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Title:
METHOD FOR PRODUCING A MOULDED MEMBER
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/2008/096047
Kind Code:
A2
Abstract:
The invention relates to a method for producing a moulded member from a gypsum-based hydraulic binder, a granular charge and water, wherein the mixture (18) is placed in a mould (10) and submitted to a compacting pressure (20) of about 1 to 5 MPa, for example, with an energy sufficient for fractioning the gypsum crystals present in the mixture, the member being then extracted from the mould.

Inventors:
SERRAS, Edouard (38 Bis Boulevard d'Argenson, Neuilly sur Seine, F-92200, FR)
Application Number:
FR2007/000199
Publication Date:
August 14, 2008
Filing Date:
February 02, 2007
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Assignee:
SERRAS, Edouard (38 Bis Boulevard d'Argenson, Neuilly sur Seine, F-92200, FR)
International Classes:
B28B3/02
Attorney, Agent or Firm:
ERNEST GUTMANN - YVES PLASSERAUD SAS (3 rue Auber, Paris, F-75009, FR)
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Claims:

REVENDICATIONS

1. Procédé de fabrication d'un élément moulé à partir d'un mélange d'un liant hydraulique à base de plâtre, d'une charge granulaire et d'eau, consistant à placer le mélange dans un moule (10) correspondant à l'élément à fabriquer, à compacter le mélange dans le moule et à extraire l'élément du moule, caractérisé en ce que :

- le mélange (18) contient une quantité d'eau au moins égale à 1 ,5 fois la quantité nécessaire à l'hydratation du liant, - on applique au mélange pendant le compactage une énergie (22) propre à fractionner les cristaux de gypse présents dans le mélange puis on extrait l'élément du moule et on laisse la croissance des cristaux de gypse s'effectuer en dehors du moule.

2. Procédé selon la revendication 1 , caractérisé en ce que le mélange contient des cristaux de gypse quand il est placé dans le moule.

3. Procédé selon la revendication 1 , caractérisé en ce qu'on applique ladite énergie (22) au mélange de façon continue.

4. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on applique ladite énergie (22) au mélange de façon discontinue par impulsions ou par trains d'impulsions.

5. Procédé selon la revendication 1 ou 2, caractérisé en ce qu'on applique ladite énergie (22) au mélange sous forme de chocs ou de séries de chocs ou d'ondes de choc.

6. Procédé selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisé en ce qu'on applique ladite énergie (22) au mélange sous forme vibratoire.

7. Procédé selon la revendication 6, caractérisé en ce qu'on applique l'énergie (22) au mélange sous forme d'une alternance de trains d'impulsions et de périodes de repos.

8. Procédé selon la revendication 7, caractérisé en ce que les vibrations ont une amplitude d'environ 0,5 à 2mm et une accélération d'environ 7 à 30g.

9. Procédé selon la revendication 7 ou 8, caractérisé en ce que l'énergie appliquée au mélange dans le moule est d'environ 150 à 300J/kg de mélange.

10. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la pression de compactage (20) appliquée au mélange dans le moule est inférieure à 60 bars (6MPa).

11. Procédé selon la revendication 10, caractérisé en ce que la pression de compactage (20) appliquée au mélange dans le moule est d'environ 10 à 50 bars, soit 1 à 5MPa. 12. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la durée du compactage et de l'application de l'énergie (22) au mélange dans le moule est comprise entre environ 15 secondes et 2 minutes.

13. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que la pression de démoulage de l'élément est inférieure ou égale à

20 bars (2MPa).

14. Procédé selon l'une des revendications précédentes, caractérisé en ce que le mélange comprend de 20 à 40 % environ en poids de plâtre pour 80 à 60 % en poids de charge granulaire, et une quantité d'eau égale à au moins 35 % du poids de plâtre.

15. Procédé selon l'une des revendications 1 à 14, caractérisé en ce que la quantité d'eau dans Ie mélange (18) est comprise entre 35 et 70 % environ du poids de plâtre.

Description:

PROCEDE DE FABRICATION D'UN ELEMENT MOULE

L'invention concerne un procédé de fabrication d'un élément moulé, notamment d'un élément de construction, à partir d'un mélange d'un liant hydraulique à base de plâtre, d'une charge granulaire et d'eau.

