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Patent Searching and Data


Title:
METHOD FOR MANUFACTURING A TEXTILE REINFORCEMENT, AND ASSOCIATED REINFORCEMENT
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/2018/073512
Kind Code:
A1
Abstract:
A method for manufacturing a textile reinforcement including a layer (11) of parallel high-tenacity yarns, oriented in the direction of production (C), said layer being free of longitudinal channels, that involves scrolling said layer of yarns and subjecting it to the action of a sewing/knitting head (20) allowing said layer to be secured, characterised in that, upstream from said head, said layer (11) is moved relative to the sewing head (20) in the transverse direction (T), in a reciprocating motion.

Inventors:
FAURE, Sébastien (9 Chemin du Clauzel, SAINT MICHEL D'AURANCE, 07160, FR)
SINGERY, Vicky (Berthouzit, LAPTE, 43200, FR)
Application Number:
FR2017/052799
Publication Date:
April 26, 2018
Filing Date:
October 11, 2017
Export Citation:
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Assignee:
COMPAGNIE CHOMARAT (30 Rue des Saints Pères, PARIS, 75007, FR)
International Classes:
B32B5/02; B32B5/06; B32B5/10; B32B5/12; B32B5/26; B32B19/06; D04B21/16; D04B23/10; D04H3/115
Domestic Patent References:
WO2007038048A22007-04-05
Foreign References:
FR1095507A1955-06-03
FR2594858A11987-08-28
EP1348790A12003-10-01
EP0937801A11999-08-25
US20040192142A12004-09-30
Other References:
None
Attorney, Agent or Firm:
PALIX, Stéphane et al. (CABINET LAURENT & CHARRAS, Le Contemporain50 Chemin de la Bruyère, DARDILLY Cédex, 69574, FR)
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Claims:
REVENDICATIONS

1/ Procédé de fabrication d'un renfort textile incluant une nappe (11) de filaments de haute ténacité parallèles, orientée dans la direction de production (C), ladite nappe étant exempte de canaux longitudinaux, dans lequel on fait défiler ladite nappe de filaments et on la soumet à l'action d'une tête (20) de couture/tricotage permettant la solidarisation de ladite nappe avec un support caractérisée en ce qu'en amont de ladite tête, on provoque un déplacement de ladite nappe (11) par rapport à la tête de couture (20) dans le sens transversal, selon un mouvement alternatif, et qu'après couture, on assure la mise sous tension de ladite nappe en vue de rendre les filaments rectilignes .

21 Procédé selon la revendication 1 caractérisé en ce que la tête de couture réalise des points de chaînette et/ou de tricot. 3/ Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que le déplacement relatif est assuré entre les phases où les aiguilles de la tête de couture traversent la nappe de filaments.

4/ Procédé selon la revendication 1 , caractérisé en ce que le mouvement alternatif présente une périodicité spatiale qui est le multiple du pas de couture.

5/ Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que le mouvement alternatif présente une périodicité spatiale (D2) qui est le double du pas de couture.

6/ Procédé selon la revendication 4, caractérisé en ce que le mouvement alternatif présente une périodicité spatiale (D4) qui est le quadruple du pas de couture.

7/ Procédé selon la revendication 1, caractérisé en ce que l'amplitude du mouvement alternatif est comprise entre 5 % et 30 % de l'écart transversal entre deux aiguilles de couture.

8/ Renfort textile (11) incluant une nappe de filaments de haute ténacité parallèles, orientés dans la direction de production (C), ladite nappe étant exempte de canaux longitudinaux et comportant une pluralité de fils de couture traversant ladite nappe au niveau de points de couture, les points de couture étant disposés en ligne perpendiculaires à la direction de production, caractérisé en ce qu'au niveau de deux lignes successives, les trous des points de couture (44, 48) sont décalés transversalement par rapport à la direction de production, de sorte que les fils de couture forment sur la face avant des courbes qui s'interpénétrent transversalement.

91 Renfort selon la revendication 8, caractérisé en ce que les trous des points de couture sont alignés transversalement toutes les deux lignes de points de couture. 10/ Renfort selon la revendication 8, caractérisé en ce que les trous des points de couture sont alignés transversalement toutes les quatre lignes de points de couture.

1 1/ Renfort selon la revendication 8, caractérisé ce que les fils de couture forment sur la face avant des segments de longueur identique.

