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Patent Searching and Data


Title:
OXYSTERYLE PHOSPHATES, THEIR SYNTHESIS AND USE AS PHARMACEUTICAL AGENTS
Document Type and Number:
WIPO Patent Application WO/1990/007520
Kind Code:
A1
Abstract:
Oxysteryle phosphates according to formula (I), where R1 is an oxysteryle radical; where R2 is H or a radical derived from: (a) a natural or synthetic nucleotide structure, (b) a non-nucleotide anticancer agent, (c) an immunodepressive or immunostimulant agent, (d) a component showing an affinity for specific receptors or sites; and where R3 is selected from: -O-H, and salts and pharmaceutically acceptable acide derivatives thereof. Application to the pharmaceutical industry.

Inventors:
LUU BANG (FR)
JI YU-HUA (FR)
BISCHOFF PIERRE (FR)
MOOG CHRISTIANE (FR)
SCHMITT GABY (FR)
Application Number:
PCT/FR1990/000012
Publication Date:
July 12, 1990
Filing Date:
January 08, 1990
Export Citation:
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Assignee:
CENTRE NAT RECH SCIENT (FR)
International Classes:
C07J51/00; (IPC1-7): A61K31/575; C07J51/00
Domestic Patent References:
WO1981000410A11981-02-19
Foreign References:
Other References:
Journal of Organic Chemistry, Volume 27, No. 7, Juillet 1962, (Washington, DC, US), D.C. REMY et al.: "Studies on Fluorinated Pyrimidines. XIV. The Synthesis of Derivatives of 5-Fluoro-2'-Deoxyuridine 5'-Phosphate and Related Compounds", pages 2491-2500
Chemical and Pharmaceutical Bulletin, Volume 28, No. 10, Octobre 1980, (Tokyo, JP), M. SANEYOSHI et al.: "Synthetic Nucleosides and Nucleotides. XVI. Synthesis and Biological Evaluations of a Series of 1-beta-D-Arabinofuranosylcytosine 5'-Alkyl or Arylphosphates", pages 2915-2923
Steroids, Volume 47, No. 6, Juin 1986, (Oakland, CA, US), S.-H. AN et al.: "Nucleoside Conjugates. 8. The Preparation of 5-Fluoro-2'-Deoxyuridine Conjugates of Corticosteroids", pages 413-420
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Claims:
REVENDICATIONS
1. Phosphates d'oxystéryle de formule I où R . est un radical oxystéryle, où R, est H ou un radical dérivé de : a) une structure nucléotidique naturelle ou synthétique, b) un agent anticancéreux non nucléotidique, c) un agent immunodépresseur ou immunostimulant, d) un composant ayant une affinité pour des récepteurs ou des sites spécifiques ; où R, est choisi parmi : OH ou ses sels et dérivés d'acides pharmaceuti quement acceptables.
2. Phosphates selon la revendication 1, caractérisés par le fait que le groupement R , présente la formule suivante : dans laquelle — indique une possible double liaison, <v~ indique une liaison en cis ou en trans, dans laquelle Ri , » Ri . R I J représentent indépendamment H ou CH,, dans laquelle R^, R et Rfi représentent indépendamment H, «O, OH, R^ n'existant pas si la position 2425 est occupée par une double liaison, à la co dition que l'un au moins des R. , R„ R, est une fonction oxygénée.
3. Phosphates selon l'une des revendications 1 et 2, caractérisés par le fait que ledit groupement oxystéryle est le 7 hydroxycholesteryle, le 25 hydroxycholesteryle, le 7,25 dihydroxycholesteryle, le 7,22 dihydroxycholeste le 22,25 dihydroxycholesteryle, le phosphate étant fixé en position 3.
4. Phosphates selon l'une des revendications 1 à 3, caractérisés par le fait que R_ est un nucléotide.
5. Phosphates selon la revendication 4, caractérisés par le fait que ledit nucléotide présente la formule III : où R' est un groupement méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, hydroxy, méthoxy, éthoxy ou fluor ; où R" est un groupement hydroxy, N, ou CN.
6. Phosphates selon la revendication 5, caractérisés par le fait que R' est fluor, hydroxy ou méthyle et R" est hydroxy.
7. Phosphates selon la revendication 2, caractérisés par le fait qu'ils présentent la formule suivante ; dans laquelle R. , R_ et R^ représentent indépendamment H ou OH, R' représente H ou F, X est un cation assurant la neutralité du composé.
8. Procédé de préparation de composés de formule I, caractérisé en ce que l'on déprotège le composé de formule I dont certaines fonctions réactives ont été protégées en cours de synthèse.
9. Procédé de synthèse selon la revendication 8, caractérisé par le fait que les composés I protégés sont obtenus par phosphorylation, directe ou indirecte, simultanée ou successive, des composés R . OH, et R2OH où les fonctions réactives de R. et R. auront été protégées.
10. Procédé selon la revendication 9 de synthèse des phosphates selon l'une des revendications 1 à 7, caractérisé par le fait qu'il comporte l'étape de phosphorylation qui consiste à faire réagir le composé R. OH où R , a la même valeur que dans la formule I, avec une phosphine de formule IV : (IV) R9 où Rg et Rg sont des groupements dialcoyl amino semblables ou différents dont les groupements alcoyies semblables ou différents ont de 1 à 7 atomes de carbone et sont de préférence ramifiés ; où R . Q est un groupement protecteur; pour obtenir un composé intermédiaire de formule V : o — o — P — OR 10 \ (V) R, et en ce que l'on couple le composé V avec un composé R..OH en présence de tetrazole en réduisant éventuellement le triester de phosphite ainsi obtenu.
11. Composition pharmaceutique caractérisée par le fait qu'elle contient au moins un composé selon l'une des revendications 1 à 7.
12. Composition pharmaceutique selon la revendication 1 1, caractérisée par le fait qu'elle comporte des vecteurs couramment utilisés dans le domaine de l'administration des anticancéreux et des immunodé¬ presseurs.
13. Composition selon l'une des revendications 1 1 et 12 sous forme de solution injectable.
14. Procédé pour rendre hydrosoluble des stérols, caractérisé par le fait que l'on fixe sur une liaison hydroxyie un groupement phosphate de formule VI : R3P— (VI) 0R2.
Description:
PHOSPHATES D'OXYSTERYLE, SYNTHESE ET UTILISATION COKKE AGENT PHARfriACEUTIQU

