesium imidodisulfuryl fluoride and fluoroimidodisulfuryl fluoride", INORGANIC SYNTHESES, vol. 11, 1968, pages 138 - 43, XP001027947
APPEL ET AL.: "Die synthese des Imidobisschwefelsäurefluorids, HN(SO2F)2", CHEM. BER., vol. 95, 1962, pages 246 - 8, XP002179138
BARBOUR A K ET AL: "THE PREPARATION OF ORGANIC FLUORINE COMPOUNDS BY HALOGEN EXCHANGE", ADVANCES IN FLUORINE CHEMISTRY, XX, XX, vol. 3, 1963, pages 181 - 250, XP001027931
SARTORI ET AL.: "Elektrochemische Perfluorierung mit Mehrkomponenten-Elektrolyten", DECHEMA MONOGRAPHIEN: ELECTROCHEMISCHE STOFFGEWINNUNG-GRUNDLAGEN UND VERFAHRENSTECHNIK, vol. 125, 1992, pages 233 - 242, XP001028663
Attorney, Agent or Firm:
Sueur, Yvette (Cabinet Sueur & L'Helgoualch 109, boulevard Haussmann Paris, F-75008, FR)
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Claims:
Revendications
1. Procédé de fluoration d'un composé (I) comprenant au moins un groupe halosulfonyle ou dihalophosphoryle dans lequel l'halogène est différent d'un fluor et au moins un groupe fortement électroattracteur, consistant à faire réagir, éventuellement dans un solvant, un agent fluorant avec ledit composé, caractérisé en ce que l'agent fluorant est un fluorure ionique d'un cation monovalent et en ce que le composé (I) répond à formule suivante : dans laquelle : M représente H, un métal alcalin, un groupe phosphonium quaternaire ou un groupe ammonium quaternaire Z représente CR2, N ou P ; Y représente SO2 et m est 1, ou bien Y est PO et m est 2 ; Ri représente un groupe électroattracteur qui a un paramètre ap de Hammett supérieur à 0,4 ; R2 représente un groupe carboné et/ou électroattracteur X représente un halogène différent d'un fluor.
2. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre à la pression atmosphérique.
3. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre à une température inférieure à 180°C.
4. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le fluorure ionique monovalent est KF ou CsF.
5. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le fluorure ionique monovalent est un fluorure de tétra alkylammonium, de tétraalkylphosphonium ou de dialkyl sulfonium.
6. Procédé selon la revendication 5, caractérisé en ce que les groupes alkyles du cation du fluorure monovalent ont de 1 à 12 atomes de carbone.
7. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le rapport du nombre de moles fluorure au nombre d'atomes d'halogène à échanger du composé (I) est supérieur à 1.
8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le rapport du nombre de moles fluorure au nombre d'atomes d'halogène à échanger du composé (I) est de 1,1 à 2.
9. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que le rapport du nombre de moles fluorure au nombre d'atomes d'halogène à échanger du composé (I) est supérieur à 2 lorsque M est H.
10. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que M représente H, un métal alcalin, un ammonium quaternaire N (R3R4R5R6) ou un phosphonium quaternaire P (R3R4R5R6), les différents substituants Ri étant choisis indépendamment les uns des autres parmi les radicaux alkyles ayant de préférence de 1 à 12 atomes de carbone.
11. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le cation M est identique au cation du fluorure monovalent.
12. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que R1 est un groupe électroattracteur ayant un paramètre ap de Hammett supérieur à 0,7.
13. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que R1 et/ou R2 sont un radical X'SO2ou (X') 2POdans lequel X'représente : un halogène, un radical R7CF2dans lequel R7 est un halogène différent de F ou un radical carboné ; un radical perhalogéné RF répondant à la formule R8 (CX"2) p dans laquelle : * chacun des X"représente indépendamment l'un de l'autre F, Cl ou un radical perfluoroalkyle ayant de 1 à 5 atomes de carbone, au moins l'un des X"étant F, p étant 1 ou 2 ; * R8 est un atome ou un radical électroattracteur ayant un ap supérieur à 0, dont les éventuelles fonctions sont inertes dans les conditions de réaction.
14. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que R7 est un radical carboné ayant au plus 15 atomes des carbone.
15. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce qu'au moins l'un des X"représente un radical perfluoroalkyle ayant de 1 à 5 atomes de carbone.
16. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce qu'au moins l'un des X"est un atome de F porté par le carbone relié au soufre.
17. Procédé selon la revendication 13, caractérisé en ce que R8 est F ou un radical perfluoroalkyle ayant au plus 8 atomes de carbone.
18. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que R1 représente un radical COOR', COR', SO2R', PO (R') 2 ou PR (OR') 2 dans lequel R'est un radical alkyle ayant de 1 à 15 atomes de carbone ou un radical aryle ayant de 6 à 20 atomes de carbone.
19. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que R2 est un nitrile ou un radical carboné ayant de 1 à 20 atomes de carbone.
20. Procédé selon la revendication l, caractérisé en que ce qu'il est mis en oeuvre dans un solvant aprotique.
21. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le solvant est le nitrométhane.
22. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce qu'il est mis en oeuvre dans un solvant choisi parmi les amides substitués ou non substitués et les éthers symétriques ou non, cycliques ou non.
23. Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le milieu réactionnel contient un catalyseur de transfert de phase.
Description:
Procédé de fluoration d'un composé comprenant un groupe halosulfonyle ou dihalophosphonyle La présente invention concerne un procédé de fluoration pour l'obtention de composés fluorés utilisables notamment comme électrolyte.