12/ Renfort selon la revendication 8, caractérisé en ce que les fils de couture forment sur la face avant un ensemble de segments de deux longueurs différentes, à savoir une première et une seconde longueur, lesdits segments se succédant par paire de segments (61 , 62) d'une première longueur, suivie par une paire de segments (63, 64) d'une seconde longueur.

Description:
PROCEDE DE FABRICATION D'UN RENFORT TEXTILE, ET

RENFORT ASSOCIE

Domaine technique

L'invention se rattache au domaine des textiles techniques, et plus précisément des textiles de renforts utilisés pour la fabrication de pièces composites. Elle vise plus spécifiquement un procédé de fabrication permettant de réaliser des renforts qui présentent des propriétés améliorées en ce qui concerne la résistance à la compression, et l'apparition de microfissures.

Arrière-plan de l'invention

De façon générale, les matériaux composites sont de plus en plus utilisés dans de nombreux domaines dans lesquels la combinaison de leurs propriétés mécaniques élevées, leur poids limité, et leurs grandes capacités à adopter des formes diverses sont particulièrement appréciés.

Parmi les structures textiles qui sont privilégiées pour leurs propriétés mécaniques élevées, figurent les structure dites NCF pour « Non Crimped Fibers », qui sont des superpositions de nappes de fils, formés de faisceaux de filaments, parallèles assemblés par différents moyens mécaniques et/ou chimiques dans certaines applications. Les structures NCF sont préférées aux structures tissées, dans lesquels les fils ne sont pas strictement rectilignes du fait de l'embuvage.

Les structures NCF sont donc composées d'une ou plusieurs nappes de filaments parallèles choisies et orientées en fonction de la définition géométrique des propriétés mécaniques souhaitées. Dans la mesure où les nappes de filaments parallèles sont superposées, sans aucun entrelacement, des moyens mécaniques ou chimiques sont nécessaires pour assurer la cohésion de la structure. La cohésion par voie chimique, tel que l'emploi de colle de poudre ou analogue peut être déconseillée, dans la mesure où ces substances peuvent gêner la pénétration de la résine venant imprégner les filaments, ou éventuellement interagir chimiquement avec elle. Ainsi, l'emploi de moyens mécaniques est largement répandu, avec l'utilisation de fils de couture, qui sont introduits dans l'épaisseur de la ou des nappes de filaments, et coopèrent entre eux ou avec un support additionnel, pour assurer le blocage en position de la nappe, ou des nappes entre elles.

Par exemple, dans le cas d'un renfort unidirectionnel, comportant une seule nappe de filaments parallèles, on peut employer comme support un voile léger, sur lequel la nappe de fils parallèles est solidarisée par couture/tricotage. De tels renforts donnent globalement satisfaction, mais peuvent présenter certaines limites dans des applications très exigeantes pour lesquels les matériaux composites les intégrant sont soumis à de fortes contraintes mécaniques. En effet, de par la constitution des têtes de couture, les fils de couture traversent la nappe de filaments de renfort à intervalles réguliers, et les trous formés par les fils de couture sont alignés avec la direction de production, également appelée direction « chaîne » ou direction « à 0° ». Il s'ensuit que pour un renfort unidirectionnel à 0°, les trous formés par les fils de couture (également appelés « fïsh-eye ») sont alignés et lorsqu'ils sont trop rapprochés dans le sens chaîne, ils ont tendance à former un seul espace continu orienté parallèlement au filaments de renfort. Un tel canal, même s'il est de largeur réduite forme une zone d'accumulation de résine lors de la fabrication de matériaux composites. Cette zone forme donc une région singulière, présentant des propriétés mécaniques différentes des zones incluant une proportion supérieure en filaments de renfort, et constitue donc une zone de faiblesse.

Par ailleurs, dans les renforts actuels, on constate que le regroupement des filaments de renfort concernés par un fil de couture donné, peut créer des surépaisseurs générées par le déplacement des filaments de renfort situés au niveau du canal engendré par les points de couture. Ces surépaisseurs sont une autre source d'hétérogénéité du renfort. Elles peuvent en outre générer des espaces entre les différents renforts qui sont superposés, avec des risques d'accumulation de résine. Exposé de l'invention

Un objectif de l'invention est de fournir des renforts qui présentent un haut niveau d'homogénéité, et en particulier dans lesquels l'impact des points de couture soit minimal, et les zones de concentration de résine réduite à leur strict minimum. Un autre objectif de l'invention est de fournir un renfort qui présente une grande homogénéité en épaisseur, en particulier à proximité des points de couture.

