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Title:
METHOD FOR TRANSFORMING AN ORGANIC SUBSTRATE WHILE IMMERSED
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/2019/129776
Kind Code:
A1
Abstract:
The invention comprises a method for transforming an organic substrate. The method comprises a step consisting in positioning the organic substrate (1) in a reactor (2), at least part of which has the ability to exchange certain identified substances (3) in gas or liquid form, and a step of immersing the reactor (2) in an aquatic medium (4) and a step of bringing at least one reagent into the presence of the organic substrate inside the reactor (2). The immersion step consists in lowering the reactor (2) to a predetermined depth (A), keeping the reactor (2) within a range of depths of predetermined amplitude for a predetermined immersion period, and extracting the reactor (2) from the aquatic medium (4).

Inventors:
POIRMEUR, Emmanuel (4 rue du Maréchal Harispe, SAINT-JEAN-DE-LUZ, 64500, FR)
Application Number:
EP2018/086864
Publication Date:
July 04, 2019
Filing Date:
December 24, 2018
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Assignee:
POIRMEUR, Emmanuel (4 rue du Maréchal Harispe, SAINT-JEAN-DE-LUZ, 64500, FR)
International Classes:
C12P7/14; A23F3/08; A24B3/12; C12G1/022; C12G1/06; C12G3/08; C12H1/04; C12H1/22; C12H6/00; C12M1/09; C12M1/18; C12N1/16; C12P1/00; C12P7/06
Foreign References:
JP2002153252A2002-05-28
US20130211160A12013-08-15
US20160237388A12016-08-18
FR2921934A12009-04-10
JP3253235B22002-02-04
FR2921934A12009-04-10
EP2360235A12011-08-24
EP2982742A12016-02-10
US20130211160A12013-08-15
Attorney, Agent or Firm:
LLR (11 Boulevard de Sébastopol, PARIS, 75001, FR)
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Claims:
REVENDICATIONS

1 . Procédé de transformation d’un substrat organique (1 ) caractérisé en ce qu’il comprend :

i- une étape consistant à placer le substrat organique (1 ) dans un réacteur (2) dont une partie au moins présente une capacité d’échanges de certaines substances identifiées (3) sous forme gazeuse ou liquide, ladite capacité d’échange allant de l’extérieur du réacteur vers l’intérieur du réacteur et inversement ; ii- une étape d’immersion du réacteur (2) dans un milieu aquatique (4), cette étape d’immersion consistant à descendre le réacteur (2) jusqu’à une profondeur prédéterminée (A), maintenir le réacteur (2) dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée pendant une durée d’immersion prédéterminée ;

iii- une étape consistant à mettre en présence dudit substrat organique (1 ) et au sein dudit réacteur (2), au moins un réactif (R) susceptible de réagir avec ledit substrat organique (1 ) dans son état initial pour le transformer en tout ou partie en un produit (P) dans son état final, ledit réactif (R) étant introduit dans le réacteur (2) pendant l’étape i) et/ou pendant l’étape ii) ;

iv- une étape de sortie du réacteur (2) hors du milieu aquatique (4) ; v- une étape de récupération du produit (P)

étant entendu que le produit (P) est différent du substrat organique (1 ) initial, et qu’il ne constitue ni une multiplication du substrat organique (1 ) issu d’un procédé de culture du substrat organique, ni un résidu de digestion par des microorganismes ou enzymes du substrat organique (1 ).

2. Procédé selon la revendication 1 , caractérisé en ce que au moins un réactif (R) est introduit dans le réacteur (2) avec le substrat organique (1 ) lors de l’étape i).

3. Procédé selon la revendication 1 , caractérisé en ce que le au moins un réactif (R) est issu d’une première transformation de(des) espèce(s) chimique(s) constitutive(s) du substrat organique (1 ), sous l’effet d’un facteur de réactivité généré par l’immersion du réacteur (2) lors de l’étape ii), ledit facteur de réactivité étant choisi parmi la température, la pression, l’agitation du milieu et le rayonnement actinique, seul ou en combinaison.

4. Procédé selon la revendication 1 , caractérisé en ce que le au moins un réactif (R) est issu du milieu aquatique (4) et pénètre à l’intérieur du réacteur (2) lors de l’étape ii) au moyen de la capacité d’échange de certaines substances identifiées de tout ou partie du réacteur.

5. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes caractérisé en ce que au moins un réactif (R) est introduit dans le réacteur (2) de façon concomitante au substrat organique (1 ) et/ou durant l’étape d’immersion ii).

6. Procédé selon la revendication 1 , comprenant en outre une étape de traitement à terre vi) du contenu du réacteur (2), ladite étape de traitement à terre étant réalisée après l’étape i) et/ou après l’étape iv) et/ou après l’étape v).

7. Procédé selon la revendication 6, dans lequel l’étape d’immersion ii) suivie de l’étape de sortie du réacteur hors du milieu aquatique vi) et l’étape de traitement à terre vi) s’alternent une ou plusieurs fois.

8. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le réacteur (2) comprend au moins deux compartiments internes.

9. Procédé selon la revendication 8, dans lequel chaque compartiment des au moins deux compartiments internes comprennent une des configurations suivantes : chaque compartiment contient un substrat organique (1 ) de nature identique ou différente ; au moins un compartiment contient un substrat organique (1 ), le second compartiment contient au moins un réactif (R); chaque compartiment contient un substrat organique (1 ) et au moins un réactif (R), le substrat organique (1 ) et le réactif (R) étant identiques ou différents au sein de chaque compartiment ; un compartiment contient un substrat organique (1 ) et au moins un réactif (R), le second compartiment étant vide au moment de l’étape d’immersion (ii) et reçoit au fur et à mesure de la chaîne réactionnelle initiée au sein du réacteur de par son immersion en milieu aquatique, le produit (P).

10. Procédé selon la revendication précédente, dans lequel un premier compartiment comprend ledit substrat organique (1 ) et un second compartiment comprend un matériau absorbant (23) destiné à fixer des molécules indésirables à la transformation du substrat organique (1 ) et/ou le au moins un réactif (R) pour la transformation du substrat organique (1 )

1 1 . Procédé selon l’une quelconques des revendications précédentes, dans lequel le réacteur (2) est réalisé à partir d’au moins un matériau dont la densité est comprise entre 0.3 et 10, ledit matériau étant choisi parmi un matériau plastique dont la densité est comprise entre 0.9 à 1.25, , un matériau minéral dont la densité est comprise entre 1.85 et 2.6, , un matériau végétal dont la densité est comprise entre 0.5 et 0.9, un matériau animal dont la densité est comprise entre 0.4 et 1.4, un matériau métallique ou un alliage de tels matériaux métalliques dont la densité est comprise entre 2.5 et 8 .

12. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le réacteur (2) est pourvu d’un dispositif d’immersion (5) destiné à maintenir le réacteur (2) immergé à la profondeur prédéterminée (A) ou dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée et dans une position souhaitée.

13. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le milieu aquatique (4) contient les substances identifiées (3), le milieu aquatique (4) étant de préférence un milieu marin.

14. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel la profondeur (A) est comprise entre 1 m et 150m.

15. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le substrat organique est choisi parmi les substances comprenant fleurs ; essences d’arbre ; fruits à coques ; pigments d’origine végétale ; légumes ; céréales ; agrumes ; fruits secs, fruits frais, fruits des zones tempérées ou fruits des zones tropicales ; matières premières d’origine végétale riches en sucre ; tubercules ; boissons issues de la distillation ; boissons non alcoolisées issus d’extraction ; épices ou condiments ; plantes aromatiques, plantes à infusion, plantes médicinales ou plantes à fumer ; huiles, graines ou fèves ; fibres végétales ou matières végétales textiles ; cires d’origine végétale ; légumineuses ; sève, résine et gomme d’origine végétale ; pigments d’origine minérale ; substances transformées d’origine agro-alimentaire ; substances avicoles ; substances apicoles ; substances carnées ; graisses animales ; substances caillées ; matières animales ; cires d’origine animale ; substances issues de la fermentation homolactique ; substances issues de la fermentation alcoolique (hors substances issues de la fermentation du moût de raisin) ; substances issues de fermentation acétique ; substances issues de fermentation propionique ; substances issues de fermentation acétonobutylique ; champignons ; substances d’origine marine, seul ou en combinaison

16. Procédé selon l’une quelconque des revendications précédentes, dans lequel le substrat organique (1 ) est issu de vignes du genre Vitis.

Description:
PROCEDE DE TRANSFORMATION D'UN SUBSTRAT ORGANIQUE EN

IMMERSION

[0001 ] La présente invention concerne le domaine des procédés de transformation de substances organiques. L’invention traite plus précisément de procédés de transformation de substances organiques comprenant une étape d’immersion en milieu aquatique naturel ou artificiel.

[0002] Ces environnements aquatiques et notamment l’environnement marin, offrent des conditions physiques, chimiques et biologiques uniques, très difficilement réalisables sur terre (température, pression, composition biologique de l’eau de mer...) et à des coûts énergétiques élevés.

[0003] Il est connu des procédés de transformation de substances organiques à terre. Ces procédés aussi bien artisanaux qu’industriels, sont coûteux en énergie.

[0004] Il est également connu, dans le brevet FR 2 921 934, un procédé de vinification du moût de raisin, dans lequel l’étape d’élevage du moût de raisin, préalablement macéré et fermenté, est réalisée sous l’eau, dans un récipient étanche et scellé.

[0005] Un des inconvénients de ce procédé est qu’il est spécifique à un récipient étanche. Par conséquent, il ne permet pas de mettre en oeuvre des processus réactionnels qui s’appliquent à des substances organiques par action de réactifs issus du milieu environnant.

[0006] De plus, ce procédé se concentre uniquement sur les réactions mises en jeu lors de l’étape d’élevage du moût de raisin macéré et fermenté et ne permet donc pas de travailler sur le substrat à tout moment de sa transformation. Ce procédé, qui modifie les hiérarchies réactionnelles et leurs cinétiques, permet l’obtention et la stabilisation de molécules d’intérêt, notamment aromatiques, labiles ou d’extraction très longues (plusieurs dizaines d’années).

[0007] Il est également connu de l’art antérieur des photo-bioréacteurs mettant en oeuvre des procédés de culture de microorganismes en milieu aquatique, dont l’objectif est notamment de bénéficier d’échanges gazeux ou de nutriment contenus, dans le milieu aquatique et le milieu de culture des microorganismes, pour augmenter le rendement et la qualité de proliférations des microorganismes (EP 2360235 - EP 2982742). De tels procédés ne prennent pas en compte la possibilité de transformation chimique offerte par le milieu aquatique en tant que réactif apte à transformer les espèces chimiques constitutives des microorganismes en des espèces chimiques différentes au sein de ces microorganismes. De même de tels procédés n’ont pas pour objectif de créer des modifications des conditions réactionnelles physiques du fait de l’immersion dans un milieu aquatique (modification de pression, de température, d’environnement lumineux différents de ceux présents en condition réactionnelle terrestre) apte à induire au niveau des microorganismes des chaînes réactionnelles permettant de créer au sein desdits microorganismes des réactifs aptes à interagir chimiquement et donc à modifier la constitution chimique initial de ces microorganismes.

[0008] Il est également connu de l’art antérieur des procédés de digestion par des microorganismes ou des enzymes (US2013/211160) de substrat organique dont l’objectif est de récupérer les différents gaz émis lors de ces étapes de digestions pour les utiliser en tant que source d’énergie. Les gaz sont ainsi récupérés, par exemple, dans des réacteurs branchés de façon connexe au réacteur primaire contenant les microorganismes ou les enzymes, et le substrat organique. De tels réacteurs immergés en milieu aquatique présentent l’avantage de pouvoir couvrir des surfaces aquatiques libres et utilisent directement en tant que substrat organiques de base ceux issus des milieux aquatiques. De tels procédés n’ont pas pour objectif de transformer le substrat organique initial en un produit dont les espèces chimiques constitutives seraient différentes de celles du substrat initial, et d’utiliser en tant que produit final, le substrat initial ainsi modifié chimiquement.

[0009] L'invention a pour but de remédier à ces inconvénients en fournissant un procédé de transformation d’un substrat organique caractérisé en ce qu’il comprend :

i- une étape consistant à placer le substrat organique (1 ) dans un réacteur (2) dont une partie au moins présente une capacité d’échanges de certaines substances identifiées (3) sous forme gazeuse ou liquide, ladite capacité d’échange allant de l’extérieur du réacteur vers l’intérieur du réacteur et inversement ;

ii- une étape d’immersion du réacteur (2) dans un milieu aquatique (4), cette étape d’immersion consistant à descendre le réacteur (2) jusqu’à une profondeur prédéterminée (A), maintenir le réacteur (2) dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée pendant une durée d’immersion prédéterminée ;

iii- une étape consistant à mettre en présence dudit substrat organique (1 ) et au sein dudit réacteur (2), au moins un réactif (R) susceptible de réagir avec ledit substrat organique (1 ) dans son état initial pour le transformer en tout ou partie en un produit (P) dans son état final, ledit réactif (R) étant introduit dans le réacteur (2) pendant l’étape i) et/ou pendant l’étape ii) ;

iv- une étape de sortie du réacteur (2) hors du milieu aquatique (4) ; v- une étape de récupération du produit (P) étant entendu que le produit (P) est différent du substrat organique (1 ) initial, et qu’il ne constitue ni une multiplication du substrat organique (1 ) issu d’un procédé de culture du substrat organique, ni un résidu de digestion par des microorganismes ou enzymes du substrat organique (1 ).