Les batteries au lithium dans lesquelles l'anode est constituée par une feuille de lithium métallique ou par un alliage de lithium, et qui fonctionnent par circulation d'ions lithium entre les électrodes, ont été largement étu- diées. Leur développement a cependant été freiné par le fait que, lors de leur recharge, il se produit un dépôt de lithium métallique de nature dendritique qui peut induire des courts- circuits conduisant à une explosion du système. Ce risque a été supprimé en remplaçant l'anode de lithium ou d'alliage de lithium par une anode constituée par un matériau carboné dans lequel les ions lithium peuvent tre insérés de manière réversible. Cette nouvelle forme de batteries au lithium, dites batteries"lithium-ion", est largement utilisé dans le domaine de l'électronique portable. L'électrolyte de ces batteries comprend au moins un sel de lithium en solution dans un solvant organique qui peut tre un solvant liquide polaire aprotique (par exemple le carbonate d'éthylène, le carbonate de propylène, un carbonate de dialkyle) éventuellement supporté par un support plastique poreux, un polymère polaire [par exemple un poly (oxyde d'éthylène) réticulé] ou un solvant liquide gélifié par un polymère. Le sel de lithium joue un rôle important dans le fonctionnement de la batterie. Le sel le plus largement utilisé est LiPF6 qui permet d'obtenir des électrolytes liquides qui ont une conductivité supérieure à 10-2 S. cm-1 à température ambiante.

Il présente cependant une stabilité thermique limitée, ce qui provoque la formation de LiF et de HF, ledit HF induisant une décomposition de l'électrolyte qui peut conduire à une explosion de la batterie. Le sel de lithium du bis (trifluoro- méthanesulfonyl) imide a été envisagé pour remplacer LiPF6, mais il présente l'inconvénient de provoquer la dépassivation du collecteur de courant en aluminium de la cathode.

On a alors étudié l'utilisation d'imidures ou de méthides ayant des groupes électro-attracteurs FSO2 ou F2PO (W095/26056). Ces sels permettent d'obtenir des électrolytes plus conducteurs que leurs homologues comprenant des groupes perfluoroalkyles à la place des atomes de fluor et ils pro- duisent une corrosion nettement plus faible des collecteurs en aluminium. L'utilisation d'un imidure ou d'un méthide com- prenant des groupes FSO2 ou F2PO permet ainsi de maintenir le faible niveau de corrosion constaté avec LiPF6 tout en amé- liorant la stabilité thermique par rapport à celle de LiPF6.

Divers procédés pour la préparation d'imidures ou de méthides comprenant au moins un groupe FSO2 ou F2PO ont été décrits. Par exemple, le bis (fluorosulfonyl) imide (FS02) 2NH peut tre préparé par réaction de l'acide fluorosulfonique FSO3H avec l'urée H2NC (O) NH2. L'imide est ensuite isolé par traitement du mélange réactionnel par NaCl dans le dichlorométhane, suivi d'une distillation de l'acide pur.

[Appel & Eisenhauer, Chem. Ber. 95,246-8,1962]. La toxicité et le caractère corrosif de FSO3H constituent cependant un inconvénient majeur.