Pour ce faire, le Demandeur a conçu un procédé de fabrication d'un renfort textile incluant une nappe de filaments de haute ténacité parallèles, orientés dans la direction de production, ou direction chaîne, ou direction à 0°, la nappe étant exempte de canaux longitudinaux, dans lequel on fait défiler cette nappe de filaments et on la soumet à l'action d'une tête de couture/tricotage permettant la solidarisation de cette nappe avec un support pouvant être une couche particulière, ou encore d'autres nappes analogues, de direction(s) différente(s).

Conformément à l'invention, ce procédé se caractérise en ce qu'en amont de cette tête de couture/tricotage, on provoque un déplacement de la nappe par rapport à la tête de couture, dans le sens transversal, selon un mouvement alternatif, et en ce qu'après couture, on assure la mise sous tension de ladite nappe en vue de rendre les filaments rectilignes.

Autrement dit, l'invention consiste à déplacer la nappe de filaments en la faisant onduler transversalement, de sorte que l'action de la tête de couture ne se fasse pas au même niveau transversal en permanence, mais qu'au contraire les aiguilles de couture traversent la nappe à 0° en des trous légèrement décalés transversalement d'un coup sur l'autre. Ainsi, les trous générés par les fils de couture, qui ont une forme d'ellipse ou de fuseau, ne sont pas alignés d'un pas de couture à l'autre.

En d'autres termes, la nappe de filaments qui est continue et exempte d'espaces entre filaments est déplacée transversalement par rapport à la tête de couture, pour adopter une forme ondulée, de telle sorte que les fils de couture traversent la nappe à 0° en des trous qui ne se situent pas toujours à un même niveau transversal de la nappe. En pratique, on assure le déplacement transversal de la nappe de filaments parallèles par rapport à la tête de couture qui reste fixe. Par conséquent, la nappe de filaments est légèrement déformée pour adopter une certaine ondulation. Ainsi, lors du défilement sous la tête de couture, les aiguilles viennent au contact de la nappe au niveau de filaments qui sont différents d'un coup de couture à l'autre. Lorsque cette ondulation de la nappe est éliminée après couture, par le renvidage du, renfort les fils de couture se réarrangent pour adopter une configuration déformée par rapport à une configuration dans laquelle la nappe défilerait sous la tête de couture avec les filaments rectilignes et parallèles. Ainsi, les trous formés dans la nappe par le passage du fils de couture ne sont plus strictement alignés transversalement, et on élimine ainsi le risque de voir deux trous de couture successifs se rejoindre, pour former une amorce de canal dont les inconvénients ont été évoqués plus haut. En pratique, il est avantageux que le déplacement de la nappe par rapport à la tête de couture soit assuré entre les phases où les aiguilles traversent la nappe de filaments, pour éviter que les aiguilles ne gênent le mouvement des filaments et ne les endommagent.

En pratique, le déplacement de la nappe de filaments par rapport à la tête de couture est un mouvement alternatif, qui peut présenter une fréquence spatiale, c'est-à-dire une longueur du motif répétitif de déplacement, indépendante de la longueur séparant deux trous de couture successifs. Toutefois, pour des raisons pratiques, il peut être avantageux de synchroniser les déplacements de la nappe par rapport à la tête avec le mouvement de déplacement des aiguilles au travers de la nappe. En d'autres termes, le mouvement alternatif de la nappe par rapport à la tête de couture présente une périodicité spatiale qui est un multiple du pas de couture.

En pratique, la nappe peut être déplacée selon un mouvement alternatif répétitif tous les deux ou quatre coups de couture. Il est également possible que le mouvement alternatif transversal se fasse avec une longueur de motif qui soit totalement décorrélée du pas de couture. En pratique, l'amplitude du mouvement alternatif caractéristique, sa périodicité et le décalage de phase entre ce déplacement et la frappe des aiguilles peut être réglée empiriquement en fonction des matériaux utilisés, du pas d'aiguille, et d'autres paramètres liés au fil de couture et à sa tension, de manière à maximiser le taux de couverture du tissu, c'est-à-dire minimiser les espaces vides engendrés par la traversée des fils de couture.

En pratique, on a constaté que l'amplitude du mouvement alternatif pouvait être comprise entre 5 et 30 % de l'écart transversal entre deux aiguilles de couture, pour obtenir des résultats satisfaisants.