La présente invention concerne des phosphates d'oxystéryle, leur procédé de synthèse et leur utilisation notamment comme agents anti-cancéreux ou immunodépresseurs.

Récemment, on a découvert les propriétés pharmacologiques des dérivés oxydés en diverses positions du squelette ou de la chaîne latérale du cholestérol ou de ses précurseurs biogénétiques tels que le desmostérol et le lanostérol (cf. "Stérols et triterpènes polyoxygénés : structures chimiques et activités biologiques" B. LUU dans "Activités biologiques des oxystérols", les Editions INSERM, Vol. 166, 1988, pages 23-40). Ces dérivés ont une activité cytotoxique sur les cellules cancéreuses, cette activité est sélective puisque à des concentrations déterminées, ils sont cytotoxiques pour des cellules cancéreuses et sans action sur des cellules non tumorales. Le mécanisme de cette action, dont une des cibles est la membrane cellulaire, est original comparé à celui des anticancéreux classiques connus dont l'action se situe en général au niveau de la division cellulaire. Pour plus d'explications, on peut se reporter à l'article cité ci-dessus et à l'article "Inhibitory effect of an oxygenated cholestérol on the induction and progression of DMBA mammary carcinoma in the rat" de O.H. Iversen, A. Kolberg, I. Smith-Kielland, A. Stabursvik, Wirchows, Arch. (Cell. Path.), 1986, 51, 313-320.