Le plâtre qui est connu et utilisé depuis très longtemps, est un semi- hydrate de sulfate de calcium obtenu par broyage et déshydratation du gypse qui est une roche naturelle formée de sulfate de calcium di-hydraté à structure cristalline. La mise en contact du plâtre avec de l'eau déclenche une réaction d'hydratation et de « prise » du plâtre, qui reconstitue du gypse à structure cristalline. Cette réaction est exothermique et s'accompagne d'une expansion volumique.

On connaît de nombreux documents décrivant des procédés qui consistent à comprimer plus ou moins longtemps et sous pression plus ou moins élevée un mélange de plâtre, d'une charge granulaire et d'une faible quantité d'eau dans un moule, puis à démouler l'élément obtenu qui présente en général une résistance en compression relativement élevée, permettant de l'utiliser en construction comme élément porteur ou autoportant.

Parmi ces documents, le brevet européen 0.290.571 décrit un procédé de moulage à expansion contrariée qui consiste à mouler sous pression un mélange de plâtre, de sable et d'eau, contenant une quantité d'eau égale à la quantité nécessaire à l'hydratation et à la cristallisation du plâtre, avec éventuellement 1 à 2 % d'eau en excès. Le mélange est compacté dans un moule puis on empêche le volume interne du moule d'augmenter pendant la prise du plâtre (on s'oppose à l'expansion volumique), ce qui se traduit par une densification du réseau cristallin du gypse dans le produit moulé et par une bonne précision dimensionnelle du produit. Comme l'expansion volumique du plâtre a lieu sous pression dans

le moule, l'effort de démoulage appliqué au produit moulé est très important et supérieur à l'effort de compression du mélange dans le moule.

Les autres documents de l'état de la technique décrivent également des procédés dans lesquels le mélange placé dans le moule contient une quantité d'eau sensiblement égale à la quantité nécessaire à l'hydratation du plâtre.

Le document WO 02/070435 du déposant décrit un procédé de fabrication d'un élément de construction qui se distingue des procédés connus sous plusieurs aspects, notamment en ce que la quantité d'eau ajoutée au plâtre dans le mélange est sensiblement égale à deux fois la quantité nécessaire à l'hydratation du plâtre, en ce que la pression appliquée au mélange dans le moule est supérieure à une valeur seuil (qui est par exemple de 150 bars environ à 20 0 C) à partir de laquelle on ne constate plus de prise du plâtre dans le moule, et en ce que la durée de compression du mélange dans le moule est courte, par exemple d'une minute environ, après quoi l'élément est démoulé, la prise du plâtre se faisant après le démoulage et en dehors du moule.

L'élément ainsi fabriqué a d'excellentes caractéristiques mécaniques et ses cristaux de gypse ont une dimension faible, typiquement d'environ 1 à 10μm, bien que la cristallisation ait lieu en dehors du moule, à la pression atmosphérique et sans être contrariée. Ce procédé présente de nombreux avantages par rapport aux autres procédés connus, notamment du fait que le démoulage de l'élément est effectué avant prise et expansion du plâtre et nécessite un effort de démoulage relativement très faible. De plus, la mise en œuvre industrielle de ce procédé est beaucoup plus simple que celle des autres procédés connus.

La présente invention a pour objet un nouveau procédé de fabrication d'éléments moulés du type précité, qui est plus performant et plus avantageux que les procédés connus. Elle propose à cet effet un procédé de fabrication d'un élément moulé à partir d'un mélange d'un liant hydraulique à base de plâtre, d'une

charge granulaire et d'eau, consistant à placer le mélange dans un moule correspondant à l'élément à fabriquer, à compacter le mélange dans le moule et à extraire l'élément du moule, le procédé étant caractérisé en ce que : - le mélange contient une quantité d'eau au moins 1 ,5 fois supérieure à la quantité nécessaire à l'hydratation du liant,

- on applique au mélange pendant le compactage une énergie propre à fractionner les cristaux de gypse présents dans le mélange puis on extrait l'élément du moule et on laisse la croissance des cristaux de gypse s'opérer en dehors du moule.