En pratique, la tête de couture peut être conçue pour réaliser non seulement des points de tricot, c'est-à-dire des points liant deux fils de couture adjacents, par des mouvements en zigzag, mais également des points de chaînette, formant des boucles travaillant avec le même fil de couture.

Il est bien entendu possible de faire subir au renfort ainsi cousu différents traitement de fonctionnalisation, de manière à conférer au renfort des propriétés avantageuses pour son usage ultérieur. On peut par exemple citer la possibilité de soumettre le renfort à un poudrage thermoplastique ou thermodurcissable pour faciliter le maintien en forme lors d'une préforme ultérieure.

L'invention concerne donc également un renfort textile qui inclut une nappe de filaments rectilignes de haute ténacité disposés jointivement et parallèles, orientés selon la direction de production, qui comporte une pluralité de fils de couture traversant cette nappe au niveau de trous de couture, ces trous de couture étant disposés selon des lignes perpendiculaires à la direction de production.

Conformément à l'invention, ce renfort se caractérise en ce qu'au niveau de deux lignes successives, les trous des points de couture sont décalés transversalement par rapport à la direction de production, de sorte que les fils de couture forment sur la face avant des courbes qui s'interpénétrent transversalement. En d'autres termes, et comme exposé ci-avant, le renfort conforme à l'invention présente des trous formés par le fil de couture qui ne sont plus alignés d'un coup de couture à l'autre, de sorte que la distance entre deux trous de couture situés au même niveau transversal de la nappe est particulièrement élevée, ce qui limite les risques de voir des canaux se former lors de l'utilisation du renfort.

En pratique, les filaments de haute ténacité peuvent être des fils de carbone, de verre, de basalte, d'aramide ou analogues, pris isolément ou en mélange. Les nappes de fils associés conformément à l'invention peuvent avoir une masse surfacique allant de 25 g/m 2 à 1200 g/m 2 .

En pratique, les fils de couture sont de préférence le plus fin possible, et réalisés en une matière compatible chimiquement avec les matières utilisées dans les procédés d'imprégnation du renfort, qu'il s'agisse de matières thermodurcissables ou thermoplastiques. Parmi les fils donnant satisfaction, on peut citer par exemple un fil de copolyamide de 23 décitex, ou un fil de polyester de 33 décitex.

En pratique, la solidarisation des filaments de renfort à 0° peut se faire avec divers supports. Il peut s'agir notamment d'un voile disposé sur la face où sont formées les boucles de couture. On peut également prévoir un voile sur la face par laquelle les fils de couture sont amenés, pour donner une structure symétrique. Il peut également s'agit d'un ensemble de fils de verre fins, orientés non parallèlement aux fils de renforts, par exemple perpendiculairement aux filaments de renforts, ou bien encore avec un angle différent, par exemple de 30°, 45°, 60° ou 85°, en une voire plusieurs nappes.

Il peut également s'agir d'un ensemble de fils orientés selon une direction différente du 0°. On peut par exemple employer un ensemble de fils transversaux, orientés à 90°, à base d'une matière de haute ténacité. Il peut s'agir de fils discrets, de manière à limiter leur influence sur les propriétés mécaniques du renfort. Il peut aussi s'agir d'une nappe de filaments analogue à la nappe de filaments à 0°, de manière à former un renfort multiaxial. On peut aussi prévoir que le fil de couture et/ou le voile associé, le cas échéant, soient en une matière thermo fusible afin d'être exposé à une source de chaleur en vue d'une thermofixation de l'ensemble. Selon le mode de synchronisation entre la couture et le déplacement déjà évoqué de la nappe de filaments, les trous de couture peuvent être alignés avec des motifs qui se répètent toutes les deux ou les quatre lignes, voire plus en fonction des applications.

Dans le cas où les trous de couture sont alignés toutes les deux lignes, les fils de couture forment sur la face avant des segments de longueur identique. Ainsi, les fils dessinent des lignes en zigzag formant des chevrons dont les pointes pénètrent dans les triangles des chevrons de la courbe adjacente.

Dans la forme de réalisation où certains trous de couture sont alignés toutes les quatre lignes, les fils de couture forment sur la face avant un ensemble de segments de deux longueurs différentes, à savoir une première et une deuxième longueur. Ces segments se succèdent avec une paire de segments d'une première longueur suivie d'une paire d'une deuxième longueur. En d'autres termes, la courbe présente des chevrons de deux tailles différentes. Les grands chevrons présentent des pointes qui pénètrent dans les triangles des chevrons de la courbe adjacente, tandis que les petits chevrons restent au contraire à l'extérieur des triangles des chevrons équivalents de la couture adjacente.