Un autre procédé consiste à faire réagir (ClSO2) 2NH avec AsF3. L'acide (FS02) NH est ensuite isolé en traitant le mélange réactionnel par NaCl dans le dichlorométhane [Ruff et Lustig, Inorg. Synth 1968,11,138-43]. L'inconvénient de ce procédé réside notamment dans le coût élevé de AsF3, dans sa toxicité et dans le risque de polluer le composé obtenu.

Pour les dérivés phosphoryles, un procédé pour la préparation de LiN (POF2) 2 consiste à faire réagir LiN (SiMe3) 2 avec POF3. L'élimination de Me3SiF volatil conduit directement au produit attendu [Fluck et Beuerle, Z. Anorg. Allg. Chem. 412 (1), 65-70,1975]. L'inconvénient de ce procédé réside dans le coût du dérivé silylé et l'utilisation de POF3 gazeux et toxique.

Il est connu de préparer un composé fluoré à partir du composé halogéné correspondant par une réaction d'échange d'halogène à l'aide d'un halogénure ionique, tel que par exemple KF, CsF, ou un fluorure organique tel que le fluorure de tétra-n-butylammonium. La réaction est une substitution

nucléophile qui a lieu de préférence dans un solvant polaire aprotique. La réaction d'échange est favorisée par la présence d'un catalyseur de transfert de phase, choisi par exemple parmi les sels d'ammonium quaternaire, les éthers couronnes, les sels de pyridinium, les sels de phosphonium quaternaires. Ce procédé a été mis en oeuvre avec KF notamment pour obtenir des monofluoroalcanes, des a-fluoroesters, des fluoroéthers, des fluorures d'acyles, des fluorures de sulfonyles, respectivement à partir des monohaloalcanes, des a-haloesters, des haloéthers, des halogénures d'acyle, ou des halogénures de sulfonyle correspondants. [A. Basbour, et al, in M. Stacy and co-eds, Advances in Fluorine Chemistry, Vol.

3, Butterworks, Washington, D. C. 1963, pp. 181-250].

Les inventeurs ont maintenant trouvé que, de manière surprenante, le procédé d'échange halogène fluor pouvait tre mis en oeuvre pour la fluoration de divers composés comprenant au moins un groupe halosulfonyle ou dihalophosphoryle attaché à un atome portant au moins un substituant fortement électro- attracteur et éventuellement un hydrogène acide.

Le but de la présente invention est par conséquent de fournir un procédé de fluoration d'un composé comprenant au moins un groupe halosulfonyle ou dihalophosphoryle dans lequel l'halogène est différent d'un fluor et au moins un groupe fortement électro-attracteur, en vue notamment de la préparation des composés correspondants comprenant au moins un groupe fluorosulfonyle ou difluorophosphoryle.

Le procédé de fluoration selon la présente invention consiste à faire réagir, éventuellement dans un solvant, un agent fluorant avec un composé (I) comprenant un substituant halosulfonyle dans lequel l'halogène est différent d'un fluor. Il est caractérisé en ce que l'agent fluorant est un fluorure ionique d'un cation monovalent et en ce que le composé (I) répond à formule suivante : dans laquelle :

M représente H, un métal alcalin, un groupe phosphonium quaternaire ou un groupe ammonium quaternaire Z représente CR2, N ou P ; Y représente SO2 et m est 1, ou bien Y est PO et m est 2 ; Ri représente un groupe électro-attracteur qui a un paramètre sp de Hammett supérieur à 0,4 ; R2 représente un groupe carboné et/ou électro-attracteur ; X représente un halogène différent d'un fluor.

Le procédé est particulièrement préféré pour les composés dans lesquels Z représente N.

Le procédé est avantageusement mis en oeuvre à la pression atmosphérique, à une température inférieure à 180°C.

De préférence, la température est inférieure à 100°C, plus particulièrement inférieure à 80°C. La mise en oeuvre à une température inférieure à la température ambiante a pour effet une vitesse de réaction trop lente. Le chauffage du milieu réactionnel peut tre effectué par les moyens conventionnels.

On peut également chauffer à l'aide de micro-ondes.

L'agitation du milieu réactionnel ou l'application d'ultra- sons est utile pour renouveler la surface active des réactifs lorsqu'ils sont en suspension.