[0010] Par « procédé de transformation », on entend un procédé réactionnel entraînant la transformation du substrat organique (1 ) en un produit (P). De façon plus spécifique, on entend par « procédé de transformation » toute transformation au cours de laquelle par action de réactifs, un substrat organique voit sa composition en espèces chimiques se modifier avec disparition de certaines substances chimiques et apparition de nouvelles substances chimiques. Le substrat organique est ainsi transformé en un produit (P) final. Ce produit (P) final peut lui-même constituer un nouveau substrat organique qui mit dans des conditions de réactivité réactionnelle selon un procédé de l’invention, peut être transformé en un produit (P1 ) et ainsi de suite.

[001 1 ] Le procédé de transformation selon l’invention ne concerne pas un procédé de culture de substrats organiques dont l’objectif est de reproduire un substrat organique initial en plusieurs substrats organiques finaux identiques ou quasi-identiques à l’initial. Le procédé de transformation selon l’invention ne concerne pas non plus un procédé de digestion d’un substrat organique par un microorganisme ou une enzyme, dont l’objectif est de récupérer et d’utiliser en tant que produits finaux, les produits de dégradations issus du procédé de digestion.

[0012] Le procédé de transformation selon l’invention consiste à transformer un substrat organique composé d’une ou plusieurs espèces chimiques en un produit comprenant au moins une espèce chimique différente de celle du substrat organique initial, par la mise en œuvre de au moins un réactif mis en présence dudit substrat organique, et d’utiliser en tant que produit final, le produit issu de la chaîne réactionnelle par réactivité de au moins un réactif sur le substrat organique.

[0013] Par « substrat organique », on entend un composé organique « principal » sur lequel on désire effectuer une modification afin d’obtenir un produit. Notons que le produit issu de la transformation du substrat organique peut être un sous-produit d’une voie réactionnelle dont le but est la transformation vers un produit dit final. Autrement dit, le sous-produit, voire le produit issu de la transformation du substrat organique, peut, à son tour, être qualifié de substrat dans le cadre d’une nouvelle transformation.

[0014] Les substances mises en jeu dans le cadre de l’invention, qu’il s’agisse de substrats organiques, de sous-produits, de produits ou encore de réactifs, peuvent se présenter sous forme de corps purs ou de mélange sous état solide, liquide, gazeux, voire de mélanges bi ou triphasique (ex : liquide/solide/gaz).

[0015] Le procédé de transformation selon l’invention permet la réalisation simple de voies réactionnelles, en vue de la transformation du substrat organique, qui sont difficilement réalisables à terre, et ce, notamment grâce à la capacité d’échanges de tout ou partie du réacteur à certaines substances. En effet, une telle propriété du réacteur permet l’entrée et/ou la sortie desdites substances en fonction des besoins réactionnels et de l’état d’avancement réactionnel des réactions impliquées dans la transformation du substrat organique, le tout dans des conditions expérimentales notamment physiques, chimiques et biologiques spécifiques et choisies.

[0016] Le procédé selon l’invention permet également une évolution des conditions dans lesquelles sont réalisées ces voies réactionnelles, grâce notamment à la plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée dans laquelle le réacteur est maintenu après qu’il a été descendu dans le milieu aquatique, à une profondeur choisie. Il est dès lors possible de faire varier les conditions physiques de mise en oeuvre (par exemple la pression et la température), ces conditions physiques impactant les conditions chimiques et biologiques régnant à l’extérieur et à l’intérieur du réacteur.

[0017] Autrement dit, le procédé selon l’invention permet d’initier ou d’altérer des voies réactionnelles d’ordre chimique, biochimique, physique ou encore microbiologique.

[0018] Le procédé peut s’appliquer, en tant que substrat organique à des entités chimiques simples ou complexes, ces dernières pouvant notamment être choisies parmi un organisme entier, un ou plusieurs organismes, voire des populations ou colonies de populations d’organismes. Au moment de l’immersion, le substrat organique est en présence de réactif, celui-ci pouvant consister en des microorganismes ou des enzymes par exemple, ces derniers ayant pour fonction de transformer, seul ou en présence d’autres réactifs, le substrat organique en un produit, le produit n’étant pas une résultante d’un mécanisme de digestion par les microorganismes ou les enzymes, et le produit n’étant pas la résultante d’une prolifération des microorganismes.

[0019] Le procédé selon l’invention met donc en oeuvre un substrat organique ainsi que au moins un réactif apte à transformer tout ou partie des espèces chimiques constitutives du substrat organique en d’autre(s) espèce(s) chimique(s) constitutive(s) du produit issue(s) de la chaîne réactionnelle établie entre ledit substrat organique et au moins un réactif.

[0020] Selon un mode de réalisation, l’invention comprend un procédé de transformation dans lequel au moins un réactif (R) est introduit dans le réacteur (2) avec le substrat organique (1 ) lors de l’étape i).

[0021 ] Selon un mode de réalisation alternatif, l’invention comprend un procédé de transformation dans lequel au moins un réactif (R) est issu d’une première transformation de(des) espèce(s) chimique(s) constitutive(s) du substrat organique (1 ), sous l’effet d’un facteur de réactivité généré par l’immersion du réacteur (2) lors de l’étape ii), ledit facteur de réactivité étant choisi parmi la température, la pression, l’agitation du milieu et le rayonnement actinique, seul ou en combinaison.

[0022] Selon un autre mode de réalisation, l’invention comprend un procédé de transformation dans lequel au moins un réactif (R) est issu du milieu aquatique (4) et pénètre à l’intérieur du réacteur (2) lors de l’étape ii) au moyen de la capacité d’échange de certaines substances identifiées de tout ou partie du réacteur.

[0023] Selon un mode de réalisation avantageux, l’invention comprend un procédé de transformation dans lequel au moins un réactif (R) est introduit dans le réacteur (2) de façon concomitante au substrat organique et/ou durant l’étape d’immersion.

[0024] Ainsi, le procédé de l’invention présente l’avantage de pouvoir être appliqué dans le cadre d’un éventail très large d’activités, ces activités pouvant relever autant du secteur primaire que du secteur secondaire. Les domaines d’activités auxquels s’applique le procédé selon l’invention peut s’étendre au domaine de la santé, de l’agro- alimentaire, de l’art, de l’énergie, de la cosmétique (e.g. huiles essentielles, absolues, beurres végétaux, extraits C02, huiles végétales, gel, poudres de plantes, extrait marin, argile, hydrolat) ou encore des matériaux.

[0025] Avantageusement, le procédé selon l’invention comprend en outre une étape de traitement à terre du contenu du réacteur.