Description sommaire des figures

La manière de réaliser l'invention, ainsi que les avantages qui en découlent, ressortiront bien de la description des modes de réalisation qui suivent, à l'appui des figures annexées dans lesquelles :

la figure 1 est une vue en perspective sommaire montrant de manière schématique et simplifiée la zone de couture dans une machine de mise en œuvre du procédé selon l'invention ;

les figures 2 et 3 sont des vues schématiques de dessus de l'installation de la figure 1, montrées dans deux configurations distinctes ; les figures 4 et 5 sont respectivement une vue de dessus schématisée, et une photographie d'une portion d'un renfort conforme à l'Art antérieur, réalisé avec une couture en point de tricot uniquement ;

les figures 6 et 7 sont une vue et une photographie analogues aux figures 4 et 5 pour un autre mode de réalisation selon l'Art antérieur, réalisé avec un point de couture combinant un point de tricot et un point de chaînette ;

la figure 8 est une vue schématique de dessus illustrant de façon simplifiée un renfort conforme à un premier mode de réalisation de l'invention, montré avant étirage.

la figure 9 est une vue analogue à la figure 8, montrant le même renfort après étirage ; la figure 10 est une vue de dessus analogue à la figure 9, dans laquelle les fils de haute ténacité sont représentés en noir, de manière à faire apparaître les trous réalisés par les fils de couture ;

la figure 11 est une photographie du renfort de la figure 10. ;

les figures 12, 16 et 20 sont des vues analogues à la figure 8, pour respectivement un deuxième, troisième et quatrième mode de réalisation. ;

les figures 13, 17 et 21 sont des vues analogues à la figure 9 ;

les figures 14, 18 et 22 sont analogues à la figure 10 ;

les figures 15 et 23 sont des photographies analogues à la figure 11 respectivement pour un second, troisième et quatrième modes de réalisation.

Bien entendu, les schémas illustrent l'invention de manière très schématique, et en particulier certaines dimensions ont pu être exagérées par rapport à la réalité, pour permettre une bonne compréhension de l'invention.

Description détaillée

Le procédé conforme à l'invention peut être mis en œuvre sur différents types de machines, et en particulier celle qui est illustrée de manière schématique à la figure 1.

Une telle machine 1 comprend un système de défilement, qui dans la forme illustrée comporte un convoyeur défilant dans la direction de production. Des moyens de maintien latéral du renfort cousu, comme par exemple des picots latéraux, peuvent être prévus. Dans la forme illustrée, ce convoyeur 2, 3 transporte une couche support 10, qui peut être composée d'un voile fin, sur lequel la nappe de filaments de renfort 11 sera solidarisée. La nappe de filaments de renfort est déposée sur le voile 10, par l'intermédiaire d'une platine 12 permettant d'acheminer la nappe de fils 15 préalablement traitée, et en particulier étalée pour présenter une épaisseur uniforme, pour qu'il ne soit plus possible de voir la limite entre les fils. Cette nappe de filaments de renfort est continue, en ce sens que les filaments qui la composent sont au contact les des uns des autres, de telle sorte qu'il n'existe pas d'espace vide de grande longueur entre des filaments voisins. La nappe déposée à proximité de la zone assurant la couture de cette nappe sur le voile. La tête de couture 20 est de constitution classique, de sorte qu'elle ne sera pas décrite en détails. Elle comprend principalement un mécanisme de commande 21 qui permet d'assurer le mouvement alternatif vertical des aiguilles 22 de couture, qui traversent le voile 10 et la nappe 11 de filaments de renfort en des points déterminés. Ces aiguilles 22 sont conçues pour crocheter les fils de couture 23 qui sont délivrés à l'aplomb des zones de mouvement des aiguilles, par les passettes 24.

La tête de couture 20 est programmée pour pouvoir assurer différents types de points de couture, comme les points de tricot dans la forme illustrée à la figure 1 , mais également des points de chaînette combinés avec des points de tricot. Conformément à l'invention, la platine 12 de dépôt de la nappe de filaments de renfort présente une capacité à se déplacer transversalement, selon la flèche T, c'est-à-dire perpendiculairement à la direction de production. Ce mouvement peut résulter d'une commande mécanique autonome, ou bien encore d'une commande synchronisée avec la tête de couture 20. La synchronisation peut s'effectuer de différentes manières, soit mécaniquement par un jeu de cames approprié, soit encore par un asservissement électronique.