Le fluorure ionique monovalent peut tre un fluorure alcalin ou un fluorure d'un cation onium stable. Parmi les métaux alcalins, il est avantageux d'utiliser KF ou CsF.

Parmi les cations onium, les cations tétraalkylammonium, tétraalkylphosphonium ou dialkylsulfonium sont préférés. Les cations onium dans lesquels les radicaux alkyles (qui peuvent tre identiques ou différents dans un cation onium) ont de 1 à 12, plus particulièrement de 1 à 4 atomes de carbone sont préférés. Les fluorures d'onium précités sont intéressants en raison de leur grande solubilité dans les solvants organi- ques. Ils peuvent donc tre utilisés seuls, ou en association avec un fluorure ionique moins soluble pour lequel ils jouent alors le rôle de catalyseur de transfert de charge. Lorsque le cation M du composé (I) est un métal alcalin ou un onium tel que défini ci-dessus pour le fluorure, il est avantageux d'utiliser un fluorure dudit cation M. L'utilisation de LiF ou de NaF, bien que donnant des réactions relativement

lentes, est intéressante lorsque le produit fluoré obtenu à partir du composé (I) est destiné à tre utilisé comme électrolyte. Il est préférable d'utiliser un fluorure ionique ayant une surface active élevée.

La quantité de fluorure ionique utilisée par rapport à la quantité de composé (I) est de préférence supérieure à la stoechiométrie. Le rapport du nombre de moles fluorure au nom- bre d'atomes d'halogène à échanger du composé (I) est avanta- geusement de 1,1 à 2. Lorsque le composé (I) est un imide [M est H dans la formule (I)], ledit rapport est de préférence supérieur à 2, plus particulièrement supérieur à 3.

Le procédé de la présente invention est particulièrement adapté pour la fluoration de composés (I) dans lesquels M est H ou un métal alcalin, choisi par exemple parmi Na, K, Li ou Cs. Lorsque M est un ammonium quaternaire ou un phosphonium quaternaire, il répond respectivement aux formules N (R3R4R5R6) et P (R3R4R5R6) dans lesquelles les différents substituants Ri sont choisis indépendamment les uns des autres parmi les radicaux alkyles ayant de préférence de 1 à 12, plus particulièrement de 1 à 4 atomes de carbone.

Ri est un radical électro-attracteur ayant un paramètre aP de Hammett supérieur à 0,4. Les radicaux ayant un ap supérieur à 0,5, plus particulièrement supérieur à 0,7 sont particulièrement préférés. De préférence, le radical Ri ne porte pas de charge positive à moins de 6 chaînons de Z.

Comme exemples de radicaux Ri on peut citer : les radicaux X'SO2-et (X') 2PO- dans lesquels le groupe X' représente ou les deux groupes X'représentent indépendamment l'un de l'autre : - un halogène, - un radical R7CF2-dans lequel R est un halogène différent de F ou un radical carboné ayant de préférence au plus 15 atomes de carbone ; - un radical perhalogéné RF, ayant de préférence un nombre d'atomes de carbone inférieur ou égal à 15, répondant à la formule R8 (CX"2) p-dans laquelle : * chacun des X"représente indépendamment l'un de l'autre F, Cl ou un radical perfluoroalkyle ayant de 1 à 5

atomes de carbone (de préférence 2 atomes de carbone), au moins l'un des X"étant F, de préférence porté par le carbone relié au soufre, p étant 1 ou 2 ; * R8 est un atome ou un radical électro-attracteur ayant un ap supérieur à 0, (de préférence supérieur à 0,1, plus particulièrement supérieur à 0,2) dont les éventuelles fonctions sont inertes dans les conditions de réaction, par exemple un F ou un perfluoroalkyle ayant au plus 8 atomes de carbone ; divers radicaux ayant un Op supérieur à 0,4, cités notamment dans Advanced Organic Chemistry, 3ime Ed. Gerry March, p. 244, tels que par exemple COOR', COR', SO2R', PO (R') 2 ou PO (OR') 2 dans lesquels R'est de préférence un radical alkyle ayant de 1 à 15 atomes de carbone ou un radical aryle ayant de 6 à 20 atomes de carbone.

Dans un mode de réalisation préféré, Ri-représente un radical X'SO2-ou (X') 2PO-tel que défini ci-dessus.