[0026] Ainsi, le procédé de transformation offre l’avantage de pouvoir associer une ou plusieurs voies réactionnelles obtenues à terre, avec celles réalisées en immersion, ce qui élargit le champ des voies réactionnelles qu’il est possible d’utiliser pour mener à bien la transformation du substrat en produit désiré. Dès lors, il devient possible de combiner, avant ou après l’étape d’immersion du réacteur, une étape de traitement à terre lors de laquelle le substrat ou les réactifs subissent un traitement visant respectivement à les préparer en vue de l’étape d’immersion ou à compléter la transformation du substrat qui s’est produite pendant l’étape d’immersion. Par conséquent, il devient possible d’obtenir des produits d’une qualité et d’une typicité qu’il est impossible d’obtenir avec les procédés de l’art antérieur.

[0027] Avantageusement, les étapes d’immersion et de traitement à terre s’alternent une ou plusieurs fois. Plus particulièrement, l’étape d’immersion ii) suivie de l’étape de sortie du réacteur hors du milieu aquatique vi) et l’étape de traitement à terre vi) s’alternent une ou plusieurs fois.

[0028] Ainsi le procédé selon l’invention comprend en outre une étape de traitement à terre vi) du contenu du réacteur (2), ladite étape de traitement à terre étant réalisée après l’étape i) et/ou après l’étape iv) et/ou après l’étape v).

[0029] Ainsi, il est possible d’alterner, à façon, les étapes d’immersion et de traitement à terre en fonction des besoins réactionnels à des états d’avancement précis des réactions. Une telle possibilité permet d’améliorer encore la qualité et la typicité du produit obtenu, de corriger des défauts d’un produit.

[0030] L’étape de traitement à terre peut ainsi, dans une variante de l’invention, être réalisée sur le produit (P) issu de la transformation du substrat organique (1 ) initial, ledit produit (P) pouvant alors constituer en lui-même un nouveau substrat organique initial apte à subir un procédé de transformation selon l’invention comprenant les étapes i) à v) telles que décrites précédemment.

[0031 ] Avantageusement, le réacteur comprend au moins deux compartiments internes.

[0032] Ainsi, il est possible de répartir les différentes substances - substrat organique et autres substances présentes dans le réacteur - placées dans le réacteur entre différents compartiments. Dès lors, une telle répartition permet de faire varier encore plus finement les voies réactionnelles mises en oeuvre dans la transformation du substrat organique, par exemple en fonction de la différence de proximité avec la paroi du réacteur d’une substance par rapport à une autre. Une telle différence de proximité avec la paroi du réacteur implique des conséquences physico-chimiques qui impactent les substances et les voies réactionnelles.

[0033] A titre d’exemple, pour un réacteur comprenant deux compartiments internes, il est possible d’avoir, selon le procédé de l’invention, les différentes configurations suivantes : chaque compartiment contient un substrat organique de nature identique ou différente ; au moins un compartiment contient un substrat organique, le second compartiment contient au moins un réactif ; chaque compartiment contient un substrat organique et au moins un réactif, le substrat organique et le réactif étant identiques ou différents au sein de chaque compartiment ; un compartiment contient un substrat et au moins un réactif, le second compartiment étant vide au moment de l’étape d’immersion (ii) et reçoit au fur et à mesure de la chaîne réactionnelle initiée au sein du réacteur de par son immersion en milieu aquatique, le produit (P). [0034] Avantageusement, un premier compartiment comprend ledit substrat organique et un second compartiment comprend un matériau absorbant destiné à fixer des molécules indésirables à la transformation du substrat organique. Dans un tel mode de réalisation de l’invention, le matériau absorbant représente au moins un réactif au sens de l’invention. Dans un second mode avantageux de l’invention, un premier compartiment comprend ledit substrat organique et un second compartiment comprend au moins un réactif apte à permettre la transformation du substrat organique lors de l’étape d’immersion.

[0035] Ainsi, il est possible en fonction de l’agencement de ces deux compartiments au sein du réacteur, de prévoir que les voies réactionnelles prévues pour avoir lieu dans l’un des compartiments soient initiées avant celles associées à l’autre compartiment par exemple. Il est aussi possible, grâce notamment à une capacité d’échange entre ces compartiments, que les réactions associées au second compartiment servent de support à celles associées au premier compartiment, notamment grâce à la fixation de molécules indésirables ou à la fourniture de réactifs.

[0036] Avantageusement, le réacteur est réalisé à partir d’au moins un matériau dont la densité est comprise entre 0.3 et 10, de préférence un matériau plastique dont la densité est comprise entre 0.9 à 1 .25, de manière plus préférée entre 0.91 à 0.96 ou 1 à 1 .25, un matériau minéral dont la densité est comprise entre 1 .85 et 2.6, de manière plus préférée entrel .85 à 1 .95 ou 2.3 à 2.55, un matériau végétal dont la densité est comprise entre 0.5 et 0.9, de manière plus préférée entre 0.65 et 0.85, un matériau animal dont la densité est comprise entre 0.4 et 1 .4, de manière plus préférée entrel à 1 .35, un matériau métallique dont la densité est comprise entre 2.5 et 8, de manière plus préférée entre 2.6 à 3 ou 6 à 8 ou un alliage de tels matériaux métalliques.

[0037] Le matériau du réacteur tel que défini permet des échanges de substance (liquide/gaz) et/ou d’énergie avec l’extérieur, notamment aux gaz présents en grande quantité dans le milieu sous-marin/subaquatique.

[0038] Le matériau peut appartenir aux familles suivantes :

- matière plastique pouvant être composée des polymères suivants :

• les polymères biosourcés et biodégradables polylactide, polyhydroxyalcanoates (PHA) ou encore l’amidon plastifié (TPS), poly(3- hydroxybutyrate-co-3-hydroxyvalérate) (PHBV) etc. ;

• les polymères biosourcés et non-biodégradables : bio-PET

(Polyethyleneterephtalate, bio-polyoléfines, polymères oxodégradables dont polyoléfines additivés en d’agent oxydant, etc. ; • les polymères non biosourcés mais biodégradables tels que PEHD (polyethylene haute densité) ;

- matière minérale pure telle que sable, roche, ou assemblée tel que verre, céramique, béton, porcelaine ;

- matière métallique pure ou assemblée telle que acier, fonte, aluminium, titane ;

- matière végétale telle que bois, fibre de bois, fibre de lin, fibre de chanvre etc. ;

- matière animale telle que laine, fibre de soie, fibre d’araignée, cuir, os etc.

[0039] L’ensemble de ces matières ainsi que leur épaisseur est résumé dans les tableaux 1 et 2, ci-après.