La capacité de déplacement transversal de la platine 12 de dépôt des filaments de renfort est illustrée aux figures 2 et 3. On constate ainsi que lorsque la platine 12 comme illustrée à la figure 2 se trouve en position médiane, les aiguilles qui traversent la nappe de renfort le fond en des trous qui sont à un certain niveau transversal de la nappe, illustré par les traits pointillés parallèles 31 figurant les filaments entre lesquels une aiguille traverse la nappe. Lorsque la platine 12 se décale transversalement, comme illustré à la figure 3, les aiguilles qui sont fixes par rapport à la machine (hormis leur mouvement vertical) traversent la nappe de filaments de renfort en des points 33 qui sont décalés par rapport aux points 30 correspondant à la configuration de la figure 2, ce qui se matérialise par un écart de ces points 33 vis-à-vis des lignes pointillées 31. L'amplitude de ces écarts, ainsi que la distance parcourue par la nappe de renfort pour que la platine 12 se retrouve dans la même position, sont des paramètres variables qui permettent d'exécuter différents modes de réalisation tels que décrits ci-après.

Dans la configuration illustrée à la figure 8, on constate que la nappe de filaments de renfort subit un mouvement transversal, qui est représenté de manière exagérée pour bien comprendre le principe de l'invention. Ce mouvement alternatif présente une fréquence spatiale D2 correspondant à deux pas de couture, matérialisés par deux segments 40, 41 de fils de couture présents entre deux points 43, 44 situés au même niveau transversal de de la nappe par exemple. On constate également que les fils de couture traversent la nappe de filaments de renfort en deux points alignés à chaque coup de couture, comme le matérialise les traits pointillés 45. Dans la forme illustrée à la figure 8, les fils de couture sont cousus avec un point de tricot.

Lorsque le renfort de la figure 8 est étiré, de manière à repositionner les filaments de renfort dans une configuration parallèle, les fils de couture se déforment. Par exemple, le trou 48 du fil se déplace latéralement vers la gauche, tandis que le trou suivant 49 du même fil se déplace vers la droite. Dans le même temps, le trou 44 du fil adjacent se déplace également vers la droite, de sorte que l'on obtient les motifs en chevrons de la figure 9, dans laquelle les trous de passage 44, 48 du fil qui étaient alignés juste après la couture se retrouvent décalés les uns par rapport aux autres transversalement, le chevron 46 pénétrant à l'intérieur du chevron 47 du fil adjacent. On constate ainsi que la distance séparant deux trous situés à un même niveau transversal, qui étaient dans l'Art antérieur d'un pas de couture, est maintenant de deux pas de couture. Le risque de création de canaux longitudinaux est ainsi réduit. Ceci est d'autant plus perceptible car entre deux trous 44,42 d'un même fil de couture, qui ont tendance à écarter les filaments dans une certaine direction, on trouve un trou 48 du fil adjacent, qui au contraire tire les filaments dans la direction opposée, comme illustré à la figure 10. En pratique, l'avantage conféré par l'invention peut se mesurer au moyen du taux de couverture, c'est-à-dire le rapport entre la surface occupée par les filaments de la nappe de renfort sur une surface unitaire. Une telle mesure peut s'effectuer par exemple de manière optique, en soumettant le renfort obtenu à un rétroéclairage, et en calculant la surface traversée par la lumière de rétroéclairage, après un seuillage approprié. Ainsi, dans la forme illustrée à la figure 11, le taux de couverture mesurée est de l'ordre de 97,4 %., avec une taille des trous de l'ordre de 0,3mm. Ce taux est à comparer avec le mode de réalisation de l'Art antérieur illustré aux figures 4 et 5, dans lesquelles on constate la création de canaux continus 38 longitudinaux, d'une largeur de 0,66mm, qui induisent un taux de couverture nettement inférieure, de l'ordre de 86,8 %. Il est à noter qu'un tel exemple de réalisation a été obtenu en utilisant des fils de carbone de module intermédiaire, et plus précisément le fil commercialisé sous la référence IMS65 24K E23 par la société TOHO TENAX, et un fil de couture à base de copolyamide, et plus précisément le fil commercialisé sous la référence Grilon K140 par la société EMS , d'un titre de 23dtex.