L'élément obtenu possède des caractéristiques mécaniques excellentes comparables ou supérieures à celles des pierres de taille, une porosité très faible, un aspect lisse et sans défaut, ne nécessitant ni peinture, ni enduit, et est utilisable sans cuisson ni séchage. Le procédé selon l'invention est basé sur la combinaison de plusieurs moyens dont la coopération permet de simplifier beaucoup la fabrication des éléments et d'obtenir des caractéristiques mécaniques supérieures :

- une pression qui peut être de valeur relativement faible est appliquée au mélange dans le moule pour le défoisonner, le compacter et pour faire circuler et répartir l'eau contenue dans le mélange, puis pour évacuer l'eau en excès,

- une énergie est appliquée au mélange dans le moule pour casser les cristaux de gypse contenus dans le mélange et les transformer en germes initiateurs de cristallisation, ce qui permet d'avoir finalement un réseau cristallin très fin et très dense dans l'élément,

- l'excès d'eau réparti dans le mélange est évacué du moule après avoir circulé de façon très turbulente dans des capillaires très fins formés dans le mélange entre les grains de la charge, cette circulation forcée et les déplacements des grains de la charge et des cristaux de gypse contribuant aux fractures des cristaux de gypse en germes et se traduisant par une

diffusion des germes au sein du mélange et par un transport vers les surfaces de l'élément de certains de ces germes et des particules les plus fines de la charge. La densité du matériau est ainsi un peu plus élevée au voisinage des surfaces de l'élément, et sa porosité superficielle est plus faible. L'élément selon l'invention a en conséquence une dureté superficielle accrue, une meilleure tenue à l'eau, une résistance supérieure au gel et de meilleures caractéristiques mécaniques.

Avantageusement, le mélange précité contient déjà des cristaux de gypse lorsqu'il est placé dans le moule et soumis à la pression de compactage et à l'énergie de fractionnement des cristaux.

Ces cristaux ont été par exemple formés naturellement au cours de la préparation du mélange par malaxage du liant à base de plâtre, de la charge granulaire et de l'eau.

Cette préparation peut durer de une à quelques minutes, pendant lesquelles l'hydratation du plâtre se traduit par la formation et la croissance de cristaux de gypse.

On peut ensuite placer le mélange dans le moule, le compacter et lui appliquer l'énergie qui va provoquer le fractionnement des cristaux de gypse. Cela réduit de façon notable la durée de séjour du mélange dans le moule et augmente la cadence de fabrication.

L'énergie appliquée au mélange dans le moule est naturellement concentrée sur les cristaux de gypse présents dans le mélange et elle provoque l'éclatement ou l'implosion de ces cristaux, qui sont fractionnés en particules fines constituant des germes de cristallisation. Il est important de comprendre que ce résultat ne peut pas être obtenu si le mélange dans le moule ne contient pas un grand excès d'eau, c'est-à-dire une quantité d'eau égale à environ deux à trois fois la quantité nécessaire à l'hydratation du plâtre.

En effet, si le mélange ne contient que la quantité d'eau nécessaire à l'hydratation du plâtre, il se comporte comme un milieu sec formé des grains de la charge en appui les uns sur les autres et entre lesquels se

trouvent les cristaux de gypse en cours de formation de sorte que l'énergie appliquée au mélange est concentrée sur les grains de la charge (plus résistants que les cristaux de gypse) qui la transmettent en partie aux parois du moule et qui la dissipent en partie par frottement les uns sur les autres. Les cristaux de gypse présents dans les interstices entre les grains de la charge sont relativement protégés de cette énergie et croissent jusqu'à ce que leur croissance soit bloquée par les grains de la charge dans le mélange soumis à la pression de compactage.

Si au contraire, le mélange contient un grand excès d'eau, il se comporte après compactage et diffusion de l'eau dans le mélange comme un milieu « hydraulique » dans lequel les interstices formés entre les grains de la charge sont remplis d'eau et de cristaux de gypse et qui favorise les déplacements des grains de la charge et des cristaux de gypse. Lorsque l'énergie est appliquée au mélange compacté dans le moule, elle est transmise par l'eau qui remplit les interstices entre les grains, aux cristaux de gypse qui sont dans ces interstices.