Tableau 1 : Gamme de densité et d'épaisseur utilisée par famille de matériaux

Tableau 2 : Gamme de densité par matériaux

[0040] Les matériaux précédemment cités, dans les gammes de densité mentionnées, sont des matériaux présentant l’avantage de permettre la fabrication de réacteurs immergeables dans un milieu aquatique avec une très bonne capacité d’échanges de substances entre son milieu interne et le milieu externe aquatique et inversement.

[0041 ] Avantageusement, le réacteur est pourvu d’un dispositif d’immersion destiné à maintenir le réacteur immergé à la profondeur prédéterminée ou dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée et dans une position souhaitée.

[0042] Le dispositif d’immersion a pour fonction le maintien du réacteur immergé à la profondeur et dans la position souhaitée. Il peut prendre la forme d’un système de lestage, de ballastage et/ou d’une fixation sur le fond du milieu aquatique.

[0043] Dans le cas d’un système de lestage, une matière pesante est fixée au réacteur pour lui assurer une stabilité convenable ou le maintenir en place. Le lest peut être solidaire du réacteur ou déporté, tel un système de bloc béton utilisé pour créer des points de mouillage. Dans le cas d’un lestage solidaire, celui-ci peut être situé sur la paroi externe du réacteur ou être placé à l’intérieur de ce dernier. En utilisant un matériau cimentaire, le lest peut également cumuler la fonction de lestage et d’absorption de fluide de par son caractère poreux. Le lest peut également être nul dans le cas où le poids du réacteur et son contenu sont suffisants pour annuler la poussée d'Archimède. Il peut se composer de matériaux purs, d'alliage simple ou complexe à base de métaux, plastique, bois, béton, et plus largement être d’origine minérale ou végétale, mais sera dans tous les cas de densité supérieure à celle de l’eau du milieu aquatique dans lequel est immergé le réacteur.

[0044] Dans le cas d’un système de ballastage, cette fonction est assurée par de grands réservoirs d’eau plus ou moins remplis et qui se substituent à la matière pesante. Le système de ballastage peut être automatisé, de sorte que les réservoirs se remplissent d’eau ou d’air, à façon, pour l’immersion et la remontée du réacteur.

[0045] Dans le cas d’une fixation sur le fond du milieu aquatique, le réacteur peut être maintenu par la fixation à :

- un point d'attache naturel ou déjà aménagé sur le site (ex : crochet sur le fond de canaux) ;

- un ouvrage situé à la surface ou au fond du site ;

- un système reliant un point haut et un point bas permettant de suspendre le réacteur,

un élément mobile motorisé.

[0046] Avantageusement, le milieu aquatique contient les matières identifiées. De préférence le milieu aquatique est un milieu marin.

[0047] Ainsi, il est possible de choisir le milieu aquatique dans lequel est immergé le réacteur en fonction des caractéristiques propres du milieu, telles que les substances naturellement présentes, de manière à favoriser les voies réactionnelles à mettre en oeuvre pour la transformation d’un substrat donné. Le milieu marin est un milieu aquatique particulièrement avantageux car il offre des variations de ses caractéristiques physiques, chimiques ou encore biologique au cours du temps, notamment de par sa courantologie, ses mouvements ondulatoires notamment de type houle et marnage.

[0048] L'eau est le milieu naturel où le plus grand nombre de substances (minérales, organiques, à l'état gazeux, liquides ou solides) peuvent se dissoudre et entrer en réaction. La diversité des formations aquatiques d’eau douce et d’eau salée offre un large spectre de conditions naturelles permettant de concevoir une multiplicité de réacteur en fonction des substrats organiques que l’on souhaite transformer. [0049] Les caractéristiques principales des compartiments marins/subaquatiques, citées dans le tableau 3, donnent un aperçu des potentialités des milieux à base d’eau douce et d’eau salée.

Tableau 3 : Principales caractéristiques de l'eau salée et de l'eau douce

[0050] Avantageusement, la profondeur à laquelle est immergée le réacteur lors de l’étape d’immersion est comprise entre 1 m et 150m. Avantageusement, l’amplitude de la plage de profondeurs dans laquelle est maintenue le réacteur est de 40m.

[0051 ] Ainsi, le procédé permet d’exploiter les conditions naturelles en limitant les difficultés techniques de travail (entre autres choses, les moyens utilisés par les plongeurs pour la réalisation des travaux nécessaires, qu’il s’agisse des moyens respiratoires ou de communication avec la surface) tout en assurant une rentabilité économique du procédé. L’amplitude maximale de 40m répond à la nécessité de prendre en considération les différences de niveaux de la mer dues au marnage pour calibrer le dispositif.

[0052] Avantageusement, le substrat organique sur lequel est réalisée la transformation est issu de vignes du genre Vitis.

[0053] Un tel substrat organique peut notamment être choisi parmi la liste de substrats organiques constituée de : raisin, jus de raisin, moût de raisin, moût de raisin macéré, du moût de raisin fermenté, vin tranquille et effervescent, eaux-de-vie de raisin ou boissons alcoolisés issues de raisins comme le mistelle, brandy, vodka, gin, mais aussi vinaigre, verjus (jus extrait des pépins utilisé pour élaborer la moutarde), huile de pépin de raisin. Le procédé selon cette variante de l’invention couvre également le fruit sec et plus généralement tout organe de la vigne tel que pépin, feuille, sarment, racine ainsi que les composants extraits tels que resvératrol et ses dérivés, pigments, tannins, etc.

[0054] De manière plus générale, le procédé selon l’invention peut s’appliquer à l’ensemble des substrats appartenant aux sous-familles listées dans le tableau 4 ci- après. Le tableau présente ainsi dans sa première colonne les grandes catégories d’origines auxquelles le substrat organique peut appartenir (production végétale, production animale, ou minérale, produit transformé c’est-à-dire que le substrat est issu d’une production animale et/ou végétale ayant subi au moins une première transformation) ; dans sa seconde colonne, les sous-familles de substrat c’est-à-dire par exemple, pour un substrat organique d’origine production végétale quel élément végétal est concerné (par exemple la fleur, un extrait d’une partie spécifique de la plante, les racines, le légume, le fruit,.... ); et dans une troisième colonne un substrat spécifique appartenant à la sous-famille mentionnée, tel que par exemple la rose comme substrat spécifique de la sous-famille « fleur »).