Un autre mode de réalisation est illustré aux figures 12 à 15. Cet exemple diffère de l'exemple précédent en ce que le mouvement de déplacement transversal de la nappe de filaments de renfort est périodique tous les quatre coups de couture. Il s'ensuit que comme illustré à la figure 13, lorsque le renfort est étiré après couture, correspondant à la distance D4 certains segments initiaux 51, 52 du fils de couture présents sur la face avant se trouvent allongés tandis que d'autres 53, 54 se trouvent raccourcis. On constate ainsi à la figure 13 qu'un même fil de couture dessine une courbe sur la face avant qui possède deux segments plus longs 61, 62 formant un premier chevron 65, suivi par deux segments 63, 64 plus courts formant un chevron étendu, qui pénètre dans le chevron correspondant du fils adjacent, de manière à assurer un maintien de l'intégralité des filaments. On constate également que la distance longitudinale entre deux trous situés au même niveau dans le sens de la fibre est plus grande que pour l'exemple de la figure 8, comme illustré à la figure 14.

La mesure du taux de couverture, à partir de la photographie reproduite à la figure 15 donne une valeur de l'ordre de 98,9 %, avec une taille des trous de l'ordre de 0,18mm. Un troisième exemple est illustré aux figures 16 à 19, dans lequel le mouvement transversal de la nappe de fils de renfort est périodique tous les deux pas de couture, de la même manière que la figure 8. Toutefois, dans l'exemple de la figure 16, le fil de couture est cousu en alternant un point de tricot 71 avec un point de chaînette 72, de manière à dessiner une courbe sur la face avant qui combine des trapèzes. On notera à nouveau qu'avant élongation du textile, les trous formés par les passages des fils de couture sont bien alignés, selon les traits pointillés 75.

Après élongation et remise des fils de renfort dans une configuration parallèle, les fils de couture 70 se déforment pour donner la configuration de la figure 17.

On note que le positionnement des trous, visible à la figure 18 est tel que les trous alignés 76, 77 sont écartés d'une distance de deux pas de couture. On observe également que la combinaison d'un point de couture et d'un point de chaînette permet de diminuer l'angle fait par la trajectoire du fil sur la face avant, de sorte que les filaments qui sont maintenus au niveau des changements de direction du fil de couture sont moins contraints que dans une configuration des exemples précédents pour lesquels le point de couture est uniquement un point de tricot. Le renfort obtenu illustré à la figure 19 présente un taux de couverture de l'ordre de

97,5 %, à comparer avec le taux de couverture d'un renfort selon l'Art antérieur, illustré aux figures 6 et 7, réalisé également avec une couture combinant des points de tricot et des points de chaînette, qui est de l'ordre 87,2 % du fait de la présence de canaux 39 longitudinaux, d'une largeur de l'ordre de 0,58 mm. Dans l'exemple de la figure 19, la taille ou largeur des trous de couture, c'est-à-dire la distance transversale la plus grande entre deux filaments de part et d'autre du trou est de l'ordre de 0,3mm.

Le quatrième mode de réalisation illustré aux figures 20 à 23 est réalisé avec un point de couture combinant un point de chaînette 81 et un point de tricot 82. Le mouvement alternatif de déplacement transversal de la nappe de filaments de renfort est périodique tous les quatre coups de couture. Après élongation du renfort, les fils de couture se déforment tel qu'illustré à la figure 21, avec une configuration des points 84 de traversée des fils de couture illustré à la figure 22. Le taux de couverture tel que mesuré à partir de la photographie de la figure 23 est de l'ordre de 98,5 %, avec des tailles de trous de l'ordre de 0,23 mm.

Bien entendu, de multiples variantes de réalisation peuvent être envisagées, en utilisant une périodicité du mouvement transversal de la nappe de filaments de renfort sur un nombre plus important de pas de couture, de manière à encore augmenter la distance entre deux trous de passage du fil de couture qui soient alignés transversalement. La trajectoire du mouvement peut également être adaptée en fonction des applications souhaitées, voire même être aléatoire ou quasi aléatoire pour augmenter encore la distance entre trous alignés.

Il ressort de ce qui précède que le procédé conforme à l'invention permet d'obtenir des renforts qui possèdent un taux de couverture nettement plus élevé que ceux mesurés dans l'état de l'Art.