Le niveau de l'énergie ainsi appliquée aux cristaux de gypse est suffisant pour provoquer leurs fractionnements en micro-particules, qui sont des germes de cristallisation. Chaque cristal de gypse est fractionné en une pluralité de micro-cristaux qui vont eux-mêmes croître et être fractionnés à leur tour si l'énergie précitée est de nouveau appliquée au mélange compacté dans le moule. Cela se traduit finalement par un nombre beaucoup plus grand de cristaux de gypse dans l'élément moulé, par une dimension finale beaucoup plus faible de ces cristaux, par un meilleur remplissage des interstices entre grains par les cristaux de gypse et donc par une porosité très faible du matériau.

La rupture des cristaux est par ailleurs facilitée par ce que l'on appelle le « phénomène d'effondrement » que l'on constate lorsqu'un point faible d'une structure cède sous une charge et provoque alors l'effondrement de toute la structure. Dans le cas présent, les cristaux de gypse présents dans le mélange constituent une sorte de squelette ou

d'armature dont les différentes zones n'ont pas la même résistance au même moment. Dans ces conditions, l'application de l'énergie précitée au mélange provoque d'abord la rupture des parties les plus faibles de cette armature, et cette rupture se propage aux autres parties de l'armature. La répartition et la diffusion de l'eau dans le mélange sont facilitées par la dilatance de Reynolds, phénomène que l'on constate lorsqu'on soumet un milieu granulaire saturé d'eau à une pression qui déplace les grains : l'eau qui se trouvait à la surface du milieu granulaire avant compression est aspirée à l'intérieur de ce milieu quand celui-ci est déformé par pression. Cela s'explique par le fait que les grains du milieu étaient bien ordonnés les uns par rapport aux autres avant l'application de la pression, avec des interstices faibles entre les grains. Les déplacements des grains augmentent les volumes de ces interstices et diminuent la compacité du milieu de sorte que de l'eau initialement présente en surface peut s'infiltrer dans le milieu et disparaît de la surface.

Dans le cas présent, le compactage du mélange dans le moule se traduit par une diminution notable de sa hauteur et donc par des déplacements des grains de la charge.

Ces déplacements provoquent, selon le principe de dilatance de Reynolds, des diminutions de la compacité du mélange, qui favorisent la répartition et la diffusion de l'eau dans le mélange, ce qui favorise l'application de l'énergie de fractionnement aux cristaux de gypse présents dans le mélange.

Pendant la phase de compactage et d'application de l'énergie, l'excès d'eau contenu dans le mélange s'écoule progressivement hors du moule. Les jeux prévus dans le moule pour l'évacuation de cet excès d'eau peuvent être déterminés pour que l'eau en excès soit à peu près totalement évacuée du moule à la fin de la phase de compactage et d'application de l'énergie de fractionnement des cristaux, dont la durée totale peut varier assez largement en fonction des conditions opératoires et est par exemple d'environ 15 secondes à deux minutes. L'élément démoulé ne contient pas

ou pratiquement pas d'eau en excès et est sec et utilisable après quelques minutes.

L'énergie de fractionnement des cristaux peut être appliquée au mélange dans le moule de façon continue ou discontinue. La pression de compactage appliquée au mélange dans le moule peut fournir une partie de l'énergie de fractionnement.

De même, l'énergie de fractionnement appliquée au mélange dans le moule peut contribuer au compactage du mélange.

Par exemple, cette énergie peut être appliquée de façon continue sous forme d'une pression relativement élevée, constante ou modulée dans le temps.

Elle peut également être appliquée par impulsions ou par trains d'impulsions, par exemple sous forme d'une alternance de trains d'impulsions et de périodes de repos, sous forme de chocs ou de séries de chocs répétés ou d'ondes de choc, ou bien sous forme vibratoire.

Typiquement, ces impulsions ont une accélération d'environ 7 à 30g, de préférence d'environ 20g.

Les vibrations appliquées au mélange ont typiquement une amplitude comprise entre 0,5 et 2mm et de préférence d'1mm environ avec une fréquence de 15 à 20 Hz environ. Ces vibrations ou impulsions sont appliquées au mélange par séries ayant une durée comprise entre quelques secondes et 15 ou 20 secondes environ, la durée totale d'application de l'énergie étant comprise entre quelques secondes et deux minutes environ. Typiquement, cette énergie est au total d'environ 150 à 300J/kg de mélange.