Tableau 4 : Sous-familles de substrats et exemples de produits associés

[0055] L’invention traite également d’un procédé de transformation d’un substrat organique caractérisé en ce qu’il comprend :

i- une étape consistant à placer le substrat organique (1 ) dans un réacteur (2) dont une partie au moins présente une capacité d’échanges de certaines substances identifiées (3) sous forme gazeuse ou liquide, ladite capacité d’échange allant de l’extérieur du réacteur vers l’intérieur du réacteur et inversement ;

ii- une étape d’immersion du réacteur (2) dans un milieu aquatique (4), cette étape d’immersion consistant à descendre le réacteur (2) jusqu’à une profondeur prédéterminée (A), maintenir le réacteur (2) dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée pendant une durée d’immersion prédéterminée ;

iii- une étape consistant à mettre en présence dudit substrat organique (1 ) et au sein dudit réacteur (2), au moins un réactif (R) susceptible de réagir avec ledit substrat organique (1 ) dans son état initial pour le transformer en tout ou partie en un produit (P) dans son état final, ledit réactif (R) étant introduit dans le réacteur (2) pendant l’étape i) et/ou pendant l’étape ii) ;

iv- une étape de sortie du réacteur (2) hors du milieu aquatique (4) ;

v- une étape de récupération du produit (P)

étant entendu que le produit (P) est différent du substrat organique (1 ) initial, et qu’il ne constitue ni une multiplication du substrat organique (1 ) issu d’un procédé de culture du substrat organique, ni un résidu de digestion par des microorganismes ou enzymes du substrat organique (1 ) ;

et étant entendu que le substrat organique est différent d’un substrat issu de la transformation du moût de raisin.

[0056] Avantageusement, le procédé selon ce mode de réalisation de l’invention comprend en outre une étape de traitement à terre vi) du contenu du réacteur (2), ladite étape de traitement à terre étant réalisée après l’étape i) et/ou après l’étape iv) et/ou après l’étape v).

[0057] Avantageusement, les étapes d’immersion et de traitement à terre s’alternent une ou plusieurs fois. Ainsi, par exemple, l’étape de traitement à terre peut être réalisée sur le produit (P) issu de la transformation du substrat organique (1 ) initial, ledit produit (P) pouvant alors constituer en lui-même un nouveau substrat organique initial apte à subir un procédé de transformation selon l’invention comprenant les étapes i) à v) telles que décrites précédemment. Ainsi selon un mode intéressant de cette variante de l’invention, l’étape d’immersion ii) suivie de l’étape de sortie du réacteur hors du milieu aquatique vi) et l’étape de traitement à terre vi) s’alternent une ou plusieurs fois.

[0058] Avantageusement, le réacteur comprend au moins deux compartiments internes.

[0059] Avantageusement, un premier compartiment comprend ledit substrat organique et un second compartiment comprend un matériau absorbant destiné à fixer des molécules indésirables à la transformation du substrat organique et/ou des réactifs pour la transformation du substrat organique lors de l’étape d’immersion.

[0060] Avantageusement, le substrat organique est choisi parmi les substances du groupe constitué de : fleurs ; essences d’arbre ; fruits à coques ; pigments d’origine végétale ; légumes ; céréales ; agrumes ; fruits secs, fruits frais, fruits des zones tempérées ou fruits des zones tropicales ; matières premières d’origine végétale riches en sucre ; tubercules ; boissons issues de la distillation ; boissons non alcoolisées issus d’extraction ; épices ou condiments ; plantes aromatiques, plantes à infusion, plantes médicinales ou plantes à fumer ; huiles, graines ou fèves ; fibres végétales ou matières végétales textiles ; cires d’origine végétale ; légumineuses ; sève, résine et gomme d’origine végétale ; pigments d’origine minérale ; substances transformées d’origine agro-alimentaire ; substances avicoles ; substances apicoles ; substances carnées ; graisses animales ; substances caillées ; matières animales ; cires d’origine animale ; substances issues de la fermentation homolactique ; substances issues de la fermentation alcoolique (hors substances issues de la fermentation du moût de raisin) ; substances issues de fermentation acétique ; substances issues de fermentation propionique ; substances issues de fermentation acétonobutylique ; champignons ; substances d’origine marine.

[0061 ] Avantageusement, le réacteur est pourvu d’un dispositif d’immersion destiné à maintenir le réacteur immergé à la profondeur prédéterminée et dans une position souhaitée.

[0062] Avantageusement, le milieu aquatique dans lequel est immergé le réacteur lors de l’étape d’immersion est un milieu marin.

[0063] Avantageusement, la profondeur à laquelle est immergée le réacteur lors de l’étape d’immersion est comprise entre 1 m et 150m. Avantageusement, l’amplitude de la plage de profondeurs dans laquelle est maintenu le réacteur est de 40m.

[0064] L'invention sera mieux comprise à la lecture des figures annexées, qui sont fournies à titre d'exemples et ne présentent aucun caractère limitatif, dans lesquelles :

- la figure 1 est un schéma illustrant un dispositif permettant la mise en œuvre du procédé selon l’invention ;

- la figure 2 est un schéma illustrant un premier réacteur pour la mise en œuvre du procédé selon l’invention ;

- la figure 3 est un schéma illustrant un second réacteur pour la mise en œuvre du procédé selon l’invention ;

- la figure 4 est un diagramme représentant l’enchaînement d’étapes d’un procédé selon un premier mode de réalisation de l’invention.

[0065] Un procédé de transformation d’un substrat organique 1 est décrit ci-après. Le procédé comprend une étape consistant à placer le substrat organique 1 dans un réacteur 2 dont une partie au moins présente une capacité d’échanges de certaines substances identifiées 3 sous forme gazeuse ou liquide. Le réacteur permet également des échanges relatifs à la température, à la pression osmotique ou à l’énergie mécanique correspondant à l’agitation et aux autres effets de la marée, ainsi que des échanges liés au rayonnement actinique. Le procédé comprend également une étape d’immersion du réacteur 2 dans un milieu aquatique 4. Cette étape d’immersion consiste à descendre le réacteur 2 jusqu’à une profondeur prédéterminée A (par exemple de 15m comme représenté à la figure 2), maintenir le réacteur 2 dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée pendant une durée d’immersion prédéterminée et extraire le réacteur 2 hors du milieu aquatique 4. La profondeur prédéterminée A à laquelle le réacteur 2 est immergé peut aller de 1 m à 150 m à partir de la surface de l’eau 42.

[0066] Comme illustré en figure 1 , le réacteur 2 peut être relié à un dispositif d’immersion 5 comprenant deux lests 51 . Chaque lest 51 comprend un point d’attache 52 auquel peut être attachée une extrémité d’un cordage 53. Les cordages 53 sont rattachés, via leur seconde extrémité, à une élingue 54 à laquelle est directement rattaché le réacteur 2. Lorsque l’ensemble constitué du réacteur 2 et du dispositif d’immersion 5 est immergé dans le milieu aquatique, il plonge jusqu’à atteindre le fond 41 du milieu aquatique 4. Un tel ensemble peut dès lors être agencé pour plonger jusqu’au fond 41 du milieu aquatique 4 ou jusqu’à une profondeur intermédiaire (non représentée) située au sein du milieu aquatique 4, entre la surface de l’eau 42 et le fond 41 du milieu aquatique 4. Selon un mode de réalisation non représenté, le dispositif d’immersion 5 peut être remplacé par, ou combiné avec, un système de ballastage ou un système de fixation.