Ces composés sont également capables d'inhiber l'activation lymphocytaire (blastogénèse et stimulation allogénique, notamment). Cette immunodépression entraîne l'inhibition de l'apparition des récepteurs de l'IL-2 à la surface des lymphocytes et de la production de ce facteur de croissance. Ces oxystérols ont une activité similaire à celle d'immunodé¬ presseurs couramment utilisés en clinique comme la cyclosporine A et la déxaméthasone ; mais leur mécanisme d'action en est différent : ils interviennent au niveau membranaire en affectant l'activation de la protéine kinase C. Ces produits présentent toutefois une si faible solubilité en phase aqueuse qu'il est délicat d'utiliser leur propriété in vivo, notamment dans le traitement des tumeurs cancéreuses ou dans la prévention du rejet de greffe d'organe.

Afin d'améliorer la solubilité de ces produits, on a tenté d'utiliser des détergeants et des compiexants mais sans résultats intéressants.

Une seconde solution a consisté à greffer des groupements hémisuccinate afin d'augmenter l'hydrosolubilité de ces composés. Les sels alcalins correspondants ont permis de tester les propriétés desdits composés in vivo (cf. "Activité antitumorale in vivo de dérivés hydrosoiubles de 7-hydroxycholestérols" de S. Rong, C. Bergmann, B. Luu, J.P. Beck et G.Ourisson, C.R. Acad. Sci. 1985, 300, 89-94). Ces dérivés présentent toutefois des inconvénients : d'une part leur solubilité dans l'eau bi-distillée reste relativement faible (1 à 2 %), cependant que leur solubilité en soluté physiologique est encore plus faible ; d'autre part, leur pH n'est pas compatible avec certains traitements thérapeutiques. Enfin, leur toxicité est élevée car la DL-50 est de l'ordre de 200 mg/kg. C'est pourquoi, un des buts de la présente invention est notamment de fournir des composés dérivés des oxystérols qui soient significativement plus solubles que les hémisuccinates et qui présentent si possible des propriétés thérapeutiques améliorées.

Un autre but de la présente invention est de fournir des composés du type ci-dessus permettant l'association des oxystérols ci-dessus et de composés ayant une action complémentaire dans le domaine des immuno- moduiateurs et des anti-cancéreux.

Un autre but de la présente invention est de fournir des composés solubles, dérivés des oxystérols ci-dessus, qui soient associés avec des molécules permettant le ciblage desdits oxystérols sur des sites spécifiques.

Ces buts et d'autres qui apparaîtront par la suite, sont atteints au moyen de phosphates d'oxystéryle de formule I :

0 R _ |— 0— R. (D

3 I '

0 I R„

où R . est un radical oxystéryle, où R_ est H ou un radical dérivé de : a) une structure nucléotidique naturelle ou synthétique, b) un agent anti-cancéreux non nucléotidique, c) un agent immunodépresseur ou immunostimulant, d) un composant ayant une affinité pour des récepteurs ou des sites spécifiques ; où R, est choisi parmi : -O-H ou ses sels notamment alcalins, et dérivés d'acides pharmaceutiquement acceptables.

Les oxystérols, dont dérivent les radicaux oxystéryles, correspon¬ dent à la famille des composés décrits dans l'article de B. LUU dans "Activités biologiques des oxystérols, J.P. Beck, A. Crastes de Paulet Editeurs, Colloque INSERM, vol. 166, 1988, pages 23-40. Parmi ces composés, il convient de citer les composés polyoxygénés de l'ergostérol, les dérivés de l'acide ganoderique, les dérivés du stigmastane, les dérivés des hippuristanols et des triterpenes pentacycliques notamment de l'acide maytenfolique, .