La pression de compactage est appliquée de façon sensiblement continue au mélange pendant la phase de fractionnement des cristaux de gypse pour assurer la diffusion de l'excès d'eau et son évacuation hors du moule et participe au fractionnement des cristaux de gypse. Elle est typiquement inférieure à 60 bars (6MPa) et est par exemple comprise entre

10 et 50 bars (1 et 5MPa) dans le cas de la fabrication d'un bloc de construction équivalent à un parpaing ou à un pierre de taille. Elle peut être constante ou variable dans le temps.

L'effort qu'il faut appliquer ensuite à l'élément pour le démouler est relativement faible et correspond à une pression inférieure à 20 bars (2MPa) environ dans le cas du bloc précité, grâce au fait que ce démoulage est effectué juste après le fractionnement des cristaux de gypse et avant l'expansion et la prise du plâtre qui se produisent pour l'essentiel en dehors du moule. De façon générale, le procédé selon l'invention est beaucoup plus facile et avantageux à mettre en œuvre que les procédés de la technique antérieure, notamment en raison du fait que les pressions appliquées au mélange dans le moule sont moins importantes, que le temps de séjour dans le moule est plus faible et que l'effort de démoulage est relativement très faible.

Ce procédé est notamment applicable à la fabrication d'éléments de construction tels que des blocs, par exemple équivalents à des parpaings en béton ou à des pierres de taille, des poutres, des carreaux, des panneaux et des éléments de mur de plus ou moins grande taille, etc, et de façon générale s'applique à la fabrication d'éléments moulés de toutes formes et de toutes dimensions.

Il s'applique aussi à la fabrication d'éléments moulés qui ne sont pas des éléments de construction et qui sont habituellement réalisés en des matériaux tels que la pierre naturelle, le verre, la céramique ou analogue : par exemple des bancs, des tables, des plateaux, des éviers, des vasques, des baignoires, etc.

L'invention sera mieux comprise et d'autres détails, caractéristiques et avantages de celle-ci apparaîtront plus clairement à la lecture de la description qui suit, faite à titre d'exemple en référence au dessin annexé, qui illustre schématiquement le procédé selon l'invention et sa mise en œuvre.

Sur ce dessin, la référence 10 désigne un moule de fabrication d'un élément tel qu'un bloc de construction qui est par exemple de forme parallélépipédique rectangle, le moule comprenant des parois latérales 12, un couvercle 14 et un fond 16, le couvercle 14 étant mobile en translation entre les parois latérales 12 pour le compactage dans le moule d'un mélange 18 d'un liant hydraulique tel que du plâtre, d'une charge granulaire telle que du sable ou analogue, et d'une quantité d'eau qui est déterminée selon l'invention pour être au moins 1 ,5 fois supérieure à la quantité d'eau nécessaire à l'hydratation du plâtre et qui est de façon préférentielle deux à trois fois supérieure environ à cette quantité d'eau d'hydratation.

Le fond 16 du moule 10 est également mobile en translation entre les parois latérales 12, vers le haut pour participer au compactage et pour le démoulage de l'élément de construction formé à partir du mélange 18 et de l'application de l'énergie de fragmentation des germes cristallins. Des jeux faibles entre les parois latérales 12 du moule, son couvercle 14 et son fond 16 autorisent une évacuation de l'excès d'eau contenu dans le mélange 18 et qui est chassé hors du moule lors du compactage du mélange 18 et de l'application de l'énergie de fragmentation des cristaux. La dimension de ces jeux est de quelques dixièmes de millimètres, ce qui est suffisant pour permettre l'évacuation de l'eau en excès sur une durée comprise typiquement entre 30 secondes et deux minutes environ.

Le mélange 18 placé dans le moule comprend, par exemple, de 20 à 40 % en poids environ de plâtre pour 80 à 60 % en poids environ d'une charge granulaire telle que du sable, et une quantité d'eau qui est au moins égale à deux fois environ la quantité d'eau nécessaire à la prise du plâtre, c'est-à-dire qui est d'environ au moins 35 parts en poids pour 100 parts en poids de plâtre.

Cette quantité d'eau peut être par ailleurs nettement supérieure à cette valeur de 35 % et on a constaté dans certains cas, que l'on peut

augmenter la quantité d'eau dans le mélange jusqu'à environ 60% ou 70 % en poids de la quantité de plâtre utilisée.

Ce mélange peut également comprendre de la chaux, par exemple dans une proportion de 10 % environ en poids de fleur de chaux pour 90 % de plâtre, ainsi que des additifs tels que des fluidifiants, des hydrofugeants et/ou des oléofugeants.