Le substituant R2 représente un radical carboné et/ou électro-attracteur. Lorsque R2 est un radical électro- attracteur, il est choisi avantageusement parmi le radical nitrile et les radicaux définis ci-dessus pour R1. Lorsque R2 est un groupe carboné, il est choisi de préférence parmi les radicaux ayant de 1 à 20 atomes de carbone.

Lorsque le composé (I) est liquide à la température de la réaction et que le fluorure ionique est soluble dans ledit composé liquide, il n'est pas indispensable d'ajouter un solvant au milieu réactionnel.

Lorsque les deux réactifs sont sous forme solide, la réaction est effectuée dans un solvant liquide. Le solvant est aprotique lorsque M est différent de H.

Lorsque la solvatation du cation du réactif fluorure monovalent est recherchée, on utilise de préférence un sol- vant ayant un nombre donneur de 10 à 30, de préférence de 20 à 30. L'indice donneur d'un solvant représente la valeur-AH, AH étant l'enthalpie (en Kcal/mol) de l'interaction entre le solvant et le pentachlorure d'antimoine dans une solution diluée de dichlorométhane [Cf. Christian Reinhardt, Solvant and solvant effects in Organic Chemistry WCH, p. 19,1988].

Les solvants donnant de bons résultats peuvent tre notamment des amides, y compris les amides à caractère parti- culier tels que les urées tétrasubstituées et les lactames monosubstitués. Les amides sont, de préférence, substitués (disubstitués pour les amides ordinaires). On peut citer par exemple les dérivés de pyrrolidone tels que la N-méthyl- pyrrolidone, le N, N-diméthylformamide, ou le N, N-diméthyl- acétamide. Une autre catégorie particulièrement intéressante de solvants est constituée par les éthers, symétriques ou non symétriques, ouverts ou non, y compris les différents dérivés des éthers de glycol tels que les glymes, par exemple le diglyme. Ainsi les solvants les plus adéquats, en raison de leur prix et de leurs propriétés, sont avantageusement choisis parmi les éthers (notamment les éthers cycliques tels que le THF ou les éthers polyfonctionnels tels les glymes), ou parmi les amides qui n'ont pas d'hydrogène acide, tels que le DMF ou les N, N'-Dialkylalkylèneurées parmi lesquelles on peut citer la DMEU (N, N'-DiMéthylEthylène-Urée) ou la DMPU (N, N'-DiMéthylPropylèneUrée). On peut également citer la N- méthylpyrolidone et les urées cycliques peralkylées sur les azotes (e. g. DMEU ou DMPU).

Le solvant peut en outre tre le nitrométhane.

Il peut tre intéressant d'ajouter au milieu réactionnel un catalyseur de transfert de phase, afin d'améliorer le rendement de la réaction. Cet ajout est particulièrement uti- le lorsque la réaction est effectuée dans un solvant non polaire ou peu polaire. Comme exemple de catalyseur de transfert de phase, on peut citer les sels d'ammonium quaternaire, les éthers couronnes, les sels de pyridinium, les sels de phosphonium quaternaires. L'addition d'un catalyseur de transfert de phase vise à remédier à une solubilité relativement faible du fluorure ionique alcalin utilisé. Un fluorure ionique fortement soluble utilisable comme réactif de fluoration dans le procédé de la présente invention peut tre utilisé comme catalyseur de transfert de phase lorsqu'il est associé à un réactif fluorure à faible solubilité. A titre d'exemple, on peut citer les fluorures d'onium et le fluorure de césium.

Les composés (I) peuvent tre préparés par des procédés de l'art antérieur. Un imidure peut tre préparé par action sur l'imide correspondant d'un sel dont la forme acide est volatile dans les conditions de la réaction. Par exemple, l'action d'un hydrure alcalin sur un imide en milieu protique permet d'obtenir un imidure anhydre. On peut également faire réagir un composé alcoyl-métal, par exemple le butyllithium, sur un imide, pour obtenir l'imidure correspondant et un alcane qui est volatil s'il s'agit d'un alcane inférieur. On peut en outre obtenir un imidure à partir de l'imide correspondant par échange avec un carboxylate de poids moléculaire suffisamment faible pour que l'acide carboxylique correspondant soit volatil.

La présente invention est illustrée par les exemples suivants, auxquels elle n'est cependant pas limitée.