Plus spécifiquement, le groupement R . oxystéryle présente la formule ci-après dérivée du cholestérol :

dans laquelle — indique une possible double liaison, v indique une liaison cis ou trans, dans laquelle R . ., Ri ? ' - ~ * \ représentent indépendamment H ou CH,, dans laquelle R . , R „ et R^ représentent indépendamment H, =0, -OH, R. n'existant pas si la position 24-25 est occupée par une double liaison, à la con dition que l'un au moins des R^, R-, R, est une fonction oxygénée.

Le groupement phosphate est avantageusement fixé en position 3. Parmi les composés préférés, on peut citer les composés où R . est le 25 hydroxycholester-3 yle, le 7 hydroxycholester-3 yle, le 7,22 dihydroxycholester-3 yle, le 22,25 dihydroxycholester-3 yle, le 7,25 dihydroxycholester-3 yle.

Le radical R_ peut être un radical dérivé d'une structure nucléotidique, notamment des dérivés des nucleotides naturels à cycle purine ou pyrimidine tel que : - adénine

- thymine

- guanine

- uraciie

- cytosine ou synthétiques notamment les dérivés halogènes tels que le 5-fluorouracile, ou bien des dérivés de nucléotide connus pour leur activité anti-cancéreuse, anti-virale ou immunomodulatrice.

Le radical R- peut être notamment :

où R' est un groupement méthyle, éthyle, propyle, isopropyle, hydroxy, méthoxy, éthoxy ou fluor ; où R" est un groupement hydroxy, N, ou CN.

Les essais les plus concluants sont ceux où R' est hydrogène, méthyle ou fluor et/ou R" est hydroxy.

Le radical R ? peut également être dérivé :

- d'un agent anti-cancéreux non nucléotidique,

- d'un peptide immunostimulant tel que le MDP et ses dérivés,

- des immunodépresseurs de classes diverses tels que les corticostéroîdes , la dexaméthasone par exemple ou des peptides tels que la cyclosporine.

Enfin, le radical R_ peut être un élément assurant le ciblage de la molécule sur des récepteurs ou des sites spécifiques; ainsi il peut s'agir d'un radical hydrate de carbone simple ou complexe destiné à cibler les récepteurs aux galactoses par exemple.

On peut également utiliser des agents tels que les anticorps ou les antigènes pour cibler les éléments complémentaires.

Dans certains cas, le radical R_ pourra être greffé par l'intermédiaire d'un élément de greffage en particulier : - pour permettre de greffer les molécules dont dérive R-, qui ne présentent pas de fonctions OH, ou

- pour permettre d'écarter les molécules et limiter les effets stériques des radicaux encombrants.

Le radical R- peut être un simple ose, ce qui permet d'augmenter significativement la solubilité du composé de manière non ionique et non toxique.

Le radical R-, peut également être simplement un hydrogène ou un sel correspondant.

Le radical R, a essentiellement pour but d'assurer une bonne solubilisation des phosphates selon l'invention en respectant les contraintes de pH des milieux biologiques à traiter ; il est en général tel qu'il y ait formation d'un anion ou d'une paire d'ions une fois dans le milieu biologique à traiter.

L'état d'ionisation de R, et de ses ions associés dépend du pH désiré.

Les composés les plus intéressants seront décrits plus en détail dans les exemples. Les composés selon la présente invention peuvent être synthétisés selon les techniques décrites pour la synthèse des oligodeoxyribonucléotides et des phospholipides "Synthesis of oligodeoxyribonucleotide by a continuous flo , phosphotriester method on a Kieselguhr/polyamide support" par M.J. Gait, H.W.D. Matthes, M. Singh, B.5. Sproat et R.C. Titmas", Nucleic Acid Res„, 1982, 10, 6243-6254, "Current methods of phosphorylation of biological molécules", L.A. Slatin, Synthesis, 1977 (Novembre), 737-753, et "A simple and effective chemical phosphorylation procédure for biomoiecules", W. Bann orth, A. Trzeciak, Helv. Chim. Acta, 1987, 10, 1-12. L'utilisation des réactifs phosphorylants bifonctionnels en particulier ceux décrits dans l'article "Préparation of ribonucieoside 3'-0-phosphoramidites and their application to the automated soiid phase synthesis of oligonucleotides" par N. Usman, R.T. Pon, . . Ogilvie, Tetrahedron Lett., 1985, n° 38, 4567-4570, s'est révélée particulièrement avantageuse.