Lorsqu'une quantité prédéterminée du mélange de liant, de charge et d'eau a été placée dans le moule 10, le couvercle 14 est mis en place et une pression de compactage est appliquée au couvercle 14 et de là au mélange 18 placé dans le moule, dont le fond 16 est bloqué en position ou bien est soumis lui aussi à une force de compactage du mélange 18.

La pression 20 de compactage du mélange 18 dans le moule a une valeur de l'ordre de 10 à 50 bars, soit 1 à 5 MPa, et est appliquée pendant une durée suffisante, pour défoisonner et tasser le mélange 18 dans le moule, en évacuant l'air contenu dans ce mélange, en répartissant dans le mélange l'eau qu'il contient, en contribuant au fractionnement des cristaux de gypse et finalement en évacuant hors du moule l'eau en excès qui n'a pas été absorbée par le plâtre.

De façon bien connue, la cristallisation du gypse débute, dans des conditions normales, dès que le plâtre est en contact avec l'eau. Un début de cristallisation du gypse se produit donc dans le mélange 18 pendant sa préparation et au début du compactage. Avantageusement, selon l'invention, le plâtre du mélange peut avoir déjà fait une partie non négligeable de sa prise (par exemple de 10 à 25% ou davantage) lorsqu'il est placé dans le moule, contrairement à la technique antérieure où le mélange doit être placé dans le moule aussi vite que possible et dès que le plâtre a été mis en contact avec l'eau. Cette caractéristique de l'invention permet de préparer une grande quantité de mélange en une seule fois et de la répartir ensuite sans problème dans plusieurs moules. Ensuite, on applique la pression de compactage au mélange dans le moule et on lui applique en outre une énergie 22 qui peut participer au

défoisonnement et au compactage du mélange et qui va être essentiellement concentrée sur le réseau cristallin du gypse formé ou en cours de formation pour provoquer le fractionnement des cristaux de gypse en particules très fines qui sont des cristaux de très petite dimension (des germes).

Lorsqu'il est vu de façon globale, ce phénomène correspond à un blocage ou une inhibition de la cristallisation du gypse. En fait, les cristaux de gypse présents dans le mélange sont fractionnés et réduits en germes plus petits et plus nombreux qui vont croître pendant un certain temps avant d'être à nouveau fractionnés en germes par une nouvelle application de l'énergie 22 précitée, ce cycle opératoire pouvant être répété plusieurs fois sur une période de temps de l'ordre de 15 secondes à une ou deux minutes.

Le fractionnement des cristaux de gypse résulte, pour ce que l'on croit actuellement, d'une combinaison des phénomènes suivants :

- l'eau dans le mélange 18 est répartie et mise en circulation forcée lors du compactage dans des capillaires et interstices de très faibles dimensions formés dans le mélange 18 entre les grains de la charge. Cette circulation extrêmement turbulente s'effectue à vitesse relativement élevée, en raison de la faible dimension des capillaires et des interstices et soumet les cristaux de gypse à des vibrations et à des efforts qui peuvent avoir des amplitudes très élevées pendant des durées très courtes et qui sont plus ou moins comparables à ce que l'on observe dans un phénomène de . résonance, - l'énergie 22 qui est appliquée au mélange contenant un excès d'eau est transmise par l'eau aux cristaux de gypse présents dans le mélange et, quand sa valeur est suffisante, provoque le fractionnement ou l'implosion d'au moins la partie la plus faible mécaniquement de ces cristaux, favorisé par les déplacements des grains de la charge qui résultent de l'application de la pression de compactage et de l'énergie de fractionnement des cristaux de gypse,

- l'implosion de la partie la plus faible du réseau cristallin du gypse est propagée au reste du réseau sous l'effet conjugué de la pression de compactage et de l'énergie de fractionnement et des déplacements qui en résultent. Le fractionnement des cristaux de gypse, provoqué par l'application éventuellement répétée de l'énergie 22, se traduit globalement par une augmentation de la vitesse de cristallisation (qui dépend du nombre de germes), par un plus grand nombre de cristaux en fin de cristallisation, par des dimensions finales plus faibles des cristaux, par un meilleur remplissage des interstices entre les grains de la charge, et par une porosité plus faible du matériau.