Exemple 1 On a introduit dans un réacteur 3,556 g (137,1 mM) de LiF dans 5 ml de nitrométhane, puis on a agité pendant 18 h en présence de billes de verre. On a ensuite ajouté goutte à goutte sous agitation une solution de 4,907 g (0,22926 mM) de bis (chlorosulfonyl) imide dans 5 ml de nitrométhane, corres- pondant à un rapport molaire LiF/imide d'environ 6. On a laissé la réaction se poursuivre durant la nuit. Un résidu solide a décanté et la solution surnageante a été récupérée pour analyse par RMN du fluor.

L'analyse a montré la présence de singulets du fluor à divers déplacements chimiques et avec des hauteurs de pics différentes : Déplacement chimique hauteur de pic espèce 56, 6 1 FS02NH2 50,8 78,4 (SO2F) (SO2Cl) NH 54, 512, 7SOzF 35, 3 53, 3 FSO3- La réaction s'étant poursuivie pendant deux semaines, on a obtenu des hauteurs de pic différentes, le composé

majoritaire étant le bis (fluorosulfonyl) imidure de lithium souhaité.

Exemple 2 On a dissous 4,111 g (19,205 mM) de bis (chlorosulfonyl)- imide dans 5 ml de nitrométhane. Sous agitation continue, on a ajouté 6,549 g (155,97 mM) de NaF finement divisé, à 0°C.

Le rapport molaire NaF/imide est de l'ordre de 8. On a laissé le mélange réactionnel monter à température ambiante, puis on a agité en présence de 3 billes de verre pendant 60 h. Après décantation, l'analyse RMN du fluor de la solution claire surnageante a montré la présence du produit désiré.

Exemple 3 On a mis 4,361 g (75,06 mM) de KF en suspension dans 5 ml de nitrométhane, puis on a introduit sous agitation continue, une solution de 3,176 g (14,84 mM) de bis (chloro- sulfonyl) imide dans 3 ml de nitrométhane. Le rapport molaire KF/imide est de l'ordre de 5.

Le mélange réactionnel s'est échauffé et le réacteur a été agité avec des billes de verre pendant 14 h. On a alors ajouté 3,49 g (60,034 mM) de KF frais et on a agité à nouveau pendant 18 h. La solution est devenue orange profond. Après décantation des particules solides, on a fait l'analyse RMN du fluor qui a montré que le produit majoritaire présente un déplacement chimique (singulet) de 51, 6 ppm et correspond à la transformation de 99% du produit initial. Le produit majoritaire obtenu est le bis (fluorosulfonyl) imidure de potassium.

On a mis en oeuvre le mode opératoire de cet exemple dans trois essais supplémentaires, en utilisant à la place du bis (chlorosulfonyl) imide, respectivement pSO2NHSO2C1, CF3SO2NHS02C1 et (+SO2) 2CHSO2C1, et l'on a observé la formation majoritaire des composés suivants : fSO2NKS02F (à partir de SO2NHSO2Cl), CF3SO2NKS02F (à partir de CF3S02NHSO2C1) et (+SO2) 2CKSO2F à partir de (+SO2) 2CHSO2C1.

Exemple 4 On a dispersé 4,421 g (29,104 mM) de CsF dans 2 ml de nitrométhane en agitant avec des billes de verre. Sous agitation, on a ajouté goutte à goutte une solution de 2,243 g (10,480 mM) de bis (chlorosulfonyl) imide dans 5 ml de nitrométhane. Le rapport molaire CsF/imide est de l'ordre de 3. Après une durée de réaction de 72 h suivie d'une agitation pendant 6 h, l'analyse RMN du fluor du liquide surnageant a montré les raies suivantes : Déplacement chimique hauteur de pic espèce 56,5 15, 5 FS02NH2 52,1 48,3 (S02F) (SO2Cl) N- 51,9 225,6 [N (SO2F) 2]- Il apparaît ainsi que 80% de l'imide de départ a été converti en bis (fluorosulfonyl) imide.

Exemple 5 Par un procédé analogue à celui décrit dans l'exemple 3, on a fait réagir la bis (dichlorophosphoryl) imide avec KF. On a constaté que la transformation du produit de départ avec une rendement de 90% et la formation majoritaire de bis (difluorophosphoryl) imide de potassium.

La bis (dichlorophosphoryl) imide peut tre préparée suivant le procédé décrit par Riesel et al., [Riesel, Pfuetzner & Herrmann, Z. Chem. 23 (9), 344-5,1983].