L'invention concerne également un procédé de préparation de composé de formule I dans lequel on déprotège le composé de formule I dont certaines fonctions réactives ont été protégées en cours de synthèse.

Parmi les groupements protecteurs, il faut citer plus particuiiè- rement les groupements protecteurs du groupe phosphite ou phosphate tels que les groupements CNCH-CH--.

De même, dans le cas où le composé couplé est un nucléotide, Il convient d'éliminer les groupes de protection, notamment des fonctions OH.

Ces composés I protégés peuvent être obtenus par phosphory- iation, directe ou indirecte, simultanée ou successive, des composés R . -OH, et R--OH où les fonctions réactives de R. et R . * auront été protégées, puis couplage éventuellement du composé phosphoryle avec le composé non phosphoryle.

Avantageusement, on utilise un procédé comportant l'étape de phosphorylation qui consiste à faire réagir le composé R . OH où R . , même valeur que dans la formule I, avec une phosphine de formule IV :

s S

R 0 - P. (IV)

10

où R„ et R g sont des groupements diaicoyle amino semblables ou différents dont les groupements alcoyies semblables ou différents ont de 1 à 7 atomes de carbone et sont de préférence ramifiés ; où R . Q est un groupement protecteur tel que CNCH-CH-- .

Le composé intermédiaire ainsi obtenu de formule V :

permet d'obtenir un très grand nombre de dérivés en couplant ledit composé de formule V avec un composé présentant une fonction -OH, dont on aura protégé les éventuelles autres fonctions réactives, en présence de tétrazole ou d'un composé susceptible de former des paires d'ions avec les aminés secondaires suivit d'une oxydation du triester de phosphite obtenu.

Des exemples de telles synthèses sont détaillés dans la partie expérimentale.

Un autre but de la présente invention est de fournir une composition pharmaceutique qui contient en tant que principe actif au moins un des phosphates selon la formule I.

Ces phosphates peuvent être utilisés seul ou comme principe actif en association avec d'autres principes actifs et avec des vecteurs couramment utilisés dans ce type de thérapie. Ces compositions sont plus particulièrement destinées à la lutte contre le cancer ou à provoquer une immunodépression utile notamment dans la prévention de rejets de greffe.

La présente invention a en outre pour objet un procédé de préparation de compositions pharmaceutiques anti-cancéreuses et/ou immunodépressives contenant des composés de formule I.

Ces compositions sont réalisées par mélange, seul ou en association avec d'autres principes actifs, des composés de formule I avec les vecteurs couramment utilisés en la matière et notamment les vecteurs aqueux, en particulier les phosphates selon l'invention ont une bonne solubilité dans des solutions physiologiques ceci permet leur utilisation pour la préparation de compositions à administrer par injection par voie intraveineuse ou intrapéritonéale.

Enfin, selon la présente invention, on a réussi à rendre soluble les stérols par fixation sur une liaison hydroxyle d'un groupement phosphate de formule VI :

Les exemples non limitatifs suivants permettent à l'homme de métier de mieux connaître les paramètres de mise en oeuvre de l'invention.