L'énergie 22 de fractionnement des cristaux de gypse peut être appliquée de différentes façons :

- cette énergie peut être continue et dans ce cas c'est une force ou une pression, de valeur constante ou modulable, qui est appliquée au mélange 18 dans le moule pendant une durée qui dépend de la puissance utilisée (plus la puissance est élevée, plus la durée peut être courte),

- cette énergie peut être vibratoire et c'est alors une vibration d'une fréquence de 15 à 20 Hz environ, d'une amplitude comprise entre 0,5 et 2mm environ et par exemple égale à 1mm environ, et produisant des accélérations de l'ordre de 10 à 20g, plus généralement comprises entre 7 et 30g environ, qui est appliquée au mélange 18 dans le moule par périodes d'environ 5 à 20 secondes chacune, séparées par des périodes de repos de même durée ou de durée inférieure. - cette énergie 22 peut également être appliquée au mélange 18 dans le moule sous forme de chocs ou d'ondes de chocs répétés générant des accélérations de l'ordre de 10 à 20g dans le mélange 18.

Bien entendu, cette énergie de fractionnement pourrait être appliquée au mélange dans le moule après le compactage du mélange. Cela prolongerait toutefois la durée du séjour de l'élément dans le moule et réduirait la cadence de fabrication.

L'énergie totale appliquée au mélange pour la rupture des cristaux de gypse est évaluée à environ 150-300J/kg de mélange 18 et en particulier à environ 200-250J/kg de mélange 18 contenant 30 % en poids de plâtre. On peut utiliser pour appliquer cette énergie au mélange des dispositifs vibrants disponibles dans le commerce, tels par exemple que des tiges ou des aiguilles vibrantes ou des plaques vibrantes.

Pendant le compactage et l'application de cette énergie, l'eau en excès dans le mélange 18 migre vers les parois latérales 12 du moule et est évacuée hors du moule par les jeux entre ces parois latérales et le couvercle 14 et le fond 16 du moule. Pendant cette migration, l'eau entraîne avec elle les plus fines particules de la charge granulaire ainsi que des germes de cristallisation de sorte que l'élément de construction finalement obtenu a une dureté superficielle et une densité superficielle qui sont plus élevées que sa dureté moyenne et sa densité moyenne, respectivement.

Lorsque l'énergie 22 de rupture des cristaux de gypse a été appliquée au mélange 18 dans le moule, le moule est ouvert et l'élément de construction est démoulé, par application d'une pression de démoulage 24 sur le fond 16 du moule. Etant donné que les cristaux de gypse à ce moment là ont des dimensions très faibles, l'expansion volumique dans le moule est faible ou quasi nulle et la pression nécessaire au démoulage est relativement très faible. En pratique, cette pression est inférieure à 20 bars (2MPa).

La croissance des cristaux se produit pour l'essentiel après le démoulage de l'élément, en dehors du moule et peut être mise en évidence par l'élévation de la température de l'élément, la réaction de cristallisation étant exothermique, et par l'augmentation du volume de l'élément moulé, dont les dimensions finales sont supérieures à celles du volume de moulage. Les qualités mécaniques de cet élément moulé sont remarquables : sa résistance en compression peut atteindre 50MPa et sa densité atteint ou

dépasse 2,2, ces valeurs étant obtenues pour une granulométrie optimale de la charge correspondant à une compacité maximale.

Des examens des éléments moulés selon l'invention ont montré que la taille moyenne des cristaux de gypse dans ces éléments est comprise entre 1 et 10μm, alors qu'elle est d'environ 100 à 200μm pour du plâtre cristallisé à pression atmosphérique.

Comme on le voit, la mise en œuvre du procédé selon l'invention conduit à appliquer au mélange 18 dans le moule des pressions qui sont beaucoup plus faibles que dans l'état de la technique où, de façon générale, des pressions comprises entre 100 et 800 bars ou davantage (soit 10 à 80MPa ou davantage) sont appliquées à des mélanges de plâtre, de sable et d'eau contenant environ 20 % en poids d'eau par rapport au plâtre utilisé, ces mélanges étant en fait pratiquement secs dans la mesure où toute l'eau qu'ils contiennent initialement sert à l'hydratation et la cristallisation du plâtre et est absorbée par celui-ci.