[0067] Le réacteur 2 est réalisé dans un matériau dont la densité permet que la paroi 21 du réacteur 2 présente une capacité d’échanges contrôlée entre l’intérieur du réacteur 2 et l’environnement extérieur proche du réacteur 2 (figure 2) ou inversement. La paroi 21 du réacteur 2 permet donc un échange de substances sous forme gazeuse ou liquide, telles que du dioxygène, du dioxyde de carbone ou encore du diazote. Une telle paroi 21 permet aussi des échanges de lumière, de température et/ou de pression entre l’intérieur du réacteur 2 et l’environnement aquatique extérieur proche du réacteur 2, de tels échanges permettant de moduler les réactions mises en oeuvre au sein du réacteur 2 en vue de la transformation du substrat organique 1 .

[0068] Dans l’exemple représenté aux figures 2 et 3, le réacteur 2 est de forme tronconique, ce qui favorise son agitation par les mouvements du milieu aquatique 4, par exemple, par les mouvements de marées, lorsque le milieu aquatique 4 est un milieu marin. Le réacteur 2 peut toutefois avoir toute autre forme géométrique adaptée pour une agitation du réacteur 2, en fonction des mouvements du milieu aquatique 4 ou en fonction d’un système d’agitation associé au réacteur 2.

[0069] L’intérieur du réacteur 2 peut être compartimenté. Dans l’exemple illustré en figure 3, l’intérieur du réacteur 2 comprend deux compartiments, séparés l’un de l’autre par une membrane amovible 22 qui permet des échanges entre les deux compartiments qu’elle sépare. Cette membrane 22 peut être une membrane du type sulfonique sous forme acide. Elle permet la séparation d’un compartiment supérieur dans lequel est stocké le substrat organique 1 et d’un compartiment inférieur dans lequel est stocké, par exemple, un matériau absorbant 23, pouvant être du type perlite. Ce matériau absorbant 23 est destiné à fixer des molécules indésirables à la transformation du substrat organique 1 et/ou des réactifs (R) pour la transformation du substrat organique 1 lors de l’étape d’immersion. Dans d’autres modes de réalisation non représentés, le réservoir peut aussi être compartimenté de sorte à comprendre plus de deux compartiments.

[0070] On met en oeuvre un mode de réalisation du procédé de l’invention comme suit. On répartit au sein des différents compartiments du réacteur 2 le substrat organique 1 , ainsi que tout autre réactif (R) nécessaire, directement ou indirectement, à la transformation du substrat organique 1 (étape 1 - figure 4) en un produit (P). Ensuite, une étape optionnelle de transformation à terre (étape 2) du substrat peut être opérée selon la nature du substrat organique 1 et la nécessité d’une première transformation en vue de l’étape d’immersion (étape 3). Cette étape optionnelle de transformation à terre peut être complétée par une étape d’apport d’un réactif (R) en vue de permettre la transformation du substrat organique 1 en produit P. Le réacteur 2 est ensuite immergé dans le milieu aquatique 4, jusqu’à une profondeur prédéterminée A, et est maintenu dans une plage de profondeurs d’amplitude prédéterminée, pendant une durée d’immersion elle aussi prédéterminée. Toutes ces valeurs sont fonctions de la nature du substrat organique 1 et des réactions nécessaires à sa transformation. Durant cette étape d’immersion, au moins un réactif (R) peut être incorporé dans le réacteur, le réactif (R) provenant soit des capacités d’échange d’au moins une partie du réacteur avec le milieu aquatique, soit provenant d’une première modification des espèces chimiques constitutives du substrat organique, sous l’effet d’un facteur de réactivité tel que la température ou la pression par exemple. A la fin de la durée pendant laquelle le réacteur 2 est maintenu dans la plage de profondeur prédéterminée, le réacteur 2 est extrait du milieu aquatique 4 et l’étape d’immersion est précédée d’une étape de traitement à terre du contenu du réacteur 2 (étape 4). Au cours de cette étape de transformation à terre, la transformation du substrat organique en produit P peut être complétée ou finalisée. Une alternance entre une étape d’immersion et une étape de traitement à terre est envisagée comme l’indique la boucle entre l’étape 3 et l’étape 4 du diagramme de la figure 4. Cette alternance peut être répétée à plusieurs reprises lorsqu’il est avantageux pour la transformation du substrat organique 1 que le réacteur soit soumis à une alternance de conditions immergées et terrestres. Lorsque la transformation du substrat est complète, une étape de conditionnement (étape 5) du réservoir 2 est réalisée. Le produit, issu de la transformation du substrat introduit dans le réservoir 2, peut dès lors être extrait du réservoir 2.

[0071 ] Une liste exhaustive des transformations induites des substrats organiques par l'immersion en milieu aquatique ne peut être dressée mais des exemples de voies réactionnelles peuvent être donnés à titre d’exemple non limitatif. A ce titre, certaines transformations sont listées dans le tableau 5 ci-après et des exemples sont détaillés par la suite.

Tableau 1 : Exemples de voies réactionnelles

Exemple Microbiologie / Effet Agitation - Température - Pression

[0072] La vinification conduisant à un vin de type effervescent comporte une seconde fermentation alcoolique en cuves pressurisées ou en bouteille et des opérations de dégorgement consécutives.

[0073] Le lancement d’une seconde fermentation alcoolique sur vin s’avère une opération délicate de par la concentration en alcool déjà présente dans le mélange réactionnel. En conditions sous-marines/subaquatiques, la même opération ne présente pas de difficultés. La pression favorise la croissance des populations de levures et potentiellement le développement de populations de levures résistantes aux conditions de pression, de température et d’agitation auxquelles elles sont soumises. Dans le contenant, l’agitation ondulatoire périodique provoque une action de remise en suspension des lies, qui facilite ainsi l’accès aux nutriments pour les populations microbiennes et modifie la cinétique de dégradation des levures (phénomène d'autolyse) et des autres composants des lies. Il en résulte une accélération des temps de vinification mais aussi une modification significative du profil aromatique par rapport à des vins, travaillés dans des conditions approchées mais en conditions terrestres. Les conséquences organoleptiques sont multiples et valorisantes pour le vin. Schématiquement il est obtenu une meilleure extraction/évolution des précurseurs aromatiques notamment des protéines (glycoprotéines membranaires, peptides, acides aminés, ...). Cet élevage provoque également des effets texturants : un plus grand nombre de bulles (C02 dissous) avec une amélioration de leur persistance et de leur finesse, une meilleure adsorption des molécules de C02. On remarque également une amertume plus prononcée, révélatrice d’une concentration en acide aminés plus élevée. Un phénomène qui pourrait s’expliquer par l’hydrolyse de protéines.