Exemple 1 : Phosphorylation des stérols polyoxygénés

On co-évapore 1 mmol de 7 -triéthylsilyoxycholestérol avec de l'acétonitriie anhydre (3 x 50 ml), puis on le dissout dans 30 ml de CH^Cl-. On y ajoute ensuite 0,5 ml de bis-(diisopropylamine)-2-cyanoéthyi phosphine et 70 mg de tétrazolide-diisopropylamine. On les laisse réagir à

température ambiante et sous argon pendant deux heures. Une fois la réaction terminée, une chromatographie rapide du mélange réactionnel sur silice donne le produit correspondant avec un rendement de 98 % (éluant : hexane/éther éthylique avec 1 % de triéthylamine). Cette phosphorylation est schématisée par la réaction suivante :

Exemple 2 : Couplage du nucléotide avec les stérols polyoxygénés phosphorylés

On co-évapore séparément 1 mmol d'un stérol phosphoryle précédemment obtenu et 1 mmol d'un nucléotide protégé, avec de i'acétonitrile anhydre (3 x 50 ml). On dissout ensuite le stérol ainsi obtenu dans 5 ml d'éther éthylique et on l'ajoute dans 50 ml d'une solution d'acétonitrile contenant 1 mmol de nucléotide et 0,5 mmol de tétrazole. Après 6 heures de réaction, le triester de phosphite ainsi obtenu est oxydé en triester de phosphate par l'acide m-chloroperbenzoîque (2 heures). Le produit est purifié par chromatographie sur silice (éluant : méthanol/ chlorure de méthylène/triéthylamine - Rendement 60%). Ce couplage est schématisé par la réaction suivante :

R' = H ; F

Exemple 3 : Déprotection des groupements protecteurs du _stérol et du nucléotide.

Tous les groupements protecteurs sont déprotégés par l'action d'HCl à 0,36 % dans THF à 0°C pendant deux heures. On verse un mélange reactionnel dans 200 ml de dichloromethane et on lave la phase organique avec une solution de NaCl jusqu'à pH 7. Une chromatographie sur silice donne le produit déprotégé (éluant : mélange méthanol/chlorure de méthylène; rendement 90 %). Cette déprotection est schématisée par la réaction suivante :

Exemple 4 : Déprotection du groupement protecteur du phosphate

On dissout le produit précédemment obtenu dans du méthanot et on ajoute une solution d'ammoniaque à 25 % afin d'avoir une concentration finale de 5 % d'ammoniaque. Après 2 heures d'agitation, on évapore à sec. On obtient le phosphate diester sous forme de sel de sodium en passant le produit sur une colonne d'échange d'ions Dowex 50 (forme Na ) avec un rendement de 100 %. Cette déprotection est réalisée par la réaction suivante :

2) Dowex-50 (Na + ) R - H ; OH R ' = H ; F

Exemple 5 : Essais biologiques des composés selon la présente invention.

Pour simplifier l'exposé des essais ultérieurs, on a choisi les notations suivantes :

JB 69 (ou 69) : sel de sodium de l'ester de l'acide monophosphorique du 7 P hydroxycholestérol et de la 2-déoxyuridine,

JC 40 (ou 40) s sel de sodium de l'ester de l'acide monophospho¬ rique du 7 P ,25 dihydroxycholestérol et de la 2-déoxyuridine,

7 βOHC : 7 > hydroxycholestérol (composé de la technique antérieure),

7β,25 OHC : 7 P*,25 dihydroxycholestérol (composé de la technique antérieure).

Lors d'essais préalables, le phosphate de 7 β-hydroxychole- stéryie et de 5-fluorouracile a donné des résultats in vivo (carcinome Krebs II, leucémie P388) supérieurs à ceux obtenus avec les sels métalliques du bis-hémisuccinate de 7^-hydroxycholestéryle. Cytotoxicité sur les lymphomes a) comptage au bleu de Trypan

Cette technique a été utilisée pour mesurer l'activité cytotoxique du 69 sur des lymphomes murins et humains. Après 48 heures de culture dans un milieu contenant 2 % de SVF (sérum de veau foetal), différents lymphomes murins (RDM-4, EL-4, YAC) sont totalement lysés à des concentrations en oxystérols (69 ou 7βOHC) de 20 μM (tableau 1 ).

Tableau 1 % d'inhibition sur différents lymphomes après 48 h de culture dans 2 Z SVF

Les lymphomes humains (Molt 4) sont beaucoup plus sensibles au 69 qu'au 7POHC (dans les mêmes conditions de culture). Le 7β,25 OHC est plus actif que le 70OHC et le 69 sur des lymphomes murins ce qui peut s'expliquer par l'activité conférée probablement par i'hydroxyle en position 25. b) relargage du chrome 51

Différents types de lymphomes ont été marqués au chrome 51, puis soumis à la lyse des dérivés du cholestérol afin d'étudier la cytotoxité pendant les 2 à 4 premières heures de culture. La lyse .des lymphomes est mise en évidence par le relargage du chrome 51 dans le milieu de culture après 2 heures (ou 4 heures d'incubation), les résultats sont rassemblés dans le tableau 2 :

Tableau 2 : % de relargage de 51 C, r (après 2- h- d'incubation)

Le 69 exerce une activité cytotoxique extrêmement rapide, alors que le 7pOHC libre non soluble en milieu aqueux nécessite de 24 à 48 heures de culture pour exercer une action cytotoxique. Par comparaison au 69, même une dose très élevée du 7β,25 OHC (50 μM) n'est pas toxique sur des lymphomes pendant les 2 à 4 premières heures de culture alors que des concentrations 10 fois plus faibles ( 5μM) sont toxiques sur 24 heures de culture. Le 69, qui est soluble en milieu aqueux (plus de 30 % dans le sérum physiologique) a donc une cinétique d'action plus rapide que ses correspon¬ dants non phosphorylés.

Du tableau 2, il ressort également que l'action cytotoxique du 69 dépend fortement de la concentration en SVF dans le milieu de culture

(tout comme le 7βOHC et le 7β,25 OHC). L'addition de cholestérol dans le milieu de culture permet de réverser partiellement l'action cytotoxique des oxystérols : non solubles ou dérivés hydrosolubles.

L'addition de BSA ne modifie pratiquement pas l'inhibition cellulaire obtenue avec les oxystérols non solubles. Par contre, l'activité des dérivés hydrosolubles est très fortement dépendante de la concentration en BSA. 1 % de BSA reverse totalement l'action cytotoxique du 69 à 40 μm. Cette différence de comportement entre le 7 ^ OHC et son dérivé hydrosoluble pourrait s'expliquer par la présence du groupe phosphate qui favoriserait les liaisons aux albumines sériques. c) Incorporation de la 3 H thymidine

Parallèlement, aux essais de cytotoxicité déterminée par comptage au bleu de Trypan et par relargage au chrome, on réalise des expériences avec incorporation de 3 H Thymidine ; une autre méthode pour estimer la prolifération cellulaire. Les résultats obtenus sont rassemblés au tableau 3 s

Tableau 3 : Pourcentage d'incorporation de 3 H Thymidine

Lymphomes EL-4 en culture 48 h dans un milieu contenant 2 ou 10

% SVF (avec addition de 3 H Thymidine 6 heures avant la fin de la culture).

L'incorporation de 3 H Thymidine reflète l'activité cytotoxique du

69, mais on observe une très forte augmentation de l'incorporation de 3 H

Thymidine aux doses non toxiques du 69.

Ceci pourrait être interprété par un effet moléculaire du 69 : le blocage en phase S lors de la prolifération cellulaire. Des études du cycle cellulaire permettent d'évaluer le pourcentage de cellules dans chaque phase du cycle. Après addition de doses non toxiques de 69 sur des cellules EL-4 cultivées 3 à 6 jours, on observe une augmentation du pourcentage de cellules en phases Gl et S, et une diminution du pourcentage de cellules en phase G2. Cet effet est dose dépendante. Exemple 6 : Essais in vivo

L'activité antitumorale du 69 a été mise en évidence avec des souris OFI auxquelles on a transplanté la tumeur KREBS 2. On obtient 100 % de rémission avec deux injections successives i.p. de 1,5 mg de 69, 2^ heures après injection de la tumeur. Un effet similaire a été observé avec des souris porteuses de la leucémie P388 (5 mg/kg en une seule injection). Exemple 7 : Immunomodulation a) in vitro