[0074] Tout processus faisant intervenir des microorganismes peut bénéficier de ce procédé comme les réactions de biolixiviation, de dégradation...

Exemple Biochimie / Effet Agitation-Température

[0075] Une fois immergées, les réacteurs subissent une agitation constante d'intensité variable selon les conditions. Dans le cas de production de thé noir, immerger des feuilles de thé après l'étape de flétrissage permet de reproduire la phase d'agitation des feuilles permettant d'initier l'oxydation des catéchines par les polyphénol oxydases ainsi que la phase de roulage responsable de la destruction des parois cellulaires et du mélange des différents compartiments cellulaires.

[0076] La différence de durée et d'intensité de l'agitation ainsi que le maintien à une température relativement basse joue sur les qualités organoleptiques par modification du ratio catéchines/flavonoïdes (théarubigine et théaflavine), mais également sur l'effet stimulant du thé produit en jouant sur la concentration en caféine complexée.

[0077] Un tel processus peut être envisagé pour toutes les plantes aromatiques pour favoriser des réactions d'oxydo-réduction comparables.

Chimie organique / Effet composition chimique

[0078] Les ions halogénures (I-, Cl-, Br-, F-) sont les principaux ions entrant dans la composition des sels de mer. L’ion bromure et l’ion iodure sont de bons nucléophiles à la base de multiples réactions d’halogénation. Les dérivés halogénés peuvent être synthétisés à partir d’alcane, d’alcène, d’alcool et sont capables de réagir avec des entités possédant une paire d’électrons non liant lors de réactions de substitution nucléophile (SN1 , SN2, Substitution sur noyaux aromatiques). Dans le cas de réacteurs présentant une capacité d’échanges aux ions halogénures, la présence de dérivés halogènes bouleverse l’ensemble des voies réactionnelles, et par conséquent les propriétés des substances contenues dans le réacteur immergé. Pour le secteur agro alimentaire, l’incorporation d’ions halogénures représente un procédé efficace dans la lutte contre les carences alimentaires. Changement d’état / Effet Pression - Température

[0079] L'immersion en milieu aquatique (marin/eau douce) dans un réacteur présentant une capacité d’échanges à des substances contrôlée et quasiment incompressible a pour conséquence la mise sous pression du substrat immergé (ainsi que des autres substances contenues). Selon la pression et la température à laquelle est soumis le substrat, mais aussi selon les données thermodynamiques des composés (tension de vapeur, pressions partielles), il est possible d'extraire et de séparer des espèces chimiques.

[0080] Dans le cas de la production de tabac, ce procédé permet d'éliminer les traces d'ammoniac, produits lors de la fermentation des feuilles. Ce sous-produit de la fermentation est considéré comme un défaut en dégustation et nécessite un temps de vieillissement pour être dissipé. En immergeant des feuilles de tabac, on constate une condensation de l'ammoniac. Les cigares élaborés avec les feuilles transformées par ce procédé peuvent être commercialisés plus tôt et garantis exempts de ce défaut.

[0081 ] Les principales données thermodynamiques de l’ammoniac sont les suivantes :

Point de fusion 77,7 °C ;

Point d’ébullition : - 33,4°C à 1 ,013 bar abs ;

Tension de vapeur variable en fonction de la température (Cf. tableau 6 ci-après);

Tableau 6 : Tension de vapeur de l'ammoniac en fonction de la température

Biologie / Effet Composition biologique

[0082] L’eau océanique côtière contient de 2 à 15 pg/L d’ADN dissous dont 34 à 66% serait de l’ADN viral. Le détail de la composition de l’ADN présent dans l’eau d’origine océanique est donné dans le schéma ci-dessous.

Modèle conceptuel des propriétés du pool d'ADN d'origine océanique

[0083] L’ADN dissous (<0,2pm), les virus marins (10 à 400 nm) et les phages marins (24 à 200 nm), considérés comme les entités biologiques marines les plus abondantes dans les océans constituent le réservoir d’information génétique susceptible d’être introduit dans le milieu réactionnel.

[0084] Évoluant dans un milieu contraignant, l’intégrité des virus comme des phages peut être conservée, ce qui nous permet d’imaginer l’apparition de nouvelles molécules issus de leurs voies métaboliques dans le mélange réactionnel.

[0085] Dans le cas d'un mélange contenant des eucaryotes terrestres, des phénomènes de transduction par les bactériophages se produisent.

[0086] Enfin, même si ces organismes ne sont pas viables, ils constituent néanmoins une source de nutriments et/ou réactifs.

Photochimie/ Effet lumière (photons)

[0087] L'énergie solaire est absorbée pour l'essentiel dans les premières dizaines de mètres de l'océan : 1 /5 seulement pénètre au-delà de -100 m, et la moitié est déjà absorbée après seulement 10 cm. Les longueurs d'onde absorbées le plus facilement sont l'infrarouge (absorbé sur 1 m) puis le rouge, puis les courtes fréquences. Seuls les deux cents premiers mètres de l'océan sont en fait correctement baignés par la lumière solaire.

[0088] Les réactions photochimiques se caractérisent par l'absorption de photons par une molécule, passant ainsi d'un état fondamental à un état excité, ce qui permet d'initier des réactions chimiques ou de catalyser des réactions en réémettant l'énergie emmagasinée. On pense notamment à la photosynthèse ou à la pigmentation de la peau. Selon les profondeurs d'immersion, le site d'immersion, les conditions climatiques lors de l'immersion, le composite utilisé pour les contenants, le spectre lumineux diffusé jusqu'au mélange réactionnel sera diminué.

[0089] Ainsi dans l'objectif de bloquer toute énergie lumineuse (filtrage par absorption), on peut utiliser des molécules photosensibles capables de stopper les radiations dans la composition des contenants, telles que les mycosporine-like Amino-Acide extraits d'algues. La lumière peut être également être polarisée avant d'être diffusée jusqu'au mélange par l'utilisation de polariseurs (filtrage par polarisation). Selon les radiations lumineuses diffusées jusqu'au mélange, on utilise des molécules photosensibles comme les anthocyanes pour capter et restituer l'énergie lumineuse au mélange réactionnel afin d'initier des réactions d'oxydo-réductions.

Liste des références

1 : substrat organique

2 : réacteur

3 : substances organiques échangées entre l’intérieur et l’extérieur du réacteur 2

4 : milieu aquatique

5 : dispositif d’immersion

21 : paroi du réacteur 2

22 : membrane amovible

23 : matériau absorbant

41 : fond du milieu aquatique 4

42 : surface de l’eau du milieu aquatique 4

51 : lest

52 : point d’attache

53 : cordage

54 : élingue