Le 69 in vitro à une activité immunosuppressive marquée, comparable à celle de son correspondant non phosphoryle, le 7?OHC. Des lymphocytes spléniques de souris C57 B6 ont été stimulés in vitro par un mitogène non spécifique : la concavanaline A. Le 69 est ajouté dès le début de la stimulation et la culture se fait pendant 42 heures suivie de l'addition de 3 H Thymidine puis la culture se poursuit pendant encore 6 heures. L'immunosuppression est dépendante de la concentration en sérum de veau foetal (SVF). Les résultats sont rassemblés dans le tableau 4.

Tableau 4 : Pourcentage d'inhibition de la stimulation par la concanavaline A dans des essais d'immunomoduiation in vitro.

b) Ex vivo

Le but des essais ex vivo est de déceler une activité du 69 in vivo sur des souris traitées avec celui-ci pendant plusieurs jours. L'activité du produit sur des animaux est ensuite mise en évidence grâce à des expériences réalisées in vitro.

La DL 50 en intrapéritonéales du 69 est environ 250 mg/kg. Pour éviter tout phénomène de toxicité aigϋe, on réalise un traitement avec une dose de 50 mg/kg répartie sur deux injections journalières, cela pendant 4 jours. Un jour après la fin de ce traitement, les souris sont sacrifiées.

Les cellules péritonéaies, la rate, le thymus sont prélevés souris par souris.

Les effets du 69 sont déterminés par la numération de cellules en présence du bleu de Trypan. Le nombre de cellules présentes dans les rates, les thymus, les exsudats péritonéaux sont déterminés : . par rapport aux contrôles, la cellularite de la rate est inchangée,

. dans le thymus, la cellularite est nettement diminuée par rapport aux contrôles, il ne reste qu'environ 20 % de cellules, seules les cellules sont touchées lors de ce traitement, . dans la cavité péritonéale, le nombre de cellules récupérées est nettement supérieure dans les souris traitées. Une augmentation du nombre de macrophage et une migration des neutrophiles dans la cavité abdominale est à noter.

Réponses aux mitogènes La réponse à la stimulation à différents mitogènes (concavanaline

A, lipopolysaccharides) est augmentée pour les cellules spiéniques de souris traitées préalablement au 69. Bien que la cellularite dans le thymus diminue d'environ 60 %, on observe une forte augmentation de la stimulation jusqu'à 300 % des thymocytes traitées par rapport au thymocytes des souris témoins. Ce phénomène, semblable à celui observé dans le cas des corticoïdes, pourrait être interprété par une diminution des cellules préthymiques.

Tests fonctionnels : cytotoxicité

. LAK : l'activité de LAK (Lymphokine activated killer) est diminuée dans les souris traitées,

. CTL : l'activité de CTL (cytotoxic T lymphocyte) est diminuée dans les souris traitées,

. IL-1 : l'activité IL-1 des macrophages péritonéaux stimulés ou non par le LPS, est fortement diminué après traitement en interpéritonéal avec le 69.

Des exemples précédents, il est démontré que le 69 possède une excellente activité antitumoraie et immunosuppressive in vitro et in vivo grâce à sa bonne solubilité en milieu aqueux (30 % dans l'eau physiologique). Le 69 est donc un produit capable de guérir des souris porteuses de tumeur KREBS 2 mais également de modifier des réponses immunitaires après un traitement in vivo de 4 jours. Il convient également de souligner la remarquable activité du 69 pour le traitement des lymphomes humains.

Des essais réalisés sur le composé dit "40" ont permis de confirmer l'activité de cette nouvelle famille de phosphates oxygénés hydrosolubles. l'activité cytotoxique du 40 est augmentée sur les lymphomes murins par rapport au 69 ; de même, l'effet immunosuppresseur in vitro et ex vivo est accentué avec